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VEILLE SUD-CAUCASE – du 29 octobre au 04 novembre 2022

31/10/2022 : Réunion tripartite entre les dirigeants russe, arménien et azerbaïdjanais à Sotchi

Le 31 octobre, une série de rencontre, dont une réunion tripartite, a eu lieu à Sotchi entre le président russe Vladimir Poutine, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian et le président azerbaïdjanais Ilham Aliev.

A cette occasion, comme le relate le communiqué de presse du site du Premier ministre, le dirigeant arménien a insisté auprès de son homologue russe sur «la question du retrait des troupes azerbaïdjanaises de la zone de responsabilité des Casques bleus russes au Haut-Karabakh» tout en demandant à ce que «le début des travaux de délimitation [soit] précédé de la création de mécanismes visant à accroître le niveau de stabilité et de sécurité à la frontière azerbaïdjanaise-arménienne» et en rappelant : «La position de la Russie était que la formation même de la commission de délimitation et ses travaux deviendraient un mécanisme de sécurité des frontières. Pour être honnête, nous ne partagions pas cette position à l’époque, mais nous avons finalement décidé de nous fier à l’interprétation de notre allié stratégique, la Russie. Cependant, le 13 septembre 2022, l’Azerbaïdjan a lancé une autre agression à grande échelle contre l’Arménie et a occupé de nouveaux territoires de notre pays». Il a également fait part de la position arménienne qu est claire : «L’essence de la question est la suivante : les communications qui traversent le territoire de la République d’Arménie doivent se dérouler sous le contrôle total de la République d’Arménie et fonctionner conformément à la législation arménienne» et il a demandé à régler la question de «la libération et du rapatriement de tous les citoyens arméniens détenus en Azerbaïdjan».

De son côté, le président azerbaïdjanais a aussi rappelé sa position, lisible dans le communiqué de presse du site de la présidence : «une déclaration trilatérale a été signée il y a deux ans, qui a mis fin au conflit de longue durée. Il est maintenant temps de parler et d’agir pour la normalisation des relations entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. […] Relativement récemment, l’Azerbaïdjan a proposé cinq principes de base sur la base desquels les relations entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie devraient être normalisées».

La réunion tripartite d’une durée de 2h30 qualifié de «très utile» par le président russe a débouché sur une déclaration commune publiée notamment sur le site du Premier ministre arménien qui rend compte de la décision prise par les protagonistes de s’ «abstenir de recourir à la force ou à la menace de la force, de discuter et de résoudre toutes les questions problématiques uniquement sur la base de la reconnaissance mutuelle de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’inviolabilité des frontières».

La veille 30 octobre, des dizaines de milliers de personnes se réunissaient à Stepanakert, sur la place de la Renaissance, pour manifester leur désir de reconnaissance du droit de l’«Artsakh» à l’autodétermination et à l’indépendance.

01-02/11/2022 : Plusieurs citoyens géorgiens détenus en Ossétie du sud et en Abkhazie.

Les services de sécurité de l’État géorgien ont déclaré le 1er novembre la détention de 3 citoyens géorgiens en Ossétie du sud par «les forces d’occupation russe» près du village de Mejvrishkevi. Le lendemain, ils ont aussi annoncé une nouvelle détention en Abkhazie. Dans ces différents cas, la ligne directe d’urgence de la mission de surveillance de l’Union européenne a été activée de même que les co-présidents des Discussions Internationales de Genève (DIG) ont été informés. Les 3 personnes détenues en Ossétie du sud ont été relâchées le 3 novembre selon les mêmes services.

01/11/2022 : Une délégation parlementaire de l’Union de la Russie et de la Biélorussie en Abkhazie

Une délégation parlementaire de l’Union de la Biélorussie et de la Russie menée par Artem Turtov, président de la Commission de la politique de la jeunesse, des sports et du tourisme de l’Assemblée parlementaire, vice-président de la commission de la Douma d’Etat sur les affaires de la CEI, l’intégration eurasienne et les relations avec les compatriotes s’est rendue en Abkhazie le 3 novembre où elle a rencontré le «président du Parlement» abkhaze Lasha Ashuba quia salué cette «première réunion du genre» puis le «président de la République» abkhaze, Aslan Bzhania.

Selon le communiqué du « Parlement d’Abkhazie», Lasha Ashuba a rappelé que «les relations avec l’Assemblée parlementaire de l’Union du Bélarus et de la Russie […] aura 15 ans en octobre 2023» et qu’il avait été décidé en 2008 «d’accorder aux parlements de [leurs] républiques le statut d’observateur permanent à l’Assemblée [parlementaire de l’Union du Bélarus et de la Russie]» tandis qu’Artem Turtov a insisté sur le potentiel de développement touristique de l’Abkhazie. Ont aussi été abordées les «investissements, les plans de développement de programmes et de projets pour les jeunes dans le domaine du sport, la possibilité d’utiliser les installations sportives situées sur le territoire de l’Abkhazie, les projets numériques et la coopération dans le domaine des technologies de l’information» de même que les questions de « simplification des conditions de franchissement de la frontière d’État abkhaze-russe » ou relatives au «soutien législatif de la coopération interétatique».

La rencontre avec le «président abkhaze» a, selon Apsnypress, donné lieu à des échanges très personnels, Aslan Bzhania évoquant une histoire d’enfance : «Dans mon village natal, il y avait un camp de pionniers où se reposaient des enfants de Biélorussie. J’ai été envoyé dans ce camp à un jeune âge pour apprendre le russe. En conséquence, à mon retour, il s’est avéré que j’avais appris non pas le russe, mais le biélorusse. Il est à noter que pendant l’existence du camp des pionniers dans notre village il y a eu 17 mariages mixtes. C’est une bonne histoire. Nous voulons que votre génération soit déjà au courant de cela et réussisse dans ces domaines plus que nous et l’ancienne génération», et le vice-président de la Commission de la politique de la jeunesse, des sports et du tourisme de l’Assemblée parlementaire, Sergei Klishevich déclarant: «Je suis ici pour la première fois, mais j’ai souvent entendu parler de l’Abkhazie grâce aux récits de ma mère et de ma tante, qui s’y rendaient souvent à l’époque soviétique. Quand j’ai dit que j’allais en Abkhazie, ils étaient jaloux. Ici, les gens se détendent à la fois dans leur corps et dans leur esprit. Nous avons marché un peu le long du talus, bu du café et j’ai été surpris de voir à quel point les gens sont bons ici. Nous connaissons votre légende selon laquelle lorsque Dieu a divisé la terre, il a donné aux Abkhazes la part qu’il voulait garder pour lui. C’est vraiment un endroit paradisiaque».

01/11/2022 : Visite du «ministre des Affaires étrangères» sud-ossète à Moscou.

Le «ministre des Affaires étrangères» sud-ossète, Akhsar Dzhioev, s’est rendu à Moscou le 1er novembre, où il a rencontré son homologue Sergueï Lavrov. Des consultations bilatérales ont eu lieu qui, selon le communiqué du «ministère des Affaires étrangères» sud-ossète ont abordé «des questions d’actualité sur les relations bilatérales, les problèmes de maintien et de renforcement du système existant de sécurité régionale, y compris l’état des choses lors des discussions internationales de Genève dans le contexte de l’évolution de la situation sur la scène internationale». Selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères russe, «Le dialogue qui a eu lieu a confirmé la coïncidence des positions sur la plupart des sujets, la disposition mutuelle pour le développement ultérieur des relations d’alliance et d’intégration entre les deux États». Dans son allocution d’ouverture, Sergeï Lavrov a déclaré : «Nous apprécions votre position équilibrée, équilibrée et objective sur ce qui se passe dans le cadre de l’opération militaire spéciale, la déclaration d’indépendance des deux républiques et des deux régions, ainsi que votre soutien aux résultats des référendums organisés en RPD et LPR et dans les régions de Kherson et Zaporozhye. Nous coopérons dans le domaine de la sécurité. Les bases militaires russes assurent de manière fiable la sécurité de la République d’Ossétie du Sud. Les employés du département des frontières du Service fédéral de sécurité de Russie travaillent aux frontières. Les projets d’investissement sont mis en œuvre avec succès. Un programme de développement socio-économique de la République d’Ossétie du Sud a récemment été adopté. Nous vous aiderons activement à le mettre en œuvre».

01/11/2022 : Protocole d’accord entre l’Arménie et l’Iran pour doubler les livraisons de gaz iranien.

Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian s’est rendu en visite à Téhéran le 1er novembre où il a été reçu d’abord par le vice-président iranien Masoud Mir Kazemi, avant de rencontrer le président Ebrahim Raïssi, au palais de Saadâbâd. Ce dernier a souligné, comme le précise le communiqué du site du premier Ministre arménien, l’augmentation de 43% des relations commerciales et économiques avec l’Arménie ces derniers mois tout en précisant «l’objectif est de 3 milliards de dollars» tandis que le dirigeant arménien a qualifié la relation entre les deux pays d’ «exemple très vif de coopération et d’amitié entre les civilisations islamique et chrétienne» tout en remerciant son interlocuteur des «positions fermes de l’Iran en termes de garantie de la sécurité et de la stabilité régionales».

A cette occasion, un protocole de coopération a été signé le 1er novembre entre le vice-ministre iranien du Pétrole et directeur général de la National Iranian Gas Company, Majid Chegeni, et le ministre arménien de l’administration territoriale et des infrastructures, Gnel Sanosian, visant à un doublement des livraisons de gaz naturel vers la République d’Arménie qui en importe déjà 365 millions de mètre cube par an, qu’elle troque contre de l’électricité depuis 2009, à raison de 1 mètre cube de gaz contre 3kwh d’électricité provenant de ses centrales thermiques. Ces dispositions seraient reconduites jusqu’en 2031 en doublant les échanges. Une troisième ligne à haute tension serait en construction et devrait pouvoir alimenter l’Iran d’ici à la fin de l’année 2023.

01/11/2022: Arrestation de 19 personnes en Azerbaïdjan accusées de travailler pour les services secrets iraniens.

Le 1er novembre, les services de sécurité de l’État azerbaïdjanais ont informé que «Le Service de sécurité de l’État [menait] des enquêtes approfondies sur les cas d’implication secrète de citoyens azerbaïdjanais par les services spéciaux iraniens dans des exercices militaires à l’extérieur du pays, finançant et dirigeant leurs activités, les maintenant dans la sphère d’influence par le chantage et d’autres moyens violents afin de les utiliser contre les intérêts de la sécurité de l’État de l’Azerbaïdjan» tout en précisant : «Au cours d’enquêtes opérationnelles, il a été établi que la direction d’une formation armée illégale composée de citoyens de la République d’Azerbaïdjan, secrètement établie sous le contrôle des services spéciaux iraniens par endoctrinement avec des idées religieuses extrémistes radicales, était attribué à Tohid Alim oglu lbrahimbayli, Rovshan Elchin oglu Asadov, Orkhan Kamran oglu Mammadov, Elshad Elchin oglu Hajiyev (Akram Hajizade) et autres, contre lesquels une mesure préventive de détention a été choisie pour des crimes similaires en 2018 par décision de justice. Ils ont été placés sur une liste internationale de personnes recherchées et se cachent maintenant en Iran. […] De nombreux éléments de preuve ont été découverts sur le groupe armé illégal et les exercices militaires organisés par celui-ci, et divers livres et vidéos interdits promouvant des opinions religieuses extrémistes radicales contre l’idée d’un développement moderne et d’un État laïc introduits illégalement en Azerbaïdjan ont également été identifiés et saisis. Iskander Khani oglu Huseynov, Tural Safar oglu Hagverdiyev, Eltun Ali oglu Shukurov et d’autres qui avaient déjà été condamnés ont été détenus et poursuivis en vertu des articles 12.1, 279.1 (participation à des formations armées non prévues par la loi) du Code pénal de la RA». Selon plusieurs médias locaux (Eurasianet, APA, Ocmédia, MeydanTV) ces arrestations concerneraient 19 personnes.

Cette vague d’arrestation intervient dans le contexte d’exercices militaires iraniens récents à la frontière azerbaïdjanaise, ce qui n’est pas sans rappeler la crise que les deux pays avaient vécue l’année passée en octobre et novembre 2021 qui avait commencé avec l’arrestation de chauffeurs de camions iraniens se dirigeant vers l’enclave arménienne du Karabakh et s’était poursuivie par des mouvements de troupes iraniennes à la frontière et de répressions contre des membre du clergé chiite en Azerbaïdjan. C’est la signature d’un accord gazier entre l’Iran, l’Azerbaïdjan et le Turkménistan dans le cadre du 15ème sommet de l’Organisation de Coopération Économique qui avait apaisé les tensions.

Selon le média Turan.az citant les propos de l’ambassade d’Iran à Bakou, la visite du président du Parlement iranien Mohammed Bagheer Golabiaf en Azerbaïdjan aurait été reportée.

02/11/2022 : Le président azerbaïdjanais envoie des messages à la France depuis le 3ème Sommet arabe à Alger.

Le 2 novembre, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev, s’est rendu à Alger pour participer en tant qu’invité d’honneur, à l’invitation du président algérien Abdelmadjid Tebboune, et en tant que président du «Mouvement des Non Alignés» au 3ème Sommet arabe qui se déroulait cette année en Algérie les 1er et 2 novembre. A cette occasion, il s’est dit lors d’un discours retranscrit sur le site de la présidence «profondément impressionné et choqué» par ses visites au Mémorial des Martyrs et au Musée du Moudjahid et notamment par «la brutalité [et] les atrocités de masse commises par la France contre le peuple algérien» et en ajoutant : «Aujourd’hui, en visitant le Musée du Moudjahid, j’ai été informé que pendant l’occupation française, la France avait posé plus de 5 millions de mines terrestres. Cela m’a juste rappelé la même chose, la même chose que nous subissons maintenant. L’Arménie a posé plus d’un million de mines pendant la période d’occupation et après la fin de la guerre en novembre 2020, nous avons plus de 260 Azerbaïdjanais qui ont été tués ou gravement blessés à cause des mines terrestres».

Il a également déclaré : «L’Azerbaïdjan est un pays qui a aussi souffert comme l’Algérie de l’occupation pendant 30 ans. Nos terres étaient occupées par l’Arménie, et pendant toutes ces années d’occupation, nous avons toujours senti le soutien de nos frères arabes, nous avons senti le soutien des États membres de l’Organisation des États islamiques». Il a insisté sur son rôle de président du «Mouvement des Non Alignés» en précisant : «Le Mouvement des non-alignés est la deuxième plus grande institution internationale après les Nations Unies, qui réunit 120 pays. Depuis 2019, l’Azerbaïdjan préside cette institution et nous avons été élus par une décision unanime de tous les États membres, ce qui démontre leur haut niveau de soutien et de respect envers notre position et notre politique. Notre présidence a de nouveau été prolongée par décision unanime jusqu’à fin 2023 et nous la considérons comme un autre signe d’appréciation de notre politique» et en mettant en avant son rôle dans l’accès aux vaccins et la lutte contre le nationalisme vaccinal en dénonçant le fait que «Certains pays développés de l’Occident achetaient le nombre de vaccins 5 à 10 fois plus qu’ils n’en avaient besoin, tandis que les pays qui n’avaient pas de ressources devaient souffrir».

Le site de la présidence azerbaïdjanaise retraçant les visites d’Ilham Aliev en Algérie établit des parallèles entre la politique française en Algérie et la politique arménienne en Azerbaïdjan en ces termes : «Des parallèles peuvent être établis entre la politique de la France en Algérie et la politique de l’Arménie au Karabakh, resté sous occupation pendant près de 30 ans. Cette approche sous-tend également la politique pro-arménienne de la France. La France, qui refusait autrefois d’accorder l’autonomie à plus de 11 millions de citoyens du plus grand pays d’Afrique et du monde arabe, demande maintenant l’indépendance de 15 000 à 20 000 Arméniens vivant au Karabakh. Dans le même temps, l’armée française commettait des massacres, de nombreuses guerres et des crimes contre l’humanité contre les Algériens qui réclamaient leur liberté. Les mêmes crimes ont été commis contre des Azerbaïdjanais vivant au Karabakh et s’opposant à l’occupation arménienne. […] La tradition de ne pas assumer la responsabilité des massacres commis par la France semble s’être également propagée en Arménie. Le génocide et les massacres commis contre les Azerbaïdjanais à Garadaghli, Aghdaban, Khojaly et d’autres colonies en 1992-1993 sont très similaires aux massacres commis à Sétif en 1945 et à Paris en 1961. […] Un autre acte d’hypocrisie de la France est l’exposition des crânes de 21 000 représentants des nations colonisées de ce pays dans les musées parisiens. On rapporte que 500 de ces ossements appartiennent à des Algériens. Aujourd’hui, des fosses communes et des squelettes sont découverts dans les territoires libérés de l’Azerbaïdjan. Tout cela montre qu’il existe de nombreuses «ressemblances» entre la France et l’Arménie, et qu’aucun d’entre eux n’a été tenu responsable de ses crimes. Deux poids deux mesures et l’hypocrisie semblent être la ligne directrice de la politique publique française. Aujourd’hui, cette hypocrisie est déguisée sous le nom de démocratie».

02/11/2022 : La Cour d’appel de Tbilissi confirme la peine de Nika Gvaramia

Selon plusieurs médias locaux (Civil.ge, JamNews, Netgazeti.ge), la Cour d’appel de Tbilissi aurait décidé le 2 novembre de confirmer la peine de 3 ans et 6 mois de prison de Nika Gvaramia, directeur de la chaîne de télévision Mtavari Arkhi, reconnaissant ainsi sa culpabilité dans l’accord avec le Porsche Center Tbilissi lui permettant de recevoir une Porsche contre le placement à prix réduit de publicités sur sa chaîne, et en confirmant son innocence pour les accusations de corruption commerciale, de faux ayant entraîné des dommages importants et de blanchiment d’argent.

Son avocat aurait ainsi qualifié le verdict d’«illégal» tout en déclarant que cette décision enlevait «non seulement la liberté à Nika Gvaramia mais aussi celle du pays et [l’empêchait] de continuer sur la voie de l’intégration européenne». L’ambassade des Etats-Unis a également réagi par le biais d’une déclaration publiée sur son site : «Au moment où l’engagement de la Géorgie en faveur d’un système judiciaire impartial et du pluralisme des médias est examiné de près, le maintien en détention de Nika Gvaramia, directeur général de la principale chaîne de télévision d’opposition, met en péril le choix clair du peuple et des dirigeants géorgiens». Tandis que le site Transparency.ge a relayé une déclaration signée de 8 organisations de la société civile dans laquelle on peut lire : «nous pouvons conclure que l’affaire est politiquement motivée. Il vise à punir Nika Gvaramia et à perturber les activités d’un média critique.[…] L’administration défectueuse de la justice affecte et dégrade considérablement l’environnement médiatique existant et les normes de protection des droits de l’homme et des libertés en général, approfondit encore la polarisation dans le pays, contredit l’esprit des exigences en 12 points de l’UE et ne garantit pas développement démocratique stable. Les efforts déployés par les partenaires internationaux au fil des années pour renforcer le système judiciaire ont été considérablement compromis par les actions des membres du clan. Les affaires à motivation politique sont l’un des indicateurs des atteintes à l’indépendance judiciaire. Des affaires similaires jettent une ombre sur le système judiciaire, y compris sur les juges impartiaux. En conséquence, nous pensons qu’à l’avenir, dépenser les ressources des partenaires pour des juges, qui dans le passé ont violé les droits de l’homme, n’aura pas d’impact positif sur le développement du système judiciaire».

03/11/2022 : 3ème réunion de la commission de délimitation des frontières arméno-azerbaïdjanaises à Bruxelles.

Le vice-Premier ministre arménien, Mher Grigorian, et son homologue azerbaïdjanais, Shahin Moustafayev, se sont rencontrés à Bruxelles le 3 novembre, une 3ème réunion consacrée à la délimitation et à la démarcation de la frontière entre les deux pays, et pour laquelle les ministères des Affaires étrangères arménien et azerbaïdjanais ont publié une déclaration commune informant simplement que les parties avaient convenu de «d’accélérer la coordination de la procédure de travail conjoint de la Commission sur les questions de délimitation et de sécurité frontalière de la frontière d’État entre la République d’Arménie et la République d’Azerbaïdjan et la Commission d’État sur la délimitation de la frontière d’État entre la République d’Azerbaïdjan et la République d’Arménie».

Le ministère de la Défense azerbaïdjanais a dénoncé le même jour des tirs arméniens en direction de la colonie Bezirkhana dans la région de Kelbajar, ce que le ministère de la Défense arménien a démenti. Ces accusations ont été renouvelées le 4 novembre concernant des tirs durant 5 heures en direction des colonies Yellija et Mollabayramli dans la région de Kelbajar, ce qui a été également démenti par la partie arménienne.

04/11/2022 : Ruben Vardanian nommé «ministre d’État du Haut-Karabakh»

Le site de la «présidence de la République d’Artsakh» a informé le 4 novembre que le «président» Arayik Haroutiounian avait signé un décret nommant Ruben Vardanian, homme d’affaire milliardaire ayant renoncé à la nationalité russe l’été dernier et s’étant recemment installé au «Haut-Karabakh» pour «soutenir la sécurité de l’Artsakh», «ministre d’État» en remplacement d’Artak Beglarian. De même deux amendements ont été apportés aux deux décrets «présidentiels» «sur la coordination des activités des ministres par le ministre d’État de la République d’Artsakh» et «sur l’établissement de la procédure d’organisation des activités du gouvernement de la République d’Artsakh et d’autres organes de l’administration de l’État», ce qui correspond à un élargissement des responsabilités de sa fonction. En effet, Ruben Vardanian serait désormais chargé de la coordination de l’ensemble des ministères à l’exception de ceux de la Défense et de l’Intérieur contrairement à son prédécesseur qui ne coordonnait que 4 ministères.

Il est à noter que le poste de «ministre d’État» a été créé en 2018 en remplacement de celui de «Premier ministre» lors de la transition de l’entité vers un système présidentiel.

Arayik Haroutiounian a déclaré, selon le communiqué de la «présidence» : «Vous, avec nous, n’avez pas d’autre alternative que de réussir. Réussir pour le bien de l’Artsakh, pour le bien du peuple d’Artsakh, pour le bien de notre droit de vivre sur notre terre historique, pour le bien de garder l’Artsakh arménien» tandis que le principal concerné a affirmé : «Je suis ici depuis deux mois, j’ai rencontré beaucoup de gens dans les villages, avec les jeunes, tenu des réunions avec des membres du gouvernement, des députés à l’Assemblée nationale, diverses personnalités politiques et publiques. Peut-être que vous ne le sentez pas, mais je tiens à dire que les gens d’Artsakh sont un exemple pour tout le monde dans le sens où malgré cette situation difficile, ils restent ici, vivent ici et donnent naissance à des enfants. Et je suis fier d’être à vos côtés pour servir et travailler à la protection de notre patrie, pour son avenir meilleur. Nous avons reçu l’Artsakh de nos ancêtres et nous sommes obligés de le transmettre aux générations à venir».

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