Défense
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Ukraine

VEILLE UNION EUROPEENNE – du 21 janvier au 27 janvier 2023

Publié le 28/01/2023
10 min de lecture
Par Morgan Caillet
Europe

Equipe de veille géopolitique UE : Audrey Moisan, Antoine Bézier, Tristan Jarraud, Florent Guichard, Emma Chlebowski

23/01/2023 : 160e anniversaire du déclenchement de l’insurrection de Janvier contre l’Empire russe. – Emma Chlebowski –

Les présidents polonais et lituanien Andrzej Duda et Gitanas Nausėda se sont réunis le 23 janvier à Varsovie pour commémorer le début de l’insurrection de Janvier initié par le Royaume de Pologne puis le Grand-duché de Lituanie contre l’Empire russe le 22 janvier 1863. La cérémonie a permis de rappeler l’engagement historique des Polonais, Lituaniens, Biélorusses et Ukrainiens contre l’oppression tsariste et pour l’indépendance (site officiel du Président de la République de Pologne).

Cette année, la commémoration s’est inscrite dans le contexte de la guerre en Ukraine. A cette occasion, l’ambassadeur d’Ukraine en Pologne, Vasyl Zwarycz, a lu une lettre du président ukrainien dans laquelle il a affirmé qu’ «Il y a 160 ans, nos peuples se sont dressés côte à côte contre l’impérialisme russe» (site officiel du Président de la République de Pologne). La question du Bélarus a également été évoquée, comme l’a rappelé le président polonais «[…]Je pense que la liberté et la volonté d’autodétermination prévaudront également au Bélarus» (compte Twitter).

Le président lituanien s’est associé au discours de son homologue polonais en insistant sur la nécessité de continuer à aide l’Ukraine en matière de défense (zw.lt) et sur les liens historiques unissant les pays de la région : «En soutenant conjointement l’Ukraine, nous ne faisons pas que mettre un terme aux tentatives de reconstituer l’Empire russe, mais nous contribuons également à la restauration et au renforcement des liens historiques qui unissent nos pays» (site officiel du Président de la République de Lituanie).

24/01/2023: La Commission Européenne vote la mise en place d’une aide financière au lac Tchad – Audrey Moisan

Le 23 janvier, la Commission Européenne a alloué 102,5 millions d’euros d’aide financière à destination humanitaire pour les régions nigériane, nigerienne, tchadienne et camerounaise du lac Tchad. Une enveloppe totale de 181,5 millions d’euros, dont font partie ces 102,5 millions, inclut également une aide pour la République centrafricaine et le Sahel voté la semaine dernière (trust fund for Africa)

Le but de ce financement est de venir en aide à l’aide humanitaire déployée sur ces territoires, en « détérioration continuelle » selon la représentation française à la Commission. Les populations de la région du lac Tchad font en effet face à une situation de violence importante, qui rend parfois difficile l’accès à des moyens de subsistance pour celles-ci.

5 objectifs ont été mis en avant. 3 d’entre eux s’inscrivent dans une aide d’urgence: aide vitale aux déplacés et communautés d’accueil, assurer les besoins alimentaires primaires des communautés touchées par les violences, et enfin, leur assurer un accès aux soins et à une eau potable. Les 2 derniers répondent à une démarche de coopération internationale sur un temps plus long: un soutien des programmes éducatifs et un renforcement des politiques de prévention des catastrophes (press corner de la Commission Européenne).

Cette aide vient s’ajouter à celle de 189,5 millions d’euros votée en 2022, sur des problématiques similaires, la situation dans la région restant tendue.

25/01/2023: Berlin annonce l’envoi de chars Leopard 2 à l’Ukraine – Antoine Bézier –

Ce 25 janvier, à l’issue du Conseil des ministres allemands, la décision allemande de livrer des chars Leopard 2 à l’Ukraine et d’autoriser leur exportation par des pays partenaires a été officialisée. «C’est le résultat d’intenses consultations qui ont eu lieu avec les partenaires européens et internationaux les plus proches de l’Allemagne», a précisé le porte-parole du gouvernement allemand Steffen Hebestreit (RFI). Le chancelier Olaf Scholz a finalement cédé à la pression qui s’exerçait sur lui de manière croissante ces dernières semaines, autant sur le plan intérieur qu’international. Dimanche dernier, le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki avait qualifié d’«inacceptable» le refus initial de Berlin d’envoyer des chars à l’Ukraine et annoncé que son pays fournirai des chars allemands Leopard 2 à Kiev même sans accord allemand (RFI). La veille, les ministres des Affaires étrangères des trois pays baltes avaient appelé l’Allemagne à livrer «dès maintenant» des chars Leopard 2 à l’Ukraine afin de l’aider à faire face à l’attaque russe. Le chancelier social-démocrate a défendu sa décision devant le Bundestag : «Il est juste que nous agissions en étroite collaboration avec nos partenaires internationaux pour soutenir l’Ukraine – financièrement, avec une aide humanitaire, mais aussi avec des livraisons d’armes. Nous pouvons maintenant dire qu’en Europe, c’est nous et la Grande-Bretagne qui avons mis le plus d’armes à la disposition de l’Ukraine. […] L’Allemagne sera toujours à l’avant-garde lorsqu’il s’agira de soutenir l’Ukraine. […] Dans tout ce que nous faisons, nous devons toujours indiquer très clairement que nous ferons ce qui est nécessaire et possible pour soutenir l’Ukraine, mais aussi pour empêcher une escalade de la guerre vers une guerre entre la Russie et l’OTAN. » (Deutsche Welle).

À travers la livraison de 14 chars Leopard de type 2A6 issus des stocks de la Bundeswehr et l’envoi de ces mêmes chars par d’autres pays européens (Le Danemark, l’Espagne, la Finlande, les Pays-Bas, la Pologne et la Norvège seraient prêts à livrer à Kiev les blindés de fabrication allemande), il s’agirait de former deux bataillons de blindés qui représenteraient au total entre 80 et 90 engins (RFI, Deutsche Welle). Selon le ministre de la Défense allemand Boris Pistorius, la formation des soldats ukrainiens au maniement des chars Leopard 2 devrait débuter «d’ici fin janvier» et les chars devraient être livrés «fin mars, début avril» (RFI).

Les blindés allemands pourraient permettre à l’Ukraine de faire face à une probable grande offensive russe au printemps et changer le cours de la guerre. Fabriqué conjointement par les deux entreprises allemandes Krauss-Maffei Wegmann et Rheinmetall AG, le chard lourd Leopard 2 est une arme de renommée mondiale construite en série à partir de la fin des années 1970. Combinant puissance de feu, mobilité, vitesse et protection, il est très répandu sur le continent européen ; ce qui facilité l’accès aux munitions et aux pièces de rechange ainsi que la maintenance (RFI).

La décision allemande a été saluée par la présidence ukrainienne : «Un premier pas a été fait […] Nous avons besoin de beaucoup de Leopard», a déclaré le chef de l’administration présidentielle Andrïï Iermak (RFI). Les pays alliés de l’Ukraine se sont aussi félicités de cette annonce allemande. «Merci, chancelier Olaf Scholz. La décision d’envoyer des Leopard en Ukraine est un grand pas vers l’objectif d’arrêter la Russie. On est plus forts ensemble», a tweeté le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki. Le Premier ministre britannique a salué sur Twitter la «bonne décision» allemande qui devrait «renforcer les capacités défensives de l’Ukraine» et permettre au pays de «gagner cette guerre et assurer une paix durable.» Londres avait annoncé il y quelques jours l’envoi de chars lourds Challengers 2. Paris s’est aussi félicité de ce feu vert allemand qui «prolonge et amplifie» le soutien «engagé» par Paris avec la livraison annoncée de blindés légers AMX-10-RC (RFI). Selon l’entourage du ministre des Armées Sébastien Lecornu, les hésitations quant à l’envoi de chars Leclerc ne seraient «pas un problème politique, mais militaire», alors qu’il s’agirait pour l’Ukraine de se constituer un parc homogène constitué du même modèle (en l’occurrence le char allemand Leopard 2, très répandu en Europe) en grand nombre afin de faciliter la prise en main et l’opérabilité des chars (Touteleurope.eu). Dans la foulée de l’annonce allemande, les États-Unis ont annoncé, par la voix de leur président Joe Biden, la livraison de 31 chars M1 Abrams (RFI). L’ambassadeur russe en Allemagne a de son côté dénoncé une décision «extrêmement dangereuse» de Berlin (RFI).

26/01/2023 : La commission de l’Union Européenne ne souhaite pas payer pour les clôtures anti-migrant-Tristan Jarraud-

Le 26 Janvier, Ylva Johansson et les ministres de l’intérieur des pays membres se sont réunis à Stockholm lors de la réunion informelle des ministres de la Justice et des Affaires intérieures. Ce jeudi il était question selon le site de la présidence Suédoise d discuter “de la manière de garantir une approche pangouvernementale efficace pour relever les défis migratoires.» Plusieurs des ministres ont soulevé leur envie de renforcer la sécurité des frontières extérieures de l’Union Européenne, à l’aide notamment de clôture anti-migrants. Ces derniers ont reçu de la part de la commissaire susmentionnée une fin de non-recevoir. C’est avant tout pour une question de budget comme le rapporte le journal La Croix : «Il n’y a pas d’argent dans le budget de l’UE pour cela. Si, nous devions dépenser de l’argent pour des murs ou des clôtures, il n’y aurait pas d’argent pour d’autres choses». Le rapport de l’agence Frontex a fait état de la difficulté de résoudre la pression migratoire et en y montrant les principaux points d’accès.

L’un des plus fervents défenseurs de ces frontières renforcées est le ministre autrichien Gerhard Karner. Le 23 janvier il s’est rendu à la frontière turco-bulgare avec le chancelier autrichien. Il faut rappeler que les Autrichiens et les Hollandais se sont opposés en décembre à l’entrée dans l’espace Schengen de la Bulgarie et de la Roumanie en raison de la porosité de leurs frontières.

26/01/2023: Des cyberattaques visent l’Allemagne -Florent Guichard-

Selon Euronews, l’Agence Fédérale de la Cybersécurité allemande a confirmé que plusieurs cyberattaques ont visé des compagnies et aéroports ainsi que des administrations allemandes ce 26 janvier. 

Ces attaques étaient de type «Déni de Service» (DDoS). C’est à dire qu’elles visent à rendre inaccessible un serveur par l’envoi de multiples requêtes jusqu’à le saturer ou par l’exploitation d’une faille de sécurité afin de provoquer une panne ou un fonctionnement fortement dégradé. 

Ces dernières ont lieu alors même que le Centre National de la Cybersécurité anglais a également mis en garde contre des menaces cyber à l’encontre des politiciens et journalistes anglais et que les cyberattaques ont augmenté de 26% en Europe en 2022.

À propos de l'auteur

Photo de Morgan Caillet

Morgan Caillet

Morgan est socio-anthropologue de formation, diplômé de l’IEP d’Aix en Provence en Management interculturel et médiation religieuse et de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques en gestion de projets internationaux. Il mène une recherche indépendante sur la résolution des conflits et la construction de la paix dans la région sud-caucasienne.

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