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Veille géopolitique Union européenne – Du 25 février au 3 mars 2023

Publié le 04/03/2023
19 min de lecture
Par Etienne Mathieu
Europe

Wagner en Afrique de nouveau sanctionné par l’UE – Marie Corcelle –

Le Conseil européen a annoncé à travers un communiqué de presse avoir adopté de nouvelles sanctions le 25 février contre Wagner, la société militaire privée russe, accusée de violations des droits humains sur le continent africain. Bruxelles a ainsi imposé un gel des avoirs et des interdictions de voyager à plusieurs membres du groupe paramilitaire et  entités suite aux activités du groupe au Soudan, en République centrafricaine ainsi qu’au Mali.  Des sanctions avaient déjà été prises par l’institution européenne en décembre 2021 et en décembre 2020.

Si Wagner est en effet présent en Afrique depuis plusieurs années maintenant, les exactions commises par le groupe suscitent l’opprobre internationale: « actes de torture, exécutions et meurtres extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, des activités de déstabilisation dans certains pays », énumèrent les ministres des Affaires étrangères de l’UE, cités par le média Euractiv. 

Moscou ne voit cependant pas les choses du même oeil: le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a affirmé lors d’une déclaration du 9 février que la présence du groupe contribuait à «  normaliser la situation régionale » . Pourtant, les pays où est implanté Wagner sont loin d’être des modèles de stabilité.
En RCA, le groupe est présent depuis 2018 et s’occupe de l’instruction des militaires centrafricains et de la garde rapprochée du président, rappelle le chercheur français Roland Marchal sur TV5 Monde. De son côté, le collectif All eyes on Wagner a publié un rapport le 20 novembre 2022 édifiant intitulé One Year of Wagner in Mali: un rapport de près de soixante pages documentant la présence et les activités des paramilitaires sur le sol malien et qui fait état de nombreux abus des droits de l’homme, doublés d’une campagne d’influence visant à discréditer la France au Mali.  

Quant au Soudan, les sanctions européennes sont à rapprocher de la compagnie minière Meroe Gold: l’entreprise russe serait dirigée par Wagner, qui exploiterait l’or du Soudan en échange d’un soutien militaire au régime, d’après une enquête du journal Le Monde s’appuyant sur des documents révélés par l’activiste des droits de l’homme soudanais – actuellement emprisonné – Hicham Ali.

Ce n’est pas la première fois que l’UE prend des mesures à l’encontre de  Wagner; elle l’a déjà fait dans d’autres contextes, notamment au travers des sanctions contre la Russie dans le cadre de la guerre en Ukraine.

– Construction d’un mur par la Finlande sur sa frontière avec la Russie – Antoine Bézier –

Ce 28 février, conformément à ce que la Première ministre finlandaise Sanna Marin avait annoncé en octobre 2022, Helsinki a lancé la construction d’une clôture le long de la frontière finno-russe. Comme le rapporte The Moscow Time, le gouvernement finlandais souhaite faire face à la fois à un possible afflux de migrants moyen-orientaux ou subsahariens, qui pourraient être utilisés comme un moyen de pression politique par Moscou, ainsi qu’à une immigration massive de Russes fuyant le pays comme ce fut le cas en septembre 2022 lorsque le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine a décrété la mobilisation de 300 000 réservistes.

Comme le précise la BBC, le chantier a commencé par des travaux de défrichage au niveau du point de passage de Pelkola près d’Imatra dans le sud-est du pays, et la construction d’une route ainsi que l’installation d’une clôture équipée de caméras infrarouges, de projecteurs et de haut-parleurs devraient suivre. Ce projet pilote devrait être achevé d’ici la fin du mois de juin selon un communiqué des gardes-frontières finlandais. Comme le rapporte CNN, les autorités finlandaises ne souhaitent pas clôturer l’ensemble de la frontière longue de 1340 kilomètres, mais se concentrer sur les postes frontières et zones sensibles ; et ce sont à terme entre 130 et 230 kilomètres qui devraient être dotés d’une clôture haute de trois mètres et surmontée de fil de fer barbelé, pour un budget total de 380 millions d’euros.

– Candidature de la Finlande à l’OTAN – Antoine Bézier –

Ce 1er mars, le Parlement finlandais a approuvé à une écrasante majorité le projet de loi d’adhésion à l’OTAN. Comme le détaille le Helsingin Sanomat, principal quotidien finlandais, sur les 200 députés composant l’Eduskunta, Parlement de Finlande, 184 ont voté pour, huit  ont voté contre, sept se sont abstenus et un a voté blanc.

Des députés opposés au projet de loi, issus principalement des rangs de l’extrême-gauche, ont dénoncé le fait qu’Helsinki n’exige pas de garanties stipulant que le pays n’hébergerait aucune arme nucléaire de l’alliance (RFI). Le ministre des Affaires étrangères finlandais Pekka Haavisto a répondu qu’une entrée dans l’OTAN ne changeait en rien la position du pays quant à son statut non-nucléaire militairement parlant, et le ministre de la Défense Antti Kaikkonnen a complété ce propos : «En ce qui concerne les armes nucléaires, j’ai déjà déclaré auparavant que nous ne voulons pas en héberger en Finlande, et d’ailleurs aucun pays ne veut nous y forcer. L’adhésion à l’OTAN est une solution défensive pour la Finlande.» (Helsingin Sanomat)

Il revient désormais à la Hongrie et à la Turquie d’entériner cette volonté finlandaise, alors que tous les autres Etats-membres de l’Alliance atlantique ont ratifié l’adhésion du pays à l’OTAN (Reuters). Le processus pourrait ensuite se dérouler très rapidement, et il suffirait au président finlandais Sauli Niinistö de ratifier la loi adoptée avant les élections législatives prévues le 2 avril, alors qu’une majorité de Finlandais sont favorables à une entrée dans l’Alliance découplée de celle de la Suède (RFI).

– Candidature de la Suède à l’OTAN – Etienne Mathieu –

La Turquie exprime son mécontentement face à la Suède quant à la question des nationalistes kurdes réfugiés en Suède, et considérés par Ankara comme des terroristes. Mais le désaccord porte également sur l’autodafé du Coran, commis le 21 janvier près de l’ambassade turque à Stockholm (Euractiv). Le 28 février, Recep Tayyip Erdogan a déclaré que la Turquie n’autoriserait pas l’adhésion de la Suède à l’OTAN tant que celle-ci autoriserait la destruction d’exemplaires du Coran. En réponse, le ministre suédois des Affaires étrangères Tobias Billström refuse tout compromis sur la liberté d’expression, protégée par les lois suédoises. Il souligne que les questions liées à la religion et à la liberté d’expression ne font pas partie de l’accord négocié entre la Turquie, la Suède et la Finlande en juin 2022 (Le Monde). Tobias Billström concède cependant que l’acte blasphématoire était «certainement légal mais pas respectueux» et qu’il comprend la contrariété des Turcs.

La Turquie a annoncé que les négociations avec la Suède et la Finlande allaient reprendre le 9 mars (Atlantico). La Turquie n’étant pas dans l’Union européenne, la Hongrie est le seul pays membre à la fois de l’OTAN et de l’UE à ne pas encore avoir ratifié l’adhésion de la Suède et de la Finlande à l’Alliance atlantique. Le 1er mars, le Parlement hongrois a entamé le débat sur la ratification (RFI). Le Parlement devrait voter d’ici la fin du mois de mars. Le vote a été repoussé plusieurs fois ; le Premier ministre Viktor Orban assure que la ratification aura bien lieu.

Selon RFI, le retard est moins dû à un débat au sein de la majorité de droite, habituée à voter comme un seul homme, qu’à une tergiversation délibérée du gouvernement. Celui-ci voudrait ménager la Russie, dont elle est proche, mais aussi la Turquie, dont elle s’est rapprochée récemment. En outre, la Hongrie pourrait chercher à obtenir des concessions de Bruxelles. Enfin, toujours selon RFI, le gouvernement hongrois exprimerait ainsi son ressentiment envers la Suède et la Finlande, qui ont condamné les entorses aux droits de l’Homme en Hongrie et remis en cause le caractère démocratique de la république de la plaine des Carpates. Euractiv relate ainsi que Péter Szijjártó, ministre hongrois des Affaires étrangères, a déclaré que «ces dernières années, des mensonges et des informations fabriquées de toutes pièces sur la Hongrie ont été diffusés par des fonctionnaires du gouvernement suédois». Outre la critique suédoise sur l’Etat de droit en Hongrie, des fonctionnaires suédois sont accusés d’avoir insulté des députés hongrois ; la Hongrie a décidé d’envoyer une délégation à Stockholm pour régler cette question (Euractiv).

– Neutralité de la Suisse et relations avec l’OTAN et l’Ukraine – Etienne Mathieu –

La Suisse, toujours neutre, tergiverse sur les livraisons d’armes à l’Ukraine. Selon Le Monde, bien que la Confédération helvétique condamne l’invasion russe de l’Ukraine, sa neutralité inscrite dans ses lois lui interdit d’exporter du matériel militaire vers un pays en guerre. La Suisse refuse même de vendre des armes à des pays qui pourraient ensuite les revendre à l’Ukraine. Un sondage Tamedia du 1er mars indique qu’une légère majorité de Suisses (50% contre 46%) sont favorables à des autorisations exceptionnelles ; en revanche, la neutralité est conçue comme non négociable, même si la Suisse a repris l’ensemble des sanctions décidées par l’UE contre la Russie (Le Monde).

Pour contourner cette restriction, l’Allemagne cherche à acquérir auprès de la Suisse de vieux chars Leopard, pour remplacer les chars envoyés à l’Ukraine (BFM Business).

– Accord entre l’UE et le Maroc et future coopération trilatérale avec Israël – Marie Corcelle –

Le commissaire chargé de la politique de voisinage et de l’élargissement Olivér Várhelyi s’est rendu au Maroc le 1er mars, et a annoncé le jour suivant la conclusion de nouveaux accords d’un montant de 624 millions d’euros. Le programme des accords, dévoilé dans un communiqué de presse est ambitieux: soutenir Rabat dans sa transition énergétique, renforcer la coopération entre l’UE et le Maroc concernant l’immigration illégale et également appuyer le royaume dans ses réformes concernant la protection sociale ou encore la réforme de la justice.  Un signal fort qui démontre pour les médias locaux ( Le 360, L’Observateur du Maroc et d’Afrique ) la confiance que place l’UE dans le Maroc.
Pourtant, tout n’était pas joué d’avance: des tensions étaient palpables suite à l’adoption le 19 janvier 2023 par le Parlement européen d’une résolution dénonçant la dégradation de la liberté de la presse dans le royaume chérifien.

Une annonce conjointe du Maroc et de l’UE à l’occasion de la visite d’Olivér Várhelyi  également fait beaucoup de bruit: une coopération trilatérale avec Israël est envisagée sur «la gestion de l’eau et la recherche et le développement» , rapporte I24 News. Une décision qui s’inscrit dans la continuité des Accords d’Abraham, soit la normalisation diplomatique entre Tel-Aviv et Rabat, survenue en 2020 sous l’impulsion de l’administration Trump. Les deux pays coopèrent depuis à de nombreux niveaux, dont le domaine militaire. I24 ne ws rappelle qu’au mois de janvier, ils s’étaient entendu pour renforcer leur partenariat en l’étendant au renseignement et à la cybersécurité, et en juin 2022, Tel-Aviv avait participé à un exercice militaire en Afrique – African Lion 2022 – organisé par Rabat et Washington.

– France : plan d’aide face à la crise de l’énergie – Florent Guichard –

La Commission européenne a approuvé le 1er Mars une proposition française visant à instaurer un régime de garantie à hauteur de 2 milliards d’euros pour soutenir les entreprises consommatrices d’énergie. Cette approbation s’inscrit dans le sens d’une volonté politique européenne de soutien aux entreprises et à l’économie face à l’augmentation, en particulier dans le secteur de l’énergie, des prix qui s’est accentuée depuis le début de la guerre en Ukraine. 

En effet, la reprise de l’activité post-covid et dernièrement la guerre en Ukraine ont fait flamber les cours du gaz, ceux-ci ont commencé à augmenter en 2021, puis se sont multipliés par quatre dans les deux premières semaines de la guerre jusqu’à plus de sept fois le cours de l’année précédente en août 2022. Cette explosion des cours a eu lieu alors même que le mix énergétique européen dépend à plus de 20% de la ressource gazière. Bien que les cours se soient réduits depuis, il existe un décalage de plusieurs mois entre la répercussion des prix chez les consommateurs et les prix sur le marché de l’électricité.

Également, les sanctions européennes ont conduit les pays du vieux continent à se détourner du gaz russe qui représentait plus de 50% du gaz européen avant la guerre (2021). En novembre 2022, celui-ci ne représentait plus que 13% de l’approvisionnement de l’Union Européenne. Les pays européens ont en effet diversifié leur approvisionnement grâce notamment au gaz naturel liquéfié américain (GNL). Or, celui-ci bien qu’en théorie bon marché est vendu à des prix supérieurs au gaz russe en Europe.  Les ministres de l’économie allemand et français avaient d’ailleurs dénoncé ces prix “astronomiques” du GNL américain à l’automne dernier. 

Ces deux éléments conduisent aujourd’hui l’Union Européenne à être confrontée à un problème majeur, l’inflation des prix de l’énergie et donc le risque de mise en danger de l’ensemble de l’économie qui en dépend. En France par exemple, l’INSEE dans une étude de février a mis en avant que la hausse des prix de l’électricité devrait atteindre 84% en 2023.

L’approbation de la proposition française vise donc à diminuer et protéger au mieux des effets négatifs de la conjoncture économique actuelle. Cette dernière s’inscrit d’ailleurs dans la lignée du temporary crisis framework adopté le 23 Mars 2022 par les états membres et qui visait déjà les mêmes objectifs. 

La problématique actuelle est d’ailleurs d’autant plus préoccupante pour l’Union que celle-ci risque de lui poser des problèmes de compétitivité notamment face à la Chine qui selon Bloomberg profite d’un gaz russe décoté à hauteur de 50%, pouvant lui permettre de bénéficier de gains de compétitivité importants. 

– Royaume-Uni, Union Européenne et République d’Irlande : dernier acte ? – Tristan Jarraud –

Depuis sa sortie de l’Union Européenne, le Royaume-Uni est confronté au problème de la frontière avec l’Irlande. Les accords du Vendredi Saint, ne permettent pas la mise en place d’une frontière physique entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord. Les traités de l’Union Européenne prévoient que les marchandises soient contrôlées quand elles proviennent d’une zone extérieure, comme le Royaume-Uni. Il y’a eu jusqu’à présent un statu quo, le protocole d’Irlande du Nord, sur cette question puisqu’il n’y a pas de volonté de commencer un conflit qui est résolu depuis plusieurs décennies. Le protocole susmentionné se verra remplacé par le cadre de Windsor. C’est une défaite pour les loyalistes d’Irlande du Nord. En effet, comme le rapporte CNN : «Les marchandises susceptibles d’entrer en République d’Irlande seront placées dans le couloir rouge pour être contrôlées avant d’entrer en Irlande du Nord.» . Les loyalistes ne voulaient pas qu’une frontière soit créée entre eux et le reste du Royaume.

Toutefois, ce nouvel accord comporte un point de débat : le frein Stormont. Le premier ministre Sunak, défini son utilisation ainsi : «Cela permettra d’établir un processus clair par lequel l’assemblée démocratiquement élue pourra tirer un frein d’urgence pour les modifications des biens de l’UE, règles qui auraient un effet significatif et durable sur la vie quotidienne». Comme l’explique Rob PICHETA et Luke MCGEE , ce système risque de provoquer plus de problème qu’il ne va en résoudre : «Si le gouvernement d’Irlande du Nord tire le frein mais que le gouvernement britannique n’utilise pas son veto, il y aura des tensions entre Westminster et l’Irlande du Nord.».  Il faut donc relativiser ce dernier accord et les solutions qu’ils proposent.

– Accord entre la BEI et la Commission européenne pour soutenir les entreprises d’Afrique, et des Caraïbes et du Pacifique – Marie Corcelle –

La Banque européenne d’investissement (BEI) et la Commission ont signé le 28 février un accord d’un montant de 4 milliards d’euros, visant à «  stimuler les investissements du secteur privé dans les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique », et ce jusqu’en 2027 rapporte un communiqué de presse de Bruxelles. Le document précise que la somme comporte 3,5 milliards d’euros sous forme de prêts, et que 400 millions d’euros sont alloués au fonds fiduciaire ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique).

Cet accord intervient directement dans le cadre de la stratégie de l’UE Global Gateway, mise en place à la fin de l’année 2021: cette dernière a pour but de mobiliser jusqu’à 300 milliards d’euros entre 2021 et 2027 pour financer des projets d’infrastructures dans le monde entier. Les principaux domaines visés sont les secteurs du numérique, du climat, de la santé, ou encore des transports. Certains observateurs y voient là une stratégie visant à contrer celle des nouvelles routes de la soie chinoises, rappelle le journal économique Les Echos. Les 27 devraient décider dans les prochains jours d’une première liste de projets qui seront bénéficiaires du Global Gateway.

– Discours d’Olaf Scholz au Bundestag sur la guerre russo-ukrainienne – Antoine Bézier –

Ce 2 mars, le chancelier allemand Olaf Scholz tenait un discours au Bundestag largement consacré à la guerre russo-ukrainienne. Il y a un an, le 27 février 2022, le chancelier social-démocrate prononçait le désormais célèbre discours du «Zeitenwende» (que l’on pourrait traduire par «changement d’époque»), dans lequel il soulignait la nécessité pour Berlin de s’adapter au nouveau contexte né de l’invasion russe de l’Ukraine et annonçait en conséquence un investissement de 100 milliards d’euros dans la Bundeswehr (RFI).

Comme rapporté par Deutsche Welle, Olaf Scholz a réaffirmé sans ambiguïtés le soutien de l’Allemagne à l’Ukraine : «Ce serait un encouragement fatal adressé à l’agresseur que de louer la violation du droit international et de l’architecture de sécurité européenne […] Notre «plus jamais ça» signifie que la guerre d’agression ne doit plus jamais redevenir un moyen politique comme un autre.» La paix retrouvée serait indissociable d’une victoire de Kiev : «Il est clair que nous aiderons l’Ukraine à parvenir à la paix […] C’est pourquoi nous discutons avec Kiev et d’autres partenaires des engagements futurs en matière de sécurité pour l’Ukraine […] Mais des promesses de sécurité présupposent impérativement que l’Ukraine se défende avec succès dans cette guerre.» (RFI)

Le chancelier allemand s’est aussi adressé aux dirigeants chinois, alors que Pékin envisagerait de livrer des armes à la Russie : «Mon message à Pékin est clair : utilisez votre influence à Moscou pour demander le retrait des troupes russes. […] Et ne livrez pas d’armes à l’agresseur russe.» (Reuters) Concernant le plan de paix en douze points «pour le règlement politique de la crise ukrainienne» présenté par la Chine, Olaf Scholz a salué la position de Pékin pour une désescalade nucléaire (Deutsche Welle) et, comme mis en évidence par Reuters, a encouragé les leaders chinois à prendre contact avec la partie ukrainienne : «On peut à juste titre attendre de la Chine qu’elle discute de ses idées avec les principaux concernés, à savoir les Ukrainiens et le président Zelensky.» La question d’une éventuelle remise en question des relations privilégiées avec Pékin au vu de sa neutralité bienveillante à l’égard de Moscou est extrêmement sensible en Allemagne, alors que les liens économiques avec la Chine sont très importants et que cette dernière est une des principales destinations des exportations allemandes.

Comme le souligne Deutsche Welle, le chancelier social-démocrate a également rappelé la nécessité pour l’Allemagne d’investir dans son armée et son industrie de défense : «Nous avons besoin d’une production continue d’armes, d’équipements et de munitions essentiels. […] Ainsi, nous créons ici en Allemagne une base industrielle qui contribue à garantir la paix et la liberté en Europe.»

Friedrich Merz le président du groupe CDU/CSU au Bundestag, principale force d’opposition à la coalition tripartite au pouvoir, a répondu à Olaf Scholz en dénonçant le fait que le budget consacré à la défense aurait baissé malgré la promesse gouvernementale d’une hausse à 2 % du PIB, et que seulement 600 millions d’euros auraient pour l’instant été dépensés sur les 100 milliards promis à la Bundeswehr (Deutsche Welle).

Les grandes lignes du discours du chancelier allemand ont été au cœur des discussions avec le président américain Joe Biden, alors qu’Olaf Scholz était en visite à Washington ce vendredi 3 mars (Reuters).

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