VEILLE UNION EUROPEENNE – Du 31 décembre 2022 au 6 janvier 2023

Equipe de veille Union européenne : Audrey Moisan, Tristan Jarraud, Yanis Kourrad, Antoine Bézier, Etienne Mathieu
01/01/2023 : La Suède prend place à la présidence de l’Union Européenne. -Audrey Moisan-
Le 1er janvier dernier, le turnover de la présidence du Conseil de l’Union Européenne s’est mis en place. C’est donc au tour de la Suède d’occuper ce poste, jusqu’au 30 juin prochain. Elle succède ainsi à la République tchèque.
Selon le service de presse du Conseil, la Suède souhaite articuler sa présidence autour de 4 priorités: la sécurité et l’unité, la compétitivité, les transitions écologiques et énergétiques, et enfin les valeurs démocratiques et l’Etat de droit.
Euronews souligne par ailleurs que cette présidence se met en place dans un contexte de multiplication des crises qui ne rendra pas la chose aisée à la présidence suédoise. Le média ajoute également, tout comme Radio France et Euractiv, que cette présidence s’est vu confrontée à quelques réserves au sein de l’Union Européenne, en raison du soutien des Démocrates de Suède, parti d’extrême droite, à la coalition qui préside le conseil. D’autant plus que ce parti est eurosceptique. Le Premier Ministre Ulf Kristersson a en revanche affirmé en novembre dernier que son gouvernement était fondamentalement pro-européen, et que les Démocrates suédois n’en faisaient point partie, malgré l’alliance.
La Suède par ailleurs, ajoute France Inter, tend à entretenir des rapports distants avec l’Europe, en gardant sa monnaie nationale et ne mentionnant que peu les questions européennes au sein de son parlement national. Distance, qui, à l’heure d’une Europe sous tension, apparaît comme l’une des inquiétudes majeures selon le média.
01/01/2023 : La Suisse siège pour la première fois au Conseil de sécurité de l’ONU. -Etienne Mathieu-
Depuis le 1er janvier 2023, la Suisse siège parmi les dix membres non permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (en plus de ses cinq membres permanents). C’est une première pour la Confédération helvétique, qui n’a adhéré à l’Organisation des Nations Unies qu’en 2002, comme le souligne Le Monde. Une lourde responsabilité qui met en jeu la neutralité suisse, à la fois tradition nationale et principe constitutionnel, à cause du contexte international bouleversé entre autres par l’invasion russe de l’Ukraine et par les récentes tensions sino-indiennes et entre Pékin et Taïwan.
Le Département fédéral des Affaires étrangères de la Suisse souligne que l’élection de la Suisse au Conseil, pour un mandat de deux ans, a recueilli le meilleur résultat d’un pays du Groupe des Etats d’Europe Occidentale et autres Etats depuis 2002, avec 187 voix sur 190.
La Suisse assurera la présidence tournante du Conseil entre mai 2023 et octobre 2024.
03/01/2023 :Rencontre entre le premier ministre suédois et le président de la république française. -Tristan Jarraud-
Le 03 Janvier, le président de la république Emmanuel Macron a rencontré à Paris Ulf Kristersson. Ce déjeuner de travail avait pour but selon le site officiel de l’Elysée de «revenir sur l’étroite coordination entre les présidences française, tchèque et suédoise pour faire avancer l’agenda européen de transitions climatique et numérique, de souveraineté, et de cohésion sociale.» En effet, le royaume de Suède prend la présidence du conseil de l’Union Européenne.
Une déclaration conjointe à eu lieu. Dans celle-ci le président français fait de l’adhésion de la Suède à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord une priorité pour répondre à la guerre en Ukraine. Les autres sujets abordés furent la préparation du conseil du 9 et 10 janvier. En effet, deux visions vont s’opposer. La Suède est tenante du libre-marché comme elle l’a rappelé dans sa déclaration du 14 décembre de l’année passée, alors que Emmanuel Macron plaide pour : «une stratégie made in Europe, de pouvoir apporter notre propre réponse à la politique, à la fois au changement du monde, et à une politique volontariste totalement légitime de la part des Américains, mais il nous faut réussir à défendre le tissu industriel européen, créer plus d’emplois, être plus compétitifs, et accélérer la production d’énergie propre en réduisant nos dépendances stratégiques.» Il faut aussi bien sûr tenir compte des relations bilatérales entre les deux pays tels que les échanges commerciaux.
03/01/2023 : Berlin rejette la demande polonaise d’indemnisation relative aux dommages subis pendant la Seconde Guerre mondiale. -Yanis Kourrad-
La réponse allemande relative à la demande polonaise de demande «des indemnisations pour les dommages causés par l’agression et l’occupation allemandes dans les années 1939-1945» est tombée le 03 janvier dernier. C’est le service de presse du ministre allemand des Affaires étrangères qui a confirmé à l’Agence France Presse que Berlin avait «répondu à la note verbale de la Pologne du 03 octobre 2022», tout en ne manquant pas de préciser que «les différents contenus de la correspondance diplomatique» ne seraient pas diffusés publiquement.
Cette réponse qui rejette la demande fait suite à la revendication polonaise d’une indemnisation à hauteur de 1 300 milliards d’euros. D’après le journal français Le Monde, les pertes matérielles s’élèveraient à près de 170 milliards d’euros auxquelles s’ajoutent les pertes relatives aux secteur bancaire (18,9 milliards d’euros), celui des assurances (7,3 milliards) et le secteur culturel à près de 4 milliards d’euros.
Néanmoins, la réponse allemande semble claire, réponse était déjà présagée depuis le 04 octobre dernier, date de visite de la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, qui avait déjà affirmé que «du point de vue du gouvernement fédéral, la question des réparations était close» bien que son pays assumait « sa responsabilité historique, sans «si» ni mais»».
Si la décision semble indiscutable c’est parce que Berlin estime que Varsovie a déjà manifesté, à plusieurs reprises, sa renonciation à des réparations de guerre en 1953, renonciation que les conservateurs nationalistes polonais au pouvoir démentent estimant que l’accord n’est pas valide car Varsovie aurait agit, à cette époque, sous la pression de l’Union soviétique.
Face à cette décision pour laquelle la Pologne estime que l’Allemagne est dotée d’un « devoir moral » en la matière, Varsovie a décidé de porter l’affaire sur la scène internationale, devant l’Organisation des Nations Unies (ONU) en demandant aux hauts représentants de l’instance leur «coopération et soutien pour que la Pologne puisse recevoir des indemnisations pour les dommages causés par l’agression et l’occupation allemande dans les années 1939-1945» selon un communiqué de presse polonais.
04/01/2023 : Accord gazier entre la Bulgarie et la Turquie. – Antoine Bézier –
Ce 4 janvier, la compagnie gazière bulgare Bulgargaz et son homologue turque BOTAS, représentées par leurs directeurs respectifs Denitsa Zlateva et Burhan Yozcan, ont signé un accord de 13 ans pour le transit de 1,5 milliard de mètres cubes de gaz naturel par an de la Turquie vers la Bulgarie (Euractiv). Les ministres de l’Énergie des deux pays, Rosen Hristov et Fatih Dönmez, étaient présents à la cérémonie. Cet accord ouvre un nouveau corridor gazier de la Turquie vers les pays des Balkans et vers l’UE, et Bulgargaz obtient le droit d’accéder aux cinq terminaux GNL turcs et d’acheter le gaz liquéfié qui y est déchargé et qui transitera ensuite vers la Bulgarie via le réseau turc (Euractiv).
«Nous contribuerons à la sécurité de l’approvisionnement énergétique de la Bulgarie. L’accord ouvre également la porte à un commerce du gaz plus large avec le reste de l’Europe», a déclaré le ministre turc de l’Énergie et des Ressources naturelles Fatih Donmez (Agence Anadolu). Le ministre bulgare de l’Énergie Rossen Hristov a rappelé le contexte géopolitique sous-tendant cet accord : «La guerre entre l’Ukraine et la Russie a provoqué une interruption des flux de gaz vers l’Europe, et la seule solution au problème passe par les efforts unifiés de différents pays. La Bulgarie et la Turquie ont fait un pas important dans la bonne direction pour aider l’Europe à faire face à sa crise énergétique. Cet accord revêt une grande importance non seulement pour nos pays, mais aussi pour l’ensemble de l’Europe.» (Agence Anadolu).
La Bulgarie a conclu par ailleurs un contrat à long terme pour importer 1 milliard de mètres cubes de gaz azéri par an à des prix avantageux, et le gouvernement bulgare détient une participation dans le terminal GNL en construction à Alexandroupolis, d’où entreront au moins 0,5 milliard de mètres cubes (Euractiv).
04/01/2023 : La Pologne signe le contrat d’achat de 116 chars Abrams américains. -Yanis Kourrad-
Alors que la guerre en Ukraine entre dans son 10ème mois, la Pologne renforce son arc sécuritaire en signant, le 04 janvier, l’achat de 166 chars Abrams américains pour la somme de 1,4 milliard de dollars. Face à un contexte d’inquiétudes sécuritaires relatif à l’opération militaire russe en Ukraine, l’accord de vente avait été annoncé par le département d’État des États-Unis le mois dernier, en précisant que 200 millions de dollars seront financés par Washington dans le cadre des fonds d’aide accordés à la Pologne, selon le ministère polonais de la Défense.
Par la signature de ce contrat, «nous renforçons le «poing de fer» de l’armée polonaise pour dissuader efficacement l’agresseur» a déclaré, le ministre polonais de La Défense, Mariusz Blaszczak, lors de la cérémonie de signature de l’accord.
Tandis qu’un premier contrat avait été conclu en avril 2022, visant à fournir 250 chars Abrams à la Pologne pour fin 2024, ce nouveau contrat prévoit, quant à lui, l’envoi des premiers chars dès le courant de l’année 2023.
04/01/2023 : la France livre des chars légers à l’Ukraine. -Etienne Mathieu-
Le 4 janvier, la présidence française a annoncé la livraison à l’Ukraine de chars légers AMX-10 RC, à la suite d’une conversation téléphonique entre Emmanuel Macron et Vodolomyr Zelensky. Celui-ci a salué le geste, constituant la première fourniture de chars occidentaux à l’Ukraine, comme le souligne France 24. Auparavant, les seuls chars fournis à l’Ukraine étaient de conception soviétique. Depuis plusieurs mois, l’Ukraine demande avec insistance la fourniture de blindés pour mieux combattre l’armée russe.
Le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française aux Nations Unies, souligne les capacités du blindé léger : «un engin de reconnaissance rapide, très mobile sur terrain sec, et qui peut venir appuyer efficacement l’infanterie». L’Ukraine bénéficie du remplacement progressif des AMX-10 RC dans l’armée française, permettant de vendre ces véhicules blindés sans pénaliser la Défense, comme le rappelle Le Figaro. A l’inverse, le président ukrainien Volodomyr Zelensky n’a pas pu obtenir de chars lourds comme il en souhaitait, car le remplacement des chars Leclerc n’est pas prévu avant 2040, déclare le général Dominique Trinquand cité par France 24.
L’initiative française a été suivie par les Etats-Unis et par l’Allemagne. Ouest-France indique que le chancelier allemand Olaf Scholz a été longuement pressé par les membres de la coalition gouvernementale, en particulier le parti libéral FDP. Finalement, le gouvernement fédéral allemand a décidé de livrer à l’Ukraine des blindés de combat d’infanterie Marden, dont elle possède une centaine d’exemplaires. Comme le remarque le journal suisse Blick, l’initiative française a rendu caduc l’argument selon lequel l’Allemagne ne pouvait pas envoyer de chars en étant le seul pays à le faire.
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Etienne Mathieu
Biographie non renseignée



