Veille géopolitique sud- Caucase – du 25 février au 3 mars 2023

Processus de résolution du Conflit du Karabakh – Morgan Caillet –
Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe, est arrivé pour une visite de deux jours à Bakou le 27 février, un an après la signature de la Déclaration sur la coopération alliée entre la Fédération de Russie et la République d’Azerbaïdjan le 22 février 2022, comme rappelé par le communiqué de presse du MAE russe qui a aussi fait état de la signature de «plus de 150 actes juridiques internationaux entre les deux pays» et de «sept réunions et 12 conversations téléphoniques en 2023» entre les deux chefs d’État, tout en insistant sur le renforcement des liens économiques entre les deux pays, soit un chiffre d’affaire commercial de plus de 3 milliards de dollars entre janvier et octobre 2022 représentant une augmentation de 16 % par rapport à la même période en 2021.
A cette occasion, il a rencontré le président azerbaïdjanais Ilham Aliev qui a dit lors de son discours d’ouverture espérer «des pas mutuels sérieux dans les domaines de l’interaction traditionnelle – dialogue politique, énergie, transport, commerce, coopération humanitaire et alliance» et a déclaré : «Je pense que la Russie, en tant qu’amie, alliée et voisine, a un rôle particulier à jouer dans la régulation des relations interétatiques entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie». Il a ensuite rencontré son homologue Djeyhoun Bayramov le lendemain avec qui il a donné une conférence de presse conjointe durant laquelle il a déclaré : «Nous espérons que les vice-premiers ministres – en tant que coprésidents du groupe de travail trilatéral correspondant – seront bientôt en mesure de conclure des accords spécifiques sur la reprise de l’utilisation de la voie ferrée entre l’Azerbaïdjan continental et le Nakhitchevan. Nous avons également souligné la nécessité d’intensifier les travaux de la commission sur la délimitation de la frontière arméno-azerbaïdjanaise, créée étant entendu que la Fédération de Russie apporterait une assistance consultative à ces travaux» tout en soulignant « l’importance d’assurer un travail régulier de la Plate-forme régionale consultative « 3+3 » (trois pays du Caucase du Sud et leurs voisins la Russie, la Turquie et l’Iran)» réaffirmant son souhait de voir le processus de paix s’affranchir de l’influence des pays européens et des États-Unis, et en ajoutant également «Nous sommes convenus de poursuivre une coopération étroite dans le cadre des Caspian Five, de nous soutenir mutuellement dans le cadre de la CEI, de l’ONU et de ses divers organes spécialisés».
Au sujet de la proposition azerbaïdjanaise concernant les points de contrôle aux extrémités du corridor de Zangezour et à la frontière entre le district de Lachin et l’Arménie, il a répondu : «Il n’y a aucune disposition là-bas pour la création de points de contrôle. Mais il serait possible d’utiliser des moyens techniques pour lever les soupçons existants quant au fait que le corridor est réellement utilisé conformément à sa destination». Concernant l’implication de Bruxelles : «Tous les acteurs, en particulier ceux situés loin du Caucase du Sud, ne sont pas guidés par les mêmes principes et ne travaillent pas «en faveur de quelque chose», mais «contre quelqu’un». Nous le voyons. Je suis convaincu que les parties qui sont directement impliquées dans le processus le voient également» et concernant la mission d’observation de l’UE : «En ce qui concerne la transition en douceur de cette mission vers sa deuxième phase, la mission à long terme [EUMA], nous pensons que cela s’est produit en violation des procédures et des accords conclus en octobre à Genève. Certains disent aussi du côté arménien et parmi les pays participants que cette mission n’a rien à voir avec l’Azerbaïdjan, puisqu’elle est située sur le territoire de l’Arménie. Nous n’acceptons pas cette argumentation. Car il ne s’agit pas d’une mission conditionnelle ou abstraite, mais d’une mission à la frontière arméno-azerbaïdjanaise. Cela affecte les intérêts légitimes de l’Azerbaïdjan».
Selon Armenpress, Alen Simonian, le président de l’Assemblée nationale arménienne, aurait commenté en ces termes l’évolution du processus de paix le 28 février: «Nous ne pouvons pas poser de mines contre le statut d’État, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République d’Arménie dans le traité de paix […] Un traité de paix concerne les relations entre deux pays, et la question de l’Artsakh ne doit pas s’y refléter. Des discussions autour du texte sont en cours. N’ayez pas l’impression que nous essayons d’une manière ou d’une autre d’abandonner la protection des intérêts de l’Artsakh, les droits du peuple de l’Artsakh avec ce traité».
Le 1er mars, une nouvelle rencontre, suite à celle du 24 février, relayée par plusieurs médias locaux (Caliber, Artsakhpress, APA) a eu lieu entre des «représentants de l’Artsakh» et de l’Azerbaïdjan avec la médiation par les forces de maintien de la paix russe, qualifiée par Toivo Klaar, le représentant spécial de l’UE pour le sud-Caucase de «nouvelle encourageante» via Twitter. Cette rencontre aurait permis d’aborder «la situation sur la route de Lachin, en particulier son utilisation aux fins prévues», «la conduite éventuelle de la surveillance environnementale de deux gisements [de Drmbon et de Kashen] par des représentants de la partie azerbaïdjanaise», «des questions relatives à l’approvisionnement ininterrompu en électricité et en gaz», «les problèmes et les opportunités de réintégration de la population arménienne de la région économique du Karabakh dans la région économique azerbaïdjanaise» et des accords auraient été conclus concernant «la poursuite de la coopération, la réduction des tensions, l’établissement d’une vie pacifique dans la région». Selon le média Caliber, de prochaines rencontres devraient avoir lieu et des villes telles que Barda, Ganja ou Agdam auraient été retenues pour les accueillir sans participation du contingent russe.
Le «ministère des Affaires étrangères du Haut-Karabakh» a réagi le soir même en déclarant : «Les commentaires faits par la partie azerbaïdjanaise sur les résultats de la réunion ne correspondent pas à la réalité. La République d’Artsakh reste attachée au choix de son peuple, qui s’est engagé sur la voie de l’autodétermination et de l’indépendance, consacrée par un référendum en 1991. De telles discussions visant à résoudre les problèmes urgents, en particulier le déblocage de l’Artsakh, ne peuvent remplacer négociations de paix à part entière, qui sont nécessaires pour parvenir à un règlement global du conflit Azerbaïdjan-Karabakh».
Le 2 mars la mission de l’UE en Arménie a informé avoir inauguré son nouveau siège à Yeghegnadzor les 20 et 21 février dernier. Le «président du Haut-Karabakh» a présenté le 1er mars le nouveau « ministre d’État » Gourguen Nersissian, en séance du Conseil des ministre.
– Point humanitaire et sécuritaire au Karabakh et dans le corridor de Latchin – Morgan Caillet –
Au 3 mars, les manifestations écologistes pro-gouvernementales azerbaïdjanaises ont atteint leur 82ème jour de mobilisation consécutif, permettant toujours et néanmoins, selon plusieurs médias locaux (Report.az, APA.az, Trendnews.az), le passage des véhicules des casques bleus russes (46 le 26/02, 63 le 27/02, 35 le 28/02, 62 le 01/03 et 80 le 03/03) et du CICR (7 le 26/02, 4 le 28/0 et 12 le 03/03). Selon le «ministère de la Santé du Haut-Karabakh», huit patients supplémentaires aurait été transférés le 27 février par le CICR vers l’Arménie, portant le nombre de total de transfert à 135 personnes depuis le 12 décembre dernier.
Le «Centre d’Information de l’Artsakh» a établi le bilan suivant le 2 mars : 7 patients adultes dont 3 dans un état extrêmement grave hospitalisés en réanimation, 760 citoyens privés de la possibilité d’une intervention chirurgicale, 5 100 personnes ayant perdu leurs emplois, 755 entreprises ayant suspendu leur activité, plus de 32 000 tonnes de produits de première nécessité non livrés depuis le 12 décembre, 20 000 enfants privés de «conditions stables pour une éducation appropriée».
Le conseiller du « ministre d’État de l’Artsakh » a informé via Twitter le 27 février qu’«en raison du blocage de l’Artsakh et en particulier de l’interruption de l’approvisionnement en électricité depuis le 9 janvier 2023, 96 000 hectares de terres azerbaïdjanaises [n’auraient] pas suffisamment d’eau d’irrigation du réservoir de Sarsang pendant la saison» puisque les autorités locales auto-proclamées devraient «largement utiliser ces ressources en eau pour la production locale d’électricité».
Les travaux agricoles auraient été suspendus les 28 février et 1er mars près de dans le village de Berdashen / Qarakend, selon la «Police du Haut-Karabakh» car des «coups de feu [auraient] été tirés vers un tracteur avec des fusils de différents calibres depuis des positions militaires azerbaïdjanaises adjacentes».
– Conflit Abkhazie et Ossétie du sud / Géorgie – Constant Henrio
– Une délégation du Ministère de l’intérieur d’Abkhazie dirigée par le ministre des Affaires intérieures, Walter Butba, s’est rendue en Ossétie du Sud. Walter Butba a rencontré son homologue sud-Ossète, Valery Gazzaev, dans le cadre d’un atelier sur la coopération interdépartementale, auquel ont également participé «des représentants du Centre commun d’information et de coordination des organes des affaires intérieures de la République d’Arménie et de la Fédération de Russie». Cette rencontre a permis un échange d’expériences dans les unités concernées, des mesures conjointes de lutte contre la criminalité et une réflexion concernant des questions d’amélioration du niveau de sécurité dans les pays, selon le communiqué de presse du ministère de l’intérieur.. Dans ce contexte, la délégation représentant le ministère de l’intérieur de l’Abkhazie a visité le Centre conjoint d’information et de coordination des organes des affaires intérieures de la République d’Ossétie du Sud et de la Fédération de Russie, visite durant laquelle «le personnel du Centre a familiarisé les invités avec le complexe de bâtiments et de structures, leur a montré les capacités techniques du laboratoire médico-légal, a raconté les étapes de la formation du centre».
– Les Services de Sécurité de l’Etat de Géorgie ont annoncé la libération de Lasha Khetereli, «détenu illégalement par les forces d’occupation russes». Le Service de Sécurité de l’Etat de Géorgie a également affirmé «continuer de travailler activement à libérer toutes les personnes illégalement emprisonnées dans les territoires occupés». Cette annonce a été confirmée par le KGB d’Ossétie du Sud.
– En marge du Conseil pour les Droits Humains des Nations Unies, le ministre des Affaires étrangères géorgien, Ilia Darchiashvili, a rencontré le Haut Commissaire pour les Droits Humains des Nations Unies, Volker Türk, afin «d’échanger les visions concernant la coopération fructueuse entre la Géorgie et les institutions des Nations Unies et discuter sur les difficultés de la situation humanitaire dans les térritoires gérogiens occupés», comme l’affirme Ilia Darchiashvili via Twitter.
– Dans le cadre d’une conférence intitulée «l’opération militaire spéciale en tant que facteur dans la politique mondiale et régionale», Sergueï Chouba, secrétaire du Conseil de sécurité de la République autoproclamée d’Abkhazie aurait déclaré, selon EkhoKavkaza, que la République Abkhaze était «largement dépendante de la situation politique interne en Géorgie». Il aurait également affirmé que «les dirigeants géorgiens actuels restent neutres vis-à vis de la Russie» du fait de «raisons purement pragmatiques», avant de conclure sur une interrogation, «cependant, qui a dit qu’en raison de la pression actuelle, les dirigeants géorgiens ne seront pas remplacés par des radicaux anti-russes ou seront eux-mêmes forcés d’ouvrir un deuxième front ?»
– Le président abkhaze, Aslan Bzhania, a présenté les résultats de ses voyages en Fédération de Russie et en République du Bélarus lors d’une réunion de travail avec les dirigeants du cabinet des ministres et du parlement d’Abkhazie, d’après un rapport du service présidentiel abkhaze. Durant cette réunion, Aslan Bzhania a affirmé : «l’élargissement de la coopération économique et la formation de contacts entre les ministères de la Défense et les services spéciaux des deux pays» qui se concrétisera par la mise en oeuvre «un grand projet conjoint dans le district d’Ochamchira en Abkhazie, dont les travaux sur le site débuteront au plus tard en avril 2024». Enfin, le président abkhaze a déclaré que «dans le domaine de l’efficacité de l’administration publique et de la politique économique, la République du Bélarus pouvait servir de bon exemple pour l’Abkhazie» tout en parlant particulièrement du parc de haute technologie biélorusse.
– Le 111ème mécanisme de prévention des incidents et de réaction (IPRM), s’est tenu le 2 Mars à Ergneti, co-animé par Dimitrios Karabalis, chef de la mission d’observation de l’Union Européenne en Géorgie (UEMM), ainsi que par Viorel Mosanu, Représentant du Président en exercice de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), d’après un communiqué de presse de l’OSCE.. Selon Civil.ge, Durant cette réunion, l’UEMM et l’OSCE «ont appelé à la levée des restrictions de mouvement avant la période des vacances de Pâques» tout en prenant note «de la libération récente de deux détenus et ont appelé à une approche humanitaire pour résoudre les cas de détention existants». De son côté, Igor Kochiev, chef de la délégation sud-Ossète, a déclaré que «depuis la création de l’IPRM, la situation a été la plus pacifique». Concernant le retrait du «poste géorgien illégal» à Uista, la partie sud-Ossète a exprimé sa volonté de continuer «à s’attaquer activement au problème dans l’espoir de trouver une solution», bien que la partie géorgienne n’ait pas changé de position.
– Relation Géorgie – UE / US / Russie / Ukraine et politique intérieure géorgienne – Leonard Monce
La polémique grandissante sur le récent projet de loi dite «sur la transparence de l’influence étrangère» en Géorgie a suscité l’indignation parmi les candidats de l’opposition et des médias géorgiens. Une vague d’arrestation de militants, selon le ministère de l’intérieur géorgien,a eu lieu le 02 mars lors des débats parlementaires préliminaires, mais l’opposition géorgienne a dénoncé, selon les médias locaux, (Netgazeti ou encore Civil.ge) des expulsions arbitraires de journalistes accrédités. La séance parlementaire à également été interrompue par le service de sécurité. Le gouvernement géorgien a donc tenté de calmer la situation et a tenu à rassurer sur ses intentions. Seulement, cette loi est perçue comme une menace pour la plupart des ONG et des médias nationaux comme internationaux, et comme une tentative de contrôle abusive, indique le site «euronews.fr». A cet effet, elle est comparée à une disposition similaire prise par la Russie, la «loi sur les agents étrangers», entrée en vigueur le 20 juillet 2012.
Sur la scène internationale, cette crise importe aux yeux des américains et de l’UE. En effet, le porte-parole du département d’Etat américain a critiqué ces mesures qui s’éloigneraient des volontés profondes du peuple géorgien. De plus, elle s’inscrit en plein contexte du premier anniversaire de la demande d’adhésion du pays à L’Union Européenne. Cette loi risquerait, selon les médias géorgiens et le département d’Etat américain, de contrevenir aux principes démocratiques prônés par l’UE et de ralentir le processus d’adhésion. Ainsi, le site «Transparency.ge» a titré cette semaine «La loi russe nous fera perdre l’UE» et a appelé le gouvernement à réduire la répression des mouvements d’opposition. Le gouvernement en place a démenti toute collusion avec Moscou, assurant dans un communiqué que le processus serait bientôt «couronné par l’adhésion à part entière de la Géorgie à l’Union Européenne». Il a également mis en avant son engagement contre la politique de guerre du voisin russe en Ukraine, aux côtés de ses partenaires occidentaux. Dans ce contexte, le site Interpressnews.ge a annoncé cette semaine le décès du 37ème combattant géorgien décédé en Ukraine au côté des forces de Kiev. Sur son compte Twitter, la présidente géorgienne manifeste également régulièrement son soutien à l’Ukraine face à la Russie.
– Problématiques énergétiques, commerciales et de transport sud-caucasiennes – Morgan Caillet –
Le 27 février, le ministère des Affaires étrangères azerbaïdjanais a annoncé avoir lancé un arbitrage interétatique contre l’Arménie en vertu du traité sur la charte de l’énergie (TCE) demandant ainsi «réparation et compensation financière pour la violation par l’Arménie des droits souverains de l’Azerbaïdjan sur ses ressources énergétiques pendant la crise arménienne» en expliquant plus précisément : «La région du Karabakh contient 25% des ressources en eau internes de l’Azerbaïdjan, ce qui en fait un emplacement optimal pour tirer parti de l’énergie hydroélectrique. La centrale hydroélectrique de Tartar (Tartar HEP) sur le réservoir Sarsang de la rivière Tartar a été le principal actif hydroélectrique exploité illégalement par l’Arménie. L’Arménie a capturé le réservoir de Sarsang et le HEP tartare en 1994, dans le cadre de son agression armée contre le territoire souverain de l’Azerbaïdjan. L’Arménie a également construit au moins 37 autres installations hydroélectriques non autorisées sur le territoire souverain de l’Azerbaïdjan pendant l’occupation. Parallèlement à l’électricité produite par le Tartar HEP, la production de ces installations supplémentaires non autorisées a été expressément désignée comme «une voie d’exportation» vers l’Arménie». Il est aussi question de l’extraction de «charbon de la mine Chardagly dans le district azerbaïdjanais de Tartar pour l’utiliser dans la centrale thermique d’Erevan en Arménie» du financement de la «construction d’une nouvelle autoroute de transport du charbon, décrite comme une «bouée de sauvetage directe» entre l’Arménie et les territoires occupés» et de l’endommagement des «installations de transit d’énergie existantes, telles que le gazoduc reliant Yevlakh à l’enclave de Nakhitchevan en Azerbaïdjan».
– Droits de l’homme au sud-Caucase – Morgan Caillet
Selon les médias locaux (Maydan TV OC-media, Eurasianet) Bekhtar Hadjiyev aurait mis fin le 28 février à la grève de la faim qu’il avait entamé le 9 janvier, suite à des fuites de contenus privés provenant de ses comptes de médias sociaux, et qui mettraient en danger plusieurs militantes apparaissant sur ces images, tandis que OC-média rapporte que Sabuhi Salimov, membre du parti islamique d’opposition, serait mort devant un tribunal, d’une crise cardiaque suite à une grève de la faim le 53 jours le 2 mars. Ce dernier avait été condamné le 11 novembre dernier à 17 ans de prison pour trahison, ayant été reconnu coupable d’espionnage pour les services secrets iraniens.
– Divers politiques extérieures arménienne, azerbaïdjanaise et géorgienne – Morgan Caillet
– L’Azerbaïdjan a accueilli le 2 mars, le le Sommet du Groupe de contact du Mouvement des pays Non Alignés (MNA) en réponse au COVID-19 qui a réuni des responsables politiques d’environ 70 pays., à l’occasion duquel le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a déclaré lors de son discours : «L’érosion des normes et principes du droit international menace davantage l’ordre international. De plus en plus de cas de violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale et d’ingérence dans les affaires intérieures des États sont observés. Soit les décisions des principales organisations internationales ne sont pas mises en œuvre, soit l’approche sélective et les doubles standards sont appliqués. Le nouvel ordre mondial est en train de se remodeler. Aujourd’hui, le monde assiste à la plus grave confrontation Est-Ouest depuis la fin de la guerre froide, avec des répercussions sur le reste du monde. En tant que deuxième plus grande institution internationale après l’ONU, le MNA devrait jouer un rôle plus visible et plus efficace sur la scène internationale et participer activement à la refonte du nouvel ordre mondial. Le MNA, qui a vu le jour en raison du processus historique de décolonisation, devrait unir ses efforts pour éliminer complètement cette page honteuse de l’humanité». Il a ainsi pointé du doigt la situation des Comores, nouvelle attaque à l’adresse de la France, en ces termes : «Le MNA a toujours fermement soutenu la souveraineté incontestable de l’Union des Comores sur l’île de Mayotte, qui continue d’être sous la domination coloniale de la France. Comme en témoignent les documents fondamentaux du MNA, nous appelons le gouvernement français à respecter les droits du peuple néo-calédonien et des autres peuples des collectivités et territoires français d’outre-mer. Les territoires administrés par la France hors d’Europe sont de vilains vestiges de l’empire colonial français. Nous appelons également la France à s’excuser et à admettre sa responsabilité pour son passé colonial et ses sanglants crimes coloniaux et actes de génocide contre les pays membres du MNA en Afrique, en Asie du Sud-Est et ailleurs». Il a également appelé à la refonte du système des Nations Unies dans le sens de l’attribution d’un siège au MNA : «La composition du Conseil de sécurité devrait être élargie pour le rendre plus représentatif et plus équitable sur le plan géographique. Un siège permanent devrait être attribué au Mouvement des pays non alignés, et le pays occupant le poste de président du Mouvement devrait avoir ce siège par rotation» et à des sièges permanents aux pays africains.
– Nikol Pachinian, le dirigeant arménien s’est rendu en visite à Berlin les 2 et 3 mars pour rencontrer le chancelier Olaf Scholz et le président Frank-Walter Steinmeier. Avec son homologue allemand, ils ont donné une conférence de presse conjointe au cours de laquelle le dirigeant allemand a déclaré : «De ce point de vue, il est nécessaire de parvenir à une résolution pacifique, du point de vue de l’intégrité territoriale de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan, ainsi que du droit à l’autodétermination des citoyens du Haut-Karabakh. Cependant, tous ces principes sont égaux».
À propos de l'auteur
Morgan Caillet
Morgan est socio-anthropologue de formation, diplômé de l’IEP d’Aix en Provence en Management interculturel et médiation religieuse et de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques en gestion de projets internationaux. Il mène une recherche indépendante sur la résolution des conflits et la construction de la paix dans la région sud-caucasienne.



