Veille géopolitique Asie Centrale – du 25 mars au 31 mars 2023

Les Nouvelles Routes de la Soie – Julie Eifler—Bolander –
D’après l’office national des Statistiques de Mongolie, le commerce extérieur mongol a augmenté en janvier et février, par rapport à la même période de l’année dernière. Le pays a eu des échanges commerciaux avec 118 pays, avec 2,2 milliards de US dollars d’exportations et 1,2 milliards d’importations. Le média Montsame a rapporté que le commerce extérieur total aurait donc augmenté de plus de 55%, avec 1,5 milliard de dollars américains de plus. Cela est particulièrement dû à l’augmentation de l’exportation de charbon et de métaux, en priorité destinés à la Chine. D’ailleurs, la Chine reste le premier exportateur en Mongolie, avec 35,5 % des importations mongoles, suivie de près par la Russie, avec 28,1%. Cependant, il est intéressant de noter que le Japon, la Corée du Sud, les Etats-Unis et l’Allemagne sont les autres exportateurs les plus importants, même si les chiffres restent trop faibles (de 2,3 à 8,7%) pour concurrencer les deux voisins de la Mongolie.
On peut donc dire que l’ouverture de nouvelles autoroutes et la modernisation des postes-frontières entre la Chine et la Mongolie, dans le cadre du projet des Nouvelles Routes de la Soie, a contribué à augmenter le commerce extérieur mongol. On voit également qu’en termes de commerce extérieur, la politique de «Troisième voisinage» la Mongolie reste relativement limitée.
– Ressources, énergie, matières premières et environnement en Asie Centrale – Audrey Colin –
Le 30 mars 2023, le ministre de l’Agriculture kazakh, Yerbol Karashukeyev, a pris la décision d’interdire les importations de blé (à l’exception du blé de semence) sur le territoire par transport routier pour une durée de six mois.
Le projet d’acte juridique reste cependant toujours en discussion jusqu’au 5 avril. Cette interdiction intervient alors que la totalité des restrictions d’importation de céréales avaient été levées en 2022. Elle s’inscrit dans un contexte où le prix du blé kazakh a chuté : de 185 000 tenges à 80 000 tenges la tonne. Ainsi, le blé russe proposé à de meilleurs prix, entre directement en concurrence avec le blé kazakh, car il est moins cher et entre souvent illégalement sur le territoire kazakh. On estime que le volume des importations grises, ou illégales, de céréales et de farines pesant sur le marché kazakh, pourrait représenter 1,5 à 2 millions de tonnes par an soit un manque à gagner pour l’Etat estimé à 500 millions de dollar par an. La plupart des importations seraient réalisées au travers de la contrebande, échappant ainsi à la TVA. Le blé serait ensuite légalisé par les fermes et réexporté vers l’Asie centrale, notamment l’Afghanistan, sans payer des prix de transit. Selon ApkInform, l’interdiction d’importer le blé russe a été demandée par des associations industrielles que sont «l’Union céréalière du Kazakhstan et l’association nationale des exportateurs KazGrain».
– Humanitaire, droit de l’homme, aide au développement et écologie en Asie centrale – Lucien Moreels –
Le 25 mars dernier, en marge de la Conférence des Nations unies sur la gestion de l’eau traitée dans la veille géopolitique d’EurasiaPeace du 18 au 24 mars, qui, d’après le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, doit déboucher sur un programme d’action en faveur d’une meilleur gestion des ressources en eau, une entrevue s’est tenue entre le président du Tadjikistan Emomali Rahmon et la directrice exécutive du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), Catherine Russell. D’après le service de press du ministère des affaires étrangères tadjik, cette rencontre, qui marque les 30 ans de coopération entre l’UNICEF et le Tadjikistan, a été l’occasion pour le président tadjik de remercier l’organisme de l’ONU pour son aide lors de la crise du COVID 19, mais aussi pour Catherine Russell de relever l’investissement du gouvernement envers la protection des droits de l’enfance et la mise en place progressive de la Convention internationale des droits de l’enfant, un traité international des Nations unies datant de 1989. La base de données en ligne Youth Policy rappelle cependant sur son site «childrightsfacts» que les châtiments corporels sont toujours légaux au Tadjikistan. Enfin, selon le média en ligne tadjik Asia Plus, Emomali Rahmon s’est engagé auprès de l’UNICEF au développement d’ici 2030 de la protection de la santé maternelle et infantile, de l’éducation, de la santé des jeunes, mais aussi à des réformes de la politique sociale et de la protection de l’enfance.
– Politique interne kirghize, tadjike et turkmène – Alexiane Pradier –
Le 30 mars, la clinique juridique «Adilet» a publié sur son site une «Lettre à l’administration du président de la République kirghize concernant les dispositions de la quatrième version du projet de loi « sur les médias de masse »». La publication de ce document fait suite à la soumission de la quatrième version du projet de la nouvelle loi sur les «médias de masse», version tout aussi critiquée que les précédentes alors que de nombreux médias comme Kloop ou 24.kg se plaignent que les «responsables n’ont pas tenu compte des commentaires et suggestions des représentants de la communauté des médias». La lettre d’Adilet va même plus loin en qualifiant cette nouvelle proposition comme ayant une «qualité inappropriée» dont les lacunes et le manque de considération «témoignent […] de la précipitation de son adoption». Ce projet de loi est vu comme néfaste d’après Kloop pour la liberté d’expression et d’opinion, deux principes garantis par la Constitution du Kirghizistan mais qui semblent de plus en plus mis en péril depuis la promulgation de la loi sur la «protection contre les informations inexactes (fausses)» qui aurait déjà permis de restreindre les activités de plusieurs médias par le biais de procès d’après 24.kg.
La situation est suffisamment alarmante pour avoir été mentionnée par le l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire des États-Unis d’Amérique en République kirghize Leslie Viguery lors de sa rencontre avec le chef du service de la politique d’information de l’administration du président de la République kirghize Daiyrbek Orunbekov comme l’indique le site officiel du Cabinet des Ministre du Kirghizistan. Daiyrbek Orunbekov a confirmé «l’engagement de la partie kirghize à protéger la liberté d’expression et les principes d’une société démocratique» mais est resté ferme quant à la position des autorités de ne pas tolérer la «diffusion de fausses informations» et de conserver «l’objectivité dans la diffusion de l’information».
– Autres formes de coopération internationale : avec organisations internationales et coopérations régionales – Sophie Marc –
Le 29 mars se sont tenues à Achgabat, la capitale du Turkménistan, des consultations politiques entre les ministères des Affaires étrangères du Turkménistan et de l’Ouzbékistan. Les deux délégations étaient respectivement dirigées par le ministre des Affaires étrangères turkmène, M. Rashid Meredov, et le ministre des Affaires étrangères ouzbek, M. Bakhtiyor Saidov, comme le rapporte le ministère des Affaires étrangères du Turkménistan.
Les échanges ont tourné autour de la coopération bilatérale entre les deux États et ses perspectives futures, notamment à travers la hausse des échanges interparlementaires, un format que les deux pays souhaitent exploiter davantage pour communiquer selon Aki.Press. A également été évoqué la coopération des deux États dans des cadres multilatéraux et le soutien mutuel qu’ils se manifestent dans les grandes organisations internationales. Le Turkménistan a notamment remercié l’Ouzbékistan pour son soutien aux Nations-Unies en co-signant plusieurs résolutions à l’initiative du Turkménistan. Leurs positions communes sur plusieurs sujets d’actualité internationaux ont également été soulignées, rappelle le média Daryo.
Les deux parties ont convenu de poursuivre leurs consultations régulières pour échanger et coordonner leurs positions respectives sur leurs sujets d’intérêt mutuel, selon AzerNews.
À propos de l'auteur
Julie EIFLER--BOLANDER
Biographie non renseignée



