Bélarus
Sécurité
Ukraine

VEILLE EUROPE DE L’EST – Du 31 décembre 2022 au 6 janvier 2023.

Publié le 07/01/2023
6 min de lecture
Par Michel Dupont
Europe

Equipe de la veille géopolitique hebdomadaire Europe de l’Est: Matisse Grenier, Sarah Wilpotte, Olivier Husson.

31/12/2022 : Une année record en matière d’investissements étrangers directs en Serbie. -Matisse Grenier-

En cette fin d’année 2022, la Banque nationale de Serbie dresse un bilan positif de l’économie, notamment en ce qui concerne les investissements directs étrangers dans le pays qui atteignent un niveau record, entre 4,3 et 4,4 milliards d’euros.

Dans son communiqué de presse de fin d’année, la Banque nationale de Serbie (BNS) se félicite de la progression ou de la stabilité des principaux indicateurs macroéconomiques du pays, malgré les multiples crises internationales venues secouer les équilibres nationaux. La BNS souligne également qu’avec le renforcement du dinar face à l’euro de 0,2%, elle est «en excédent de plus de 700 millions d’euros sur la base des interventions sur le marché des changes». Le média Cord estime que «les actions proactives de la banque centrale ont atténué les effets de la crise mondiale multidimensionnelle».

La Banque nationale de Serbie explique que la majeure partie des investissements directs étrangers sont dirigés vers l’industrie de transformation, principal secteur exportateur du pays. Ainsi, la BNS prévoit que les exportations de l’industrie manufacturière dépasseront les 23 milliards d’euros en 2022, soit 4 milliards de plus qu’en 2021. La croissance du PIB serbe en 2022 a déjà été annoncée à 2,3%. Mais 2023 pourrait être bien plus terne au vu des prévisions mondiales.

01/01/2022 : Frappes ukrainiennes à Makiïvka. – Sarah Wilpotte – 

Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, des frappes ukrainiennes ont touché un bâtiment à Makiïvka, ville de l’est de l’Ukraine. Deux versions se font face quant au bilan de soldats russes morts durant cette attaque. 

Selon le général russe Sergueï Sevrioukov, dans un message diffusé par le ministère russe de la Défense, le bilan s’élève à 89 morts. Il fait suite à une première estimation de 63 victimes de la frappe menée, selon cette déclaration, à l’aide d’un système lance-missile Himars. Le général met en avant «l’allumage et l’utilisation massive par le personnel de téléphones portables à portée des armes ennemies, contrairement à l’interdiction». Ce bilan est à l’heure actuelle le plus lourd déclaré par la Russie depuis le début de la guerre, et la première communication sur des pertes militaires depuis septembre 2022. 

Du côté ukrainien, la frappe a été reconnue. Le département des communications stratégiques annonce sur Telegram 400 morts et plus de 300 blessés. L’état-major ne donne pour l’instant pas de chiffres précis mais déclare que la frappe a détruit “jusqu’à dix” véhicules militaires. Selon l’ancien commandant séparatiste Igor Strelkov, le bâtiment a été détruit entièrement car des munitions y étaient stockées. 

Le bilan de cette frappe a provoqué de vives réactions en Russie, à la fois en lien avec la mort des soldats et les décisions du commandement militaire russe ont été pointées du doigt par la population russe.

04/01/2023 : Le Bélarus accroît sa coopération militaire avec la Russie -Olivier Husson-

A la suite des sirènes de raids aériens qui ont retenti dans toute l’Ukraine le 4 janvier, plusieurs avions russes ont été repérés en train de décoller de plusieurs aérodromes au Belarus. Selon le compte Telegram Belaruski Hayun, plusieurs avions de chasse russes ont décollé des aérodromes de Machulishchi et Baranovichi au Bélarus. De plus, le ministère de la Défense du Bélarus a déclaré le 5 janvier que la Russie et la Biélorussie prévoient d’organiser des exercices d’aviation conjoints.

La Russie exerce une forte pression sur le Bélarus pour lancer une nouvelle invasion terrestre de l’Ukraine depuis le nord. «Le personnel, les armes, les équipements militaires des forces armées de la Fédération de Russie continueront à arriver en République du Bélarus», a déclaré le ministère de la Défense. Selon un communiqué de presse du ministère de la Défense, les militaires biélorusses ont reçu un lot de véhicules blindés de transport de troupes BTR-82A, BTR-80K ainsi que des chars de dépannage comme le BREM-K.

L’avion de détection et de commandement aéroporté Iliouchine A-50 immatriculé RF-50608 est arrivé au Bélarus d’après le compte Telegram Belaruski Hayun. Auparavant cet avion était arrivé au Bélarus le 24 février 2022 juste avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Dans les premiers mois de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les A-50U ont permis à la Russie de fournir des images à haute résolution et des informations vectorielles sur les avions ukrainiens volant à basse altitude dans ces secteurs sur le front du Donbass et le sud de l’Ukraine.

5/01/2022 : Au Bélarus, le procès politique du Prix Nobel de la paix, Ales Bialiatski débute -Olivier Husson-

Le procès du militant pour la démocratie au Bélarus Ales Bialiatski s’est ouvert jeudi à Minsk. Il est accusé de blanchiment d’argent et d’avoir financé illégalement les activités de l’opposition, selon le Centre des droits de l’homme Viasna (Printemps). Il est jugé avec deux de ses collaborateurs, Valentin Stefanovitch et Vladimir Labkovitch, ils risquent jusqu’à douze ans de prison. Tous trois ont plaidé non coupable jeudi.

Ales Bialiatski, qui a créé en 1996 Viasna, a reçu le prix Nobel de la paix le mois dernier. Les deux collaborateurs d’Ales Bialiatski et lui ont été emprisonnés après les manifestations massives de 2020 contre le régime à la suite de la victoire unilatéralement proclamée à l’élection présidentielle d’Alexandre Loukachenko, qui dirige la Biélorussie depuis 1994. La journaliste bélarussienne Hanna Lubiakova a déclaré sur Twitter que Viasna avait été prise pour cible par les autorités de Minsk parce qu’elle avait aidé des victimes de la répression à payer des amendes et des avocats.

Un quatrième accusé, Dmitri Soloviev, est jugé par contumace après avoir fui en Pologne. « C’est un faux procès », a-t-il déclaré à l’AFP, « je n’ai pas confiance dans ce procès et dans ce qui va s’y passer ». Il qualifie les accusations d’absurdes : « La loi n’existe pas au Bélarus. Le processus est entièrement contrôlé par un gouvernement de gangsters ». Amnesty International a qualifié le procès « d’acte flagrant d’injustice », estimant « que les accusés ne pouvaient même pas prétendre à un semblant de justice ».

Le Bélarus comptait 1 448 prisonniers politiques à la date du 31 décembre, selon Viasna.

À propos de l'auteur

Photo de Michel Dupont

Michel Dupont

Biographie non renseignée

Auteur vérifié

Articles à lire dans cette rubrique

Etats-Unis
G7
+ 2
il y a 5 jours
En savoir plus
Albanie
Balkans
+ 3
il y a un mois
En savoir plus
Energie
Union européenne
il y a 2 mois
En savoir plus
Conflits
Droits humains
+ 4
il y a 2 mois
En savoir plus
Restez informé !

Recevez notre newsletter 4 à 5 fois par mois et restez en connexion avec l'actualité internationale.

  • Analyses mensuelles thématiques exclusives
  • Décryptage des enjeux mondiaux
  • Désabonnement facile à tout moment
Newsletter

Cultivez-vous et montez en compétences !
Recevez en exclusivité nos dernières parutions et nos offres de formation.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir nos emails.
Désabonnement en un clic