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Veille géopolitique Europe de l’est – Du 18 février au 24 février 2023.

Publié le 25/02/2023
10 min de lecture
Par Michel Dupont
Europe

20-24/02/2023 : Déplacements de plusieurs officiels occidentaux à Kiev -Séverine Ly-

Entre les 20 et 24 février, de nombreux officiels occidentaux se sont rendus en Ukraine, neuf ans après la Révolution de Maïdan et un an après l’invasion russe.

Le 20 janvier vers midi, la présence du président Biden à Kiev a été officiellement confirmée sur les réseaux sociaux respectifs des deux présidents (Telegram, Twitter, Instagram) après qu’ils aient tenu une conférence de presse au Palais Mariinky retransmise sur le compte Youtube du bureau présidentiel ukrainien et retranscrite sur le site de la Maison blanche. En fin de journée, le président Volodymyr Zelensky a rencontré la directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, a rapporté un communiqué sur le site présidentiel. Sur le même site on a appris que la présidente italienne du Conseil des ministres, Giorgia Meloni, a passé la journée du 21 janvier à Kyiv, le 23 janvier ce fut au tour de Pedro Sánchez, Premier ministre espagnol et enfin le 24 janvier celui du premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, venu commémorer la première année de guerre à grande échelle.   

Les dirigeants ont tous réaffirmé leur soutien à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, à son «processus d’adhésion» à l’UE et à «une intensification du partenariat avec l’OTAN» selon les mots de Mme Meloni. La résilience de la population a été saluée, la directrice du FMI s’est dite «extrêmement impressionnée» par le fonctionnement du pays, «C’est stupéfiant de voir (…) tout le monde – femmes, jeunes et enfants- essayant de faire quelque chose» a exprimé le président Biden. La reconstruction de l’Ukraine a été un des principaux sujets des différents échanges. La chef de l’État d’Italie a affirmé le «rôle moteur» voulu par Rome dans ce domaine et l’organisation en avril d’une conférence à ce sujet, insistant sur le savoir-faire des entreprises italiennes. Le président Zelensky a aussi abordé le Plan de relance rapide avec le Premier ministre Sánchez pour «restaurer l’espace social et les infrastructures nécessaires». Enfin, l’aide matériel militaire a été le point central des discussions. Giorgia Meloni a critiqué les pays en Europe qui «feignent de ne pas comprendre qu’une défaite de l’Ukraine ne représenterait que le prélude à une éventuelle invasion d’autres États européens» et affirmé que l’aide militaire est une aide «pour la paix». Biden a annoncé qu’au total «près de 700 chars et des milliers de véhicules blindés, 1 000 systèmes d’artillerie, plus de 2 millions de cartouches d’artillerie, plus de 50 systèmes de lance-roquettes avancés, des systèmes anti-navires et de défense aérienne» ont déjà été livrés par la cinquantaine de nations qui soutient l’Ukraine. Des chars Léopard seront fournis par l’Espagne et la Pologne. «Les soldats ukrainiens apprennent déjà à faire fonctionner ces chars en Espagne» a annoncé Pedro Sánchez. Le président Biden a aussi annoncé un accord sur l’envoi de «munitions d’artillerie pour les HIMARS et les obusiers, des Javelins, des systèmes anti blindés et des radars de surveillance aérienne». «La liberté n’a pas de prix, cela vaut la peine de se battre aussi longtemps qu’il le faudra et c’est le temps que nous resterons à vos côtés.» a-t-il conclu. 

20/02/2023 : Création d’une «milice populaire» biélorusse – Claire Aréthuse –

Le 20 février, le président biélorusse Alexandre Loukachenko a annoncé la constitution d’une «milice populaire» lors d’une réunion du Conseil de sécurité, selon l’Agence d’Etat biélorusse BelTA. Ce projet de loi élaboré par le ministère de la Défense, conjointement avec le ministère de l’Intérieur, viserait à maintenir l’ordre public dans le pays, mais aussi à défendre ce dernier en cas d’agression extérieure. Cette « milice populaire » devrait être composée de 100 000 à 150 000 volontaires disposant déjà d’une formation militaire. Néanmoins, selon le ministre biélorusse de la Défense Viktor Khrenin, les volontaires novices devraient pouvoir y être enrôlés.

L’annonce de la création de cette milice a fait grand bruit, dans un contexte international déjà tendu du fait de la guerre en Ukraine. En février 2022, le président Alexandre Loukachenko avait autorisé son voisin russe à passer par la Biélorussie pour envoyer des troupes en Ukraine. Attitude considérée par l’Occident comme un soutien au régime de Vladimir Poutine, les Etats-Unis et l’Union européenne avaient imposé des sanctions financières et économiques à la Biélorussie, selon le site du Ministère de l’Europe et des affaires étrangères français.

Selon le journal Reuters, la crainte que le président russe Vladimir Poutine ne pousse la Biélorussie à entrer dans le conflit serait encore bien présente, malgré l’assurance du président Alexandre Loukachenko qu’il n’interviendrait que si son pays est attaqué.

21/02/2023 : Découverte d’un document russe détaillant un plan de contrôle total sur la Biélorussie. -Sarah Wilpotte-

Le 21 février, le média ukrainien The Kyiv Independent, en collaboration avec le média estonien Delfi, le média britannique Dossier Center, le média suédois Expressen, les trois médias polonais Frontstory.pl, VSquare et Belarusian Investigative Center, le média allemand Westdeutscher Rundfunk et le média américain Yahoo News, a déclaré avoir découvert un document de 17 pages intitulé « Objectifs stratégiques de la Fédération de Russie dans la direction de la Biélorussie » détaillant le plan russe de « soumettre la Biélorusse et démanteler son indépendance », en « prenant le contrôle complet des sphères politiques, économiques et militaires biélorusses d’ici la fin de la décennie », c’est-à-dire avant 2030. D’après le média, la Biélorussie selon ce document adopterait par exemple la même monnaie et le même système de taxe que la Russie, avec une sphère médiathèque contrôlée également par cette dernière, et l’armée de la même façon. La production militaire serait également transférée à la Russie. Ce plan consisterait selon le média ukrainien en trois phases progressives, avec trois dates clés : 2022, 2025 et finalement 2030.

Selon The Kyiv Independent, le document viendrait du département du Kremlin de coopération transfrontalière. Concernant son authenticité, le média rapporte qu’un responsable du renseignement d’un État membre de l’OTAN aurait déclaré ce document «crédible et authentique»

21/02/2023 : Le commandant Wolf, accusé pour crime de guerre et crime contre l’humanité, nie sa culpabilité – Fiona Bessioud –

Pjeter Shala, plus communément dénommé Commandant Wolf, a plaidé non coupable de tous les chefs d’accusation le concernant ce lundi 21 février. L’ancien membre de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) est jugé via le tribunal spécial pour le Kosovo à la Haye pour crime de guerre et crime contre l’humanité. Parmi ces crimes, la torture, le traitement cruel, le meurtre et la détention arbitraire sont mentionnés. Alors qu’il est désormais condamné pour 26 ans d’emprisonnement, ce dernier a pourtant déclaré dès l’ouverture de son procès : « Je n’accepte rien, tout est fabriqué». Ces exactions ont été commises contre des détenus à l’usine métallurgique de Kukës, dans le contexte du conflit armé ayant eu lieu en grande partie entre l’UCK, les forces de la République Fédérale de Yougoslavie et la République de Serbie, entre 1998 et 1999. 

Pjeter Shala n’a pas été le seul concerné par une mise en accusation.  Cela a été le cas également pour quatres anciens hauts responsables présumés de l’UCK, comme Hashim Thaçi, ancien président du Kosovo. D’après le bureau du procureur spécialisé, son jugement aura lieu à partir du 3 avril pour connaître son degré d’implication et de responsabilité quant à certaines exactions commises contre des personnes non belligérantes. La présentation des preuves, quant à elle, est prévue à partir du 11 avril 2023. 

21/02/2022 – Vladimir Poutine annule un décret relatif à la politique étrangère de la Russie en Transnistrie : une nouvelle étape dans la potentielle déstabilisation de la région – Fiona Bessioud – 

Ce mardi 21 mai, Vladimir Poutine a annulé le décret du 7 mai 2012 qui spécifiait les conditions de l’application de sa politique étrangère concernant la Transnistrie. Via ce document, la Fédération de Russie s’engageait à «continuer à participer activement à la recherche de moyens de résoudre le problème de la Transnistrie sur la base du respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de la neutralité de la République de Moldavie »

De manière plus générale, par cette décision, l’accord de paix conclu entre les deux pays en 1992 semble devenir bancal et mis à mal dans un contexte où la Russie a envahi l’Ukraine depuis maintenant un an. En réponse, les pays membres de l’OTAN ont demandé dès le lendemain le retrait des forces militaires de la Russie – en Ukraine – mais aussi en Moldavie et en Georgie. Cette information a été diffusée et soutenue sur Twitter par Anatol Taranu, un ancien député européen moldave. Actuellement, environ 1 700 soldats russes sont basés en Transnistrie, et ce, depuis 1992. 

24/02/2023 : En accueillant les représentants de l’OTAN et de l’UE à Tallinn pour la fête d’indépendance du pays, l’Estonie renouvelle son soutien à l’Ukraine – Fiona Bessioud – 

Dans le cadre de la fête de l’indépendance de l’Estonie ayant eu lieu ce 24 février, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg et la Présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen, se sont déplacés à Tallinn. Ces déplacements ont été l’occasion d’échanger une nouvelle fois sur la situation en Ukraine et sur les enjeux relatifs à la sécurité de l’Estonie. 

Ainsi, Kaja Kallas, première ministre du pays, en a profité pour tenir une conférence de presse. Elle a rappelé que «la menace que représente la Russie est une menace à long terme» et a évoqué la nécessité que les pays européens et les pays membres de l’OTAN continuent de se soutenir malgré les stratégies d’influence russe via la guerre hybride.  Finalement, elle a déclaré que «la place de l’Ukraine est dans l’Union Européenne et, après la fin de la guerre, dans l’OTAN». Cette prise de position claire a en partie pour objectif de montrer que les soutiens pour l’Ukraine ne faiblissent pas et que la Russie doit être encore plus isolée diplomatiquement. 

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