Situation au Karabakh – Point de situation au 01/12/23

Suite à la visite de la délégation de l’UE en Arménie entre le 27 et le 29 novembre, un communiqué a été publié qui annonce des investissemnce économique et sociale de l’Arménie à long terme». Les axes de coopération à venir concernent la justice et la police, les et la ments renforcés de l’UE dans les domaines de l’énergie, des transports, du numérique, et de la recherche et de l’ innovation de manière à «répondre aux besoins immédiats et permettre l’intégration des Arméniens déplacés du Karabakh, ainsi que pour renforcer la résilieobilité, la sécurité et la défense. Un dialogue concernant la libéralisation des visas et une coopération entre l’Arménie et l’agence Frontex sont également envisagés.
Le ministre des Affaires étrangères arménien, Ararat Mirzoyan, a profité de son séjour à Skopje, la capitale de Macédoine du nord, où se tenait le sommet ministériel de l’OSCE les 30 novembre et 1er décembre, pour invectiver son voisin azerbaïdjanais en dénonçant « neuf mois de siège inhumain » et un « déplacement forcé massif de sa [du Haut-Karabakh] population indigène ». Mais au-delà il a gravement accusé l’Azerbaïdjan en ces termes : « Aujourd’hui, l’ensemble du territoire souverain de la République d’Arménie est devenu la cible de notre voisin » persistant à ne vouloir utiliser que « les cartes de l’état major de l’URSS de 1974-78 » pour la délimitation officielle de la frontière entre les deux pays, qui sont, à n’en pas douter tout à l’avantage de l’Arménie. Il a simultanément réitéré son concept de « Carrefour de la Paix ».
Il est à noter l’absence de l’Arménie du sommet de l’OTSC le 23 novembre à Minsk et à la 11ème réunion des secrétaires des Conseils de sécurité des États membres de la CEI, tandis qu’elle a accueilli du 18 au 20 novembre la 21ème réunion d’automne de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE à laquelle l’Azerbaïdjan, la Russie et la Turquie étaient absents.
L’Arménie aurait, par ailleurs, reçu le premier lot de véhicules blindés de transport de troupes français « Bastion » fabriqués par Arquus Defence / ACMAT, selon plusieurs messages apparaissant sur les médias sociaux ou la presse française, ce qui est vivement critiqué par l’Azerbaïdjan qui, lui, aurait acquis récemment auprès d’Israël, « des systèmes de défense aérienne Barak MX supplémentaires de fabrication israélienne dans le cadre d’un accord de 1,2 milliard de dollars » selon Defence Industry Europe.
Suite aux discussions des 27 et 28 novembre entre le secrétaire d’État états-unien et successivement le président azerbaïdjanais et le Premier ministre arménien, la partie azerbaïdjanaise a fait savoir que « les dernières déclarations et mesures prises par les États-Unis avaient gravement porté atteinte aux relations » entre leurs deux pays, faisant allusion à l’annulation de la visite états-unienne suite aux déclarations du secrétaire d’État adjoint James O’Brien devant la sous-commission sur l’Europe de la Chambre des représentants le 15 novembre. Le président Ilham Aliev a finalement accepté la visite de la délégation états-unienne en décembre dans son pays « à condition qu’après cette visite, l’interdiction infondée des visites de hauts responsables azerbaïdjanais aux États-Unis soit levée ».
Du côté de la Russie, le porte parole du Kremlin Dimitri Peskov a déclaré « un certain nombre de pays tentent toujours de déstabiliser la situation autour du Karabakh [ …] qu’ils essaient de nous chasser de là, oui, nous le savons. Mais jusqu’à présent, personne, à l’exception de la Russie, n’est en mesure de jouer le rôle de garant de la paix et de la stabilité dans la région. Et la Russie poursuit ses efforts ».
Le 27 novembre , Bakou accueillait la 10ème réunion trilatérale entre les ministres de la Défense de l’Azerbaïdjan, de la Turquie et de la Géorgie pendant que Moscou accueillait la 4ème réunion du Conseil d’experts russo-azerbaïdjanais sur le thème « L’interaction entre la Russie et l’Azerbaïdjan dans le contexte du développement post-conflit dans le Caucase du Sud ».
Tandis que le processus de signature d’un traité de paix et de délimitation effective et internationalement enregistrée entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie patine toujours, le rapprochement de l’Arménie avec l’UE et les États-Unis s’approfondit tandis que l’Azerbaïdjan, leader du Mouvement des Non Alignés, se retrouve avec la Russie dans une critique de l’intrusion occidentale des États non régionaux et qu’elle poursuit ses actives collaborations avec ses proches voisins turcs et géorgiens. A noter la première livraison d’armes de la France à l’Arménie ce mois-ci : une démarche destinée à relancer un conflit en voie d’extinction… ?
À propos de l'auteur
Morgan Caillet
Morgan est socio-anthropologue de formation, diplômé de l’IEP d’Aix en Provence en Management interculturel et médiation religieuse et de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques en gestion de projets internationaux. Il mène une recherche indépendante sur la résolution des conflits et la construction de la paix dans la région sud-caucasienne.



