Sécurité, Défense et conflits frontaliers en Asie Centrale – Point de situation au 12/06/23

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux et devenue virale dans le pays le 5 juin dernier, l’organisation en charge du contre-terrorisme et de la lutte contre le crime organisé au Kirghizistan à savoir le comité national de sécurité de l’état (UKMK) s’est filmé en train d’arrêter plusieurs individus soupçonnés de vouloir renverser le gouvernement en place.
Pour ce faire, ceux-ci avaient prévu d’organiser des manifestations puis de profiter du chaos ambiant pour s’infiltrer par la force dans les lieux de pouvoir et abolir le régime en place.
Le lendemain, cette même organisation a précisé dans un communiqué que plus de 30 participants au complot se sont vu arrêtés et transportés au tribunal afin de pouvoir être jugés. Mais également, que les principaux organisateurs étaient tous des cadres du parti politique Eldik Kenesh (Le Conseil du Peuple). Incluant le chef du parti Roza Nurmatova qui aurait déjà reconnu avec quatres de ses complices sa culpabilité dans l’affaire. Là encore d’après l’UKMK les preuves audio, vidéos et matériels sont indiscutables et ont été récolté durant plus d’un an sous la direction du tribunal compétent.
Il est cependant à noter que certaines ONG et acteurs politiques locaux remettent en question la légitimité de ces arrestations. En effet, même si le Kirghizistan est reconnu comme la seule démocratie de la région, depuis quelques mois le gouvernement a fait emprisonner un certain nombre d’opposants notamment dans le cadre de l’affaire du réservoir Kemper-Abbad. Remettant en question pour certains la volonté du Kirghizistan de conduire une justice équitable et fiable.
À Choplon-Ata au Kirghizistan ce 02 juin s’est tenu la seconde rencontre entre Charles Michel, le Président du Conseil de l’Europe, et quatres des cinq chefs d’État d’Asie Centrale. À savoir le Président du Kazakhstan Kassym-Jomart Tokayev, le Président du Tadjikistan Emomali Rahmon, le Président de l’Ouzbékistan Shavkat Mirziyoyev et hôte de l’événement le Président du Kirghizistan Sadyr Japarov. Tandis que le Turkménistan lui a envoyé un représentant ministériel en la personne de Nurmuhammet Amannepesov. Cette rencontre a provoqué des avancées considérables en matière de coopération ainsi que de relations amicales entre les États de la région et l’Union Européenne. Même si l’axe sécurité-défense a été mis au second plan, quelques points ont été abordés au cours des échanges.
Dans un premier temps au cours une déclaration commune les participants ont notamment exprimé « leurs engagement continus à respecter la Charte des Nations unies, en particulier les principes de respect de l’indépendance, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de tous les pays, de non-recours à la menace ou à l’emploi de la force et de règlement pacifique des différends internationaux. » Une déclaration faisant écho à la volonté des chefs d’État d’apaiser les tensions traversant les espaces frontaliers de la région.
Les participants sont également revenus sur la situation de l’Afghanistan et sur le travail de la quatrième réunion des représentants spéciaux et des envoyés spéciaux de l’UE et de l’Asie centrale pour l’Afghanistan, qui s’est tenue les 25 et 26 mai à Ashgabat. Soulignant toujours dans le même communiqué la volonté commune de voir « l’Afghanistan devenir un pays sûr, pacifique, stable et prospère ». Tout en soulignant la nécessité de combattre la diffusion des idéologies terroristes dans la région.
Enfin, Sadyr Japarov a tenu a évoqué la situation en Ukraine, celui-ci se disant « préoccupé par la nouvelle course à l’armement et par l’apparition de foyers de tension dans différentes parties du monde », celui-ci a remis sur la table un arrêt du conflit le plus rapidement possible via des négociations. Une position non partagée par le président du Conseil de l’Europe qui a cependant indiqué comprendre le point de vue des États d’Asie Centrale.
Déjà le fruit d’une précédente veille d’EurasiaPeace, la visite en Italie du président ouzbek Shavkat Mirziyoyev ce 8 juin a été une très belle opportunité afin de relancer la coopération en matière de sécurité entre les deux pays. En effet, le chef d’État a été reçu à l’aéroport par le ministre de la Défense Guido Crosetto, qui l’avait déjà rencontré fin avril dernier lors d’une mission à Tachkent relaté également dans l’une de nos précédentes veilles. Occasion en or pour discuter sécurité et défense sur le trajet. Par la suite, parmi les multiples accords signés au cours de cette visite, les deux parties ont dans une déclaration commune indiqué le « renforcement et l’élargissement de la coopération militaire et technico-militaire au niveau bilatéral ». Avec une implémentation prochaine dans les domaines de l’échange d’informations, de la coopération judiciaire ainsi que du combat contre le crime organisé, le terrorisme et le trafic de drogue.
À propos de l'auteur
Maxime Delaye
Biographie non renseignée



