Relations OTAN-UE et pays neutres et ex-neutres – Point de situation au 17/10/2023

Le 11 octobre 2023 commençait à Bruxelles la réunion des 31 ministres de la Défense des pays membres de l’OTAN (MSN). Ils ont évoqué la situation au Proche-Orient depuis l’attaque du Hamas sur Israël, mais aussi la guerre qui continue entre Russie et Ukraine. Le président ukrainien Volodomyr Zelensky était également présent. A l’approche de l’hiver, la perspective de voir la Russie utiliser à nouveau le chantage au gaz préoccupe l’Alliance atlantique.
Le président de l’Ukraine a déjà obtenu des résultats concrets, notamment la promesse par la Belgique de livrer des F-16.
_ Le 15 octobre 2023, les Polonais votaient pour renouveler leurs 560 parlementaires (460 membres de la Diète et 100 membres du Sénat).
L’élection est marquée par l’opposition frontale entre le parti au pouvoir, le PiS (Droit et Justice), et la Plateforme civique, parti dirigé par Donald Tusk. Celui-ci est accusé par Jaroslaw Kaczynski, chef du PiS et ancien Premier ministre, d’être un ennemi de la nation et du catholicisme. En sens inverse, la Plateforme civique attaque le PiS sur le décalage entre un discours violemment anti-migrants et une efficacité remise en cause dans sa protection effective des frontières. L’élection marque la plus grosse participation depuis la fin de la dictature communiste en 1989, avec 74,25% (Le Monde).
La coalition gouvernementale « Droite unie », bien qu’arrivée en tête, a enregistré un net recul par rapport aux élections de 2019, et perd la majorité absolue. La Plateforme civique n’est donc pas majoritaire, mais elle a la possibilité d’obtenir la majorité en faisant une alliance avec La Gauche et avec Troisième voie. Quant au PiS, même s’il faisait alliance avec le parti d’extrême droite Confédération, il n’obtiendrait que 211 sièges cumulés, contre 249 pour la coalition progressiste (Le Monde).
Le même jour, les électeurs devaient voter pour un quadruple référendum organisé par le PiS au pouvoir. Quatre questions étaient posées sur une éventuelle privatisation d’entreprises publiques, le passage de l’âge de départ à la retraite de 65 à 67 ans, la fin de la barrière anti-migration à la frontière biélorusse, et la signature du Pacte migratoire européen. Le but explicite du gouvernement national-conservateur de Mateusz Morawiecki était de désavouer ces positions attribuées à l’opposition libérale et progressiste, menée par la Plateforme civique. Mais l’opposition a boycotté ce quadruple référendum : les résultats écrasants ont été inutiles, puisque la participation n’a pas atteint le quorum de 50% (La Croix). Il s’agit donc là encore d’une défaite pour le PiS.
Le 17 octobre, la fin du dépouillement par la Commission électorale a confirmé la victoire des partis de la gauche et du centre, qui ont bénéficié d’un vote de rejet de la politique conservatrice du PiS. Les organisations féministes se sont notamment mobilisées contre la loi très restrictive contre l’avortement (France Info).
En revanche, la coalition de gauche ne semble pas pouvoir disposer de la majorité des trois cinquièmes nécessaires pour passer outre le veto présidentiel. Cela limitera sa marge de manœuvre tant qu’Andrzej Duda conserve la présidence, en attendant l’élection présidentielle de 2025.
Sur le plan international, la Pologne semble donc aller vers un rapprochement avec les orientations communes du reste de l’Union européenne. Mais la politique très atlantiste et anti-russe des nationalistes conservateurs ne sera pas nécessairement remise en cause par un gouvernement progressiste, ce qui n’a pas échappé au Kremlin (Sud-Ouest).
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Etienne Mathieu
Biographie non renseignée



