Relation Géorgie – UE / US / Russie / Ukraine et politique intérieure géorgienne – Point de situation au 31/03/23

Cette semaine en Géorgie, la scène médiatique à été marquée par l’intervention face au parlement du Premier ministre Irakli Garibashvili, rediffusée sur la chaîne youtube du parlement, au soir du 24 mars. Il y avait fustigé l’opposition et sa volonté de former une «cinquième colonne», «extrémiste», afin de «déstabiliser» le gouvernement et favoriser le retour de l’ancien président, Mikheil Saakashvili, actuellement incarcéré. Il a d’ailleurs comparé ce dernier au terroriste norvégien Anders Breivik, dans une interview publiée sur la page Facebook du gouvernement. Cela, alors que le gouvernement norvégien a annoncé décerner un prix des droits de l’homme à l’ancien dirigeant, valant à son ambassadeur en Géorgie d’être convoquée le 28 mars par La ministre des affaires étrangères Lasha Darsalia. Le site agenda.ge a déclaré que le Premier ministre et le Président du parlement, Shalva Papuashvili, ont salué l’initiative de la création d’un bureau anti-corruption dans le pays. Cela intervient évidemment dans le cadre de la reprise récente des négociations avec l’Union Européenne.
L’Union Européenne, dans la continuité de sa volonté de contrer l’invasion russe en Ukraine, à également décidé de renforcer son soutien militaire non létal à la Géorgie, avec une aide d’un montant d’environ 30 millions d’euros, comme l’a indiqué le média Radio Free Europe sur son site. Le site agenda.ge rapporte que le 28 mars a eu lieu une visite de l’APCE (Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe). Les co-rapporteurs de cette délégation ont pu dialoguer avec le Premier ministre mais également des membres de l’opposition, au sujet des réformes nécessaires à appliquer. Ils ont également témoigné du «soutien du Conseil de l’Europe» au titre de la nouvelle candidature géorgienne à l’entrée dans L’UE.
Dans son intervention au parlement géorgien synthétisée par le site civil.ge, Irakli Garibashvili s’est opposé à l’ouverture d’un «deuxième front» face à la Russie, arguant que le parti au pouvoir (Rêve Géorgien) n’était en aucun cas «belliqueux» malgré l’occupation russe persistant dans la région ossète du sud, et que le pays ne possédait à l’heure actuelle «aucune garantie de sécurité». Il y a également déclaré que le gouvernement Ukrainien souhaitait l’ouverture de ce deuxième front, au prix de la stabilité du pays, et a jugé qu’un «bain de sang», alimenté par «les ennemis externes et internes» avait été évité. Cependant, il a indiqué être pleinement conscient de la menace grandissante d’une «troisième guerre mondiale» et de la «menace nucléaire» que fait peser ce conflit depuis plus d’un an. De plus, le ministère des Finances à démenti dans un communiqué publié sur sa page Facebook, une allégation des services de renseignements ukrainiens quant à l’implication de la Géorgie dans une contrebande en vue de soutenir l’invasion russe.
La présidente actuelle, Salomé Zurabishvili, à quant à elle présenté son discours annuel devant le parlement, rediffusé sur la page Facebook de ce dernier le 31 mars, durant lequel elle a vivement critiqué la politique du gouvernement de Rêve Géorgien, qu’elle a publiquement accusé de «renforcer le pouvoir» et non la démocratie. Elle a fait part de son incompréhension concernant le manque d’implication du parti au pouvoir pour tendre vers le modèle européen en prononçant la phrase : «Pourquoi n’entendez-vous pas la forte volonté du peuple ?». Enfin, elle a annoncé s’exprimer au Parlement européen le mois prochain pour exprimer les «volontés du peuple géorgien».
À propos de l'auteur
Leonard Monce
Biographie non renseignée



