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Relation Géorgie – UE / US / Russie / Ukraine et politique intérieure géorgienne – Point de situation au 29/06/23

Publié le 29/06/2023
6 min de lecture
Par Constant Henrio
Asie Centrale et sud-Caucase

Les relations américano-géorgiennes se sont développés, notamment par une rencontre officielle entre le Premier ministre géorgien et le gouverneur de l’État américain de Géorgie, Brian Kemp, le 16 juin afin de se féliciter du « partenariat stratégique et de la dynamique de coopération fructueuse entre les gouvernements géorgien et américain » tout en établissant leurs volontés « d’étendre le partenariat dans divers domaines » comme l’économie.

De plus, le 23 juin, « la coopération en matière de sécurité nucléaire et les étapes de la Géorgie vers l’intégration européenne » ont été les thèmes de discussion lors d’une réunion entre le ministre géorgien des Affaires étrangères et la sous-secrétaire américaine à la sécurité nucléaire, selon le journal géorgien Agenda. La confiance en la stabilité de cette relation bilatérale peut être accrue dans l’esprit de certains hommes politiques géorgiens, comme Girogi Vashadze, chef du parti politique Strategy Builder, qui a affirmé le 26 juin que « L’Amérique, nos partenaires sont à nos côtés, et personne ne nous abandonnera face à la Russie », à la suite d’une rencontre avec des représentants du Sénat, du Congrès et du Conseil de l’Atlantique. La participation des professionnels du département des garde-côtes géorgiens à l’opération de sécurité maritime Sea Guardian de l’OTAN, ratifié le 26 juin, a représenté une application pratique de cette relation bilatérale dans un champ de relations multilatérales. Les relations multilatérales avec l’UE ont également été développées, notamment par l’obtention du statut d’observateur auprès du Comité européen de la protection des données par le service géorgien de protection des données personnelles le 20 juin.

De plus, la Géorgie a développé ses relations bilatérales avec des pays européens afin de trouver des soutiens dans le cadre de son processus pour obtenir le statut d’État membre à l’Union Européenne. Ainsi, Irakli Garibashvili a rencontré la présidente de la Chambre des représentants belge, Eliane Tllieux, le 14 juin, dans le but de parler de « la perspective de l’intégration de la Géorgie à l’Union Européenne ». Ilia Darchiashvili a lui rencontré le 21 juin, Sean O Fearghail, le président de la Chambre basse du Parlement irlandais, afin de discuter « du processus d’intégration de la Géorgie à l’Union Européenne » et du rôle de l’Irlande en tant que « partisan actif » pour l’obtention du statut de candidat à l’UE pour la Géorgie. Aussi, le 20 juin a été l’occasion pour le président du Parlement géorgien, Shalva Papuashvili, de rencontrer le secrétaire d’État allemand au ministère allemand des Affaires économiques et de l’Action pour le climat afin de discuter de l’intégration européenne de la Géorgie et plus précisément des « réformes menées avec succès par le gouvernement géorgien sur la voie de l’UE et le processus de respect des obligations au titre de l’accord d’association UE-Géorgie ». Enfin, des fonctionnaires du Parlement géorgien ont rencontré le 20 juin le secrétaire d’État du ministère letton des Affaires étrangères afin de discuter « de la mise en œuvre des conditions de l’UE pour l’octroi au pays [Géorgie] du statut de candidat à l’adhésion ».

C’est donc l’ensemble de l’administration gouvernementale qui s’est mobilisée afin d’obtenir des soutiens des pays membres de l’UE dans le processus menant jusqu’à décembre, date à laquelle le statut d’État candidat sera ou non attribué à la Géorgie. Dans ce contexte d’objectif commun, la présidente de la Commission parlementaire de l’intégration européenne du Parlement géorgien, Maka Botchorishvili, « a exhorté […] l’opposition nationale et les organisations de la société civile à «abandonner les actions destructrices» et à «se tenir aux côtés du gouvernement» pour garantir au pays l’adhésion à l’UE ». Cet appel répond-il à une volonté sincère de maximiser les chances géorgiennes dans le processus européen ou alors cache-t-il une volonté de légitimer une baisse des contre-pouvoirs en Géorgie ?

Outre ces relations bilatérales et multilatérales, le pouvoir géorgien a tenté d’améliorer sa communication envers les institutions européennes, alors que le 27 juin a représenté le 9e anniversaire de l’accord d’association avec UE-Géorgie qui a donné lieu « à un mouvement cohérent vers l’intégration éventuelle de la Géorgie dans l’UE » selon Irakli Garibashvili. Cette volonté d’améliorer la communication géorgienne envers l’UE a été représentée par la rencontre entre le Premier ministre géorgien et Oliver Vàrhelyi, commissaire européen chargé du voisinage et de l’élargissement, au cours de laquelle Irakli Garibashvili a affirmé « la dynamique positive du pays [Géorgie] dans la mise en œuvre des priorités définies par l’UE ». Cela a semblé porter ses fruits si l’on en croit le président du Conseil européen, Charles Michel, qui a affirmé le 23 juin, constater « une impulsion positive en faveur des réformes » en Géorgie, malgré les épisodes de la réforme sur les « agents de l’étranger », la réouverture des vols directs entre Tbilissi et Moscou ou encore l’actuelle crise de libertés du secteur culturel et plus précisément cinématographique.

Cependant, il paraît il y avoir des contraintes dans le processus européen de la Géorgie, comme cette déclaration d’Oliver Vàrhelyi le 22 juin qui a allégué que « 3 priorités européennes ont été remplies […] les 9 autres semblent être en cours ». Il ne reste que 5 mois à la Géorgie pour remplir ces priorités. De plus, les relations entre la Géorgie et la Russie représente une limite. Ainsi, comme l’a déterminé le ministre des Affaires étrangères géorgien, Ilia Darchiashvili, le 16 juin, « la politique étrangère du pays [Géorgie] avec les pays voisins était axée sur des «relations équilibrées» » pour promouvoir la paix et la sécurité dans la région, ayant engendré la nécessité de garder le contact avec le voisin russe. Cependant, Irakli Kobakhidze, chef du parti au pouvoir Rêve géorgien, a déclaré le 20 juin que « les relations actuelles [de la Géorgie] avec la Russie n’allaient pas au-delà des relations commerciales et économiques ». Pour reprendre cette idée, « le service des recettes du ministère des Finances de Géorgie a déclaré que [la Géorgie] s’était «pleinement conformé» aux sanctions internationales imposées à la Russie » suite à son intervention en Ukraine, et que « toutes les procédures douanières «avaient été strictement contrôlées»». Le ministre de l’Économie géorgien, Levan Davitashvili a même affirmé le 26 juin que « la Géorgie était un «partenaire exceptionnellement fiable» pour l’UE, le Royaume-Uni et les États-Unis dans l’application des sanctions internationales exigées à la Russie ».

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