Relation Géorgie – UE / US / Russie / Ukraine et politique intérieure géorgienne – Point de situation au 24/03/23.

La situation intérieure de la Géorgie depuis la récente crise politique et parlementaire semble se tasser peu à peu. Cependant, des tensions demeurent. Ainsi, le «mouvement étudiant de mai» a publié sur son compte Facebook une déclaration signalant des abus de la police géorgienne, ayant collecté aléatoirement des informations personnelles au sein de l’université d’État de Tbilissi, tout en intimidant les étudiants afin de les dissuader de protester. Le ministère de l’éducation et des sciences a démenti, sur son compte Facebook également, assurant recevoir les étudiants concernés pour assurer une médiation. Le site Civil.ge a rapporté quant à lui des défections, des limogeages et des changements de poste au sein de la majorité parlementaire du parti «Rêve Géorgien», suite au non-respect des consignes de votes sur le projet de loi sur l’influence étrangère, abandonné par la suite. De plus, le site Agenda.ge a rapporté les propos du premier ministre Irakli Garibachvili lors de son discours du 24 mars, dans lequel il a affirmé la position de son gouvernement pour préserver les intérêts nationaux. Il a également tenté de justifier l’action de son gouvernement par la «prospérité» économique qui en a résulté. Enfin, dans un communiqué publié sur son site, en date du 24 mars 2023, le gouvernement géorgien a assuré la mise en place d’une «stratégie nationale de protection des droits de l’homme pour 2022-2030». L’adoption de ce texte reposerait sur une approbation parlementaire et «une implication multisectorielle», dont la composition n’a pas été détaillée. Ce texte, comme l’a affirmé le gouvernement, sera le vecteur d’une «politique systématique et à long terme de protection des droits de l’homme». Ce texte semble étroitement lié, dans le contexte actuel, à la reprise des négociations portant sur la candidature de la Géorgie à l’UE.
La question géorgienne est également un sujet de préoccupation sur la scène internationale. Tout d’abord, à la suite de plusieurs dénonciations publiques de l’action des ONG par le gouvernement, celles-ci ont salué la mise en place d’une une évaluation intermédiaire de la mise en œuvre par la Géorgie des 12 priorités pour le statut de candidat par la Commission Européenne, comme le rapporte le site Civil.ge. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a appuyé, sur son compte twitter, la nécessité de respecter un certain nombre de «conditions avant de lui accorder le statut de candidat». Le ministre des Affaires étrangères géorgien Ilia Darchiashvili s’est quant à lui rendu à Bruxelles, la capitale européenne, afin de rencontrer plusieurs responsables de l’UE et de l’OTAN comme l’a indiqué le ministère sur son compte Facebook. Le gouvernement géorgien également évoqué sur son site, la rencontre entre Irakli Garibashvili et la délégation européenne le 23 mars 2023. Malgré ces rapprochements visibles, il a dénoncé, lors d’une interview télévisée retransmise en direct sur la page Facebook du gouvernement, une objectivation des causes défendues par les ONG par le Département d’Etat américain, à l’occasion de la publication de son rapport annuel 2022 sur la situation des droits de l’homme en Géorgie. Cela constitue un élément visible des tensions qui demeurent au sujet des droits de l’homme et de l’action des ONG sur le territoire géorgien.
À propos de l'auteur
Leonard Monce
Biographie non renseignée



