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Processus de résolution du Conflit du Karabakh – Point de situation au 30/06/23

Publié le 30/06/2023
5 min de lecture
Par Morgan Caillet
Asie Centrale et sud-Caucase

Le 27 juin, Washington a accueilli une nouvelle série de pourparlers de paix, commentée en ces termes le 26 juin par Matthew Miller, le porte-parole du Département d’État américain: «Nous continuons de croire que la paix est à portée de main». Si la partie arménienne a parlé de «retrait des troupes de la frontière», la partie azerbaïdjanaise a parlé uniquement de «retirer les forces armées arméniennes», les deux déclarations des ministères des Affaires étrangères suite aux rencontres séparées avec Anthony Blinken faisant état des propos habituels. Des réunions trilatérales avec le secrétaire d’État états-unien Antony Binken et le conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, Jake Sullivan, ont eu lieu les 27 et 28 juin.

Peu avant, ces rencontres, le ministère arménien des Affaires étrangères avait publié le 24 juin une déclaration réclamant «des discussions directes et substantielles entre Bakou et Stepanakert avec une participation internationale» tandis que la partie azerbaïdjanaise avait répondu le lendemain : «l’Azerbaïdjan fait des efforts pour la réintégration des résidents arméniens, et il est nécessaire de mettre fin à l’ingérence de l’Arménie dans le processus sous divers prétextes, ainsi qu’à son obstruction destructrice».

Suite à la mort de 4 soldats de l’«Armée de Défense du Haut-Karabakh» le 28 juin, l’«Assemblée nationale d’Artsakh» a vivement critiquée les négociations de Washington par voie d’une déclaration en les qualifiant d’«imitation de la formation d’un climat propice à l’établissement d’une paix et d’une stabilité durables dans la région, soi-disant dans le cadre d’efforts internationaux» appelant à des sanctions internationales du Conseil de Sécurité de l’ONU et du groupe de Minsk de l’OSCE contre l’Azerbaïdjan «pour arrêter les actions anti-humaines et génocidaires de l’Azerbaïdjan de manière beaucoup plus forte» et surtout à l’arrêt immédiat des négociations aux pourparlers de Washington.

Le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a répondu par la voix de son porte-parole sur Twitter: «les forces azerbaïdjanaises n’ont pris que des mesures de représailles contre une action militaire qui a blessé un militaire de l’Azerbaïdjan. Le principal facteur de déstabilisation dans la région est l’armée arménienne. Ces forces arméniennes contraires au droit international et aux obligations de la déclaration trilatérale n’ont pas été entièrement retirées d’Azerbaïdjan».

Un échange de message via Twitter a pu être remarqué entre Vaqif Sadiqov, ambassadeur azerbaïdjanais auprès de l’UE, et Nathalie Loiseau, présidente de la sous-commission sécurité et défense du Parlement européen, entre le 22 et le 26 juin, le premier publiant sur Twitter le message suivant peu après la visite d’une délégation de cette même sous-commission en Arménie et à l’entrée du couloir de Latchin  : «Le fusil de précision anti-matériel Istiglal IST-14.5 produit en Azerbaïdjan a une portée de tir effective d’environ 3 000 m. Les gars, restez à l’écart de la frontière de l’État azerbaïdjanais…» et la seconde répondant plusieurs jours plus tard via le même média social : «Est-ce une menace envers les députés européens ? Cela vient-il vraiment d’un «diplomate» azerbaïdjanais? À quel niveau la diplomatie azerbaïdjanaise est-elle tombée ? Ne pas respecter une décision de la CIJ et prendre 120 000 êtres humains en otage, il n’y a pas de quoi être fier. Est-ce ce qui vous fait perdre vos nerfs ? Nous, Européens aux valeurs fortes, ne sommes pas impressionnés. Nous continuerons à soutenir la paix et le respect du peuple du Haut-Karabakh».

Il est à noter que l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a adopté le 22 juin par 48 voix pour, 16 contre et 3 abstentions la résolution 2508 (2023) intitulée «Garantir un accès libre et sûr au corridor de Latchin» appelant à une «implication internationale neutre» dans le dialogue entre Bakou et Stepanakert.

Par ailleurs, lors de sa rencontre avec des représentants de la communauté arménienne à Marseille au cours de son récent déplacement de 3 jours, Emmanuel Macron aurait déclaré selon la Fédération Révolutionnaire Arménienne, le Dashnaktsoutioun «J’ai mis plus de pression sur Aliev et je mettrai plus de pression sur lui que Pashinian lui-même. […] Ne doutez pas de ma détermination vis-à-vis de l’Artsakh et de l’Arménie en général. Je poursuivrai mes efforts, même si je suis presque le seul dans la famille internationale à avoir cet agenda. Vous savez aussi que la France a envoyé pour la première fois son attaché militaire à son ambassade en Arménie, ce qui doit signifier quelque chose, non ? Nous ferons de notre mieux». Des pressions qui ont été qualifiées par le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères de «fruit de [son] imagination» tandis que le président français a été qualifié d’«outil aux mains du lobby franco-arménien».

À propos de l'auteur

Photo de Morgan Caillet

Morgan Caillet

Morgan est socio-anthropologue de formation, diplômé de l’IEP d’Aix en Provence en Management interculturel et médiation religieuse et de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques en gestion de projets internationaux. Il mène une recherche indépendante sur la résolution des conflits et la construction de la paix dans la région sud-caucasienne.

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