Processus de résolution du Conflit du Karabakh – Point de situation au 23/06/23

Les propos du vice-Premier ministre russe Alexeï Overchuk au sujet du déblocage des transports et des voies économiques dans le sud Caucase ont été relayés le 18 juin par l’agence TASS à qui il a accordé une interview. Il a ainsi déclaré qu’un document commun a été élaboré lors de la dernière réunion trilatérale du 2 juin à Moscou stipulant que «le déblocage des liaisons de transport dans la région [commencerait] par la restauration du chemin de fer, qui [emprunterait] l’itinéraire Yeraskh-Julfa-Meghri-Horadiz, et, sur la base du respect de la souveraineté des parties» et il a expressément précisé : «Aucune des parties ne remet en cause le fait que des tronçons individuels de cette route seront sous la juridiction du pays sur le territoire duquel ils se trouvent. Par conséquent, en ce qui concerne cette route, la législation azerbaïdjanaise sera appliquée en Azerbaïdjan, et la législation arménienne – en Arménie».
Une délégation de la sous-commission sécurité et défense du Parlement européen a effectué une visite en Arménie du 19 au 22 juin avec pour objectif de «d’évaluer la situation sécuritaire en Arménie, le processus de normalisation entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan ainsi que le fonctionnement de la mission civile de l’UE en Arménie (EUMA)». Cette délégation a rencontré le Premier ministre arménien Nikol Pachinian le 20 juin, qui a souligné, d’après son service de presse, que «la crise humanitaire au Haut-Karabakh [s’aggravait] en raison du blocus illégal du corridor de Lachin» et qui a souligné «la nécessité d’assurer le déploiement d’une mission internationale d’enquête dans le corridor de Latchin et le Haut-Karabakh». Le même jour, son ministre des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan demandait l’aide, lui, de l’OTSC à Minsk. A cette occasion Sergeï Lavrov a réitiéré la position russe vis-à-vis de l’implication états-unienne et européenne dans le processus de paix : «Nous ne sommes pas opposés à ce que d’autres acteurs internationaux tentent leurs propres efforts de médiation. L’essentiel est que ces efforts poursuivent l’objectif de garantir des accords qui reflètent l’équilibre des intérêts des peuples et des États arménien et azerbaïdjanais. En regardant ce que font les États-Unis et l’Union européenne en ce moment, nous voyons une volonté non pas d’aider à parvenir à un accord, mais d’infiltrer la région afin d’évincer les intérêts légitimes de la Fédération de Russie. […] Cela n’a rien à voir avec un véritable désir d’aider à stabiliser la situation. J’espère que nos partenaires d’Erevan et de Bakou le comprennent».
Le ministre arménien de la Défense était, lui, en visite en France à partir du 18 juin, où il a notamment assisté au 54ème salon du Bourget et où il a rencontré son homologue français Sébastien Lecornu.
À propos de l'auteur
Morgan Caillet
Morgan est socio-anthropologue de formation, diplômé de l’IEP d’Aix en Provence en Management interculturel et médiation religieuse et de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques en gestion de projets internationaux. Il mène une recherche indépendante sur la résolution des conflits et la construction de la paix dans la région sud-caucasienne.



