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Processus de résolution du Conflit du Karabakh – Point de situation au 21/04/23

Publié le 21/04/2023
5 min de lecture
Par Morgan Caillet
Asie Centrale et sud-Caucase

Une interview du président azerbaïdjanais Ilham Aliev le 18 avril à la TV durant lequel il a déclaré : «Les Arméniens vivant au Karabakh devraient soit accepter la citoyenneté azerbaïdjanaise, soit trouver un autre endroit où vivre» ou encore «les séparatistes, qui s’inventent actuellement des noms fictifs – l’un se dit président, un autre se dit ministre, un autre se dit président d’un parlement – ce groupe de clowns doit enfin comprendre qu’il ne peut pas jouer avec notre patience» a fait polémique cette semaine.

Le ministère des Affaires étrangères arménien a ainsi réagi en ces termes le 19 avril : «par sa déclaration, le Président de l’Azerbaïdjan admet ouvertement le fait de l’agression et de l’occupation pré-planifiées des territoires souverains de la République d’Arménie et révèle également explicitement ses intentions de soumettre la population du Haut-Karabakh à un nettoyage ethnique. Le président de l’Azerbaïdjan, sous la direction duquel des violations institutionnelles flagrantes des droits de l’homme et des droits de divers groupes se produisent dans le pays, exprime ouvertement des menaces existentielles contre la population pacifique du Haut-Karabakh vivant dans sa patrie». Tandis que le ministère des Affaires étrangères azerbaïdjanais a publié une déclaration dans laquelle on peut lire : «Les affirmations de l’Arménie selon lesquelles l’Azerbaïdjan aurait agi sur la base de la haine sont totalement infondées, puisque l’Arménie, malgré les obligations internationales et même la décision de la Cour internationale de Justice, continue de promouvoir l’inimitié raciale sur la base de la haine contre l’Azerbaïdjan, comme on peut également vu de l’incendie du drapeau azerbaïdjanais lors du championnat d’Europe d’haltérophilie, salue et refuse de punir les activités de personnes agissant sur la base de la haine, ainsi que des groupes ethno-nationalistes, commis des atrocités contre des prisonniers azerbaïdjanais, ainsi que des massacres.L’Azerbaïdjan est attaché au processus de réintégration des résidents arméniens vivant sur le territoire azerbaïdjanais. L’Arménie doit cesser de s’ingérer dans ce processus. Tous les droits et libertés de toute personne souhaitant vivre sur le territoire de l’Azerbaïdjan tout en respectant ses lois sont garantis. […] Si les appels présentés comme un message pacifique ne s’accompagnent d’aucune démarche concrète et, au contraire, alors que ces messages trompeurs accompagnent les revendications contre l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Azerbaïdjan, et si l’Arménie refuse de retirer ses forces armées composées de 10 000 personnes des territoires azerbaïdjanais, si elle ne libère pas 8 villages azerbaïdjanais qui sont encore sous occupation, si elle continue ses provocations militaires et politiques dans les territoires azerbaïdjanais, alors de tels messages de l’Arménie sont sans fondement».

Le 18 avril, Nikol Pachinian a déclaré devant le Parlement «la paix est possible si dans toutes nos relations internationales, non seulement aujourd’hui, mais aussi à l’avenir, nous affirmons clairement que nous reconnaissons la territoire de 29 800 kilomètres carrés en tant que République d’Arménie, plus précisément, le territoire de la RSS d’Arménie, au sein de laquelle nous avons obtenu l’indépendance en 1991, et non seulement nous n’avons pas, mais n’aurons jamais de revendications territoriales contre d’autres pays […] Un traité de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan deviendra réel si les deux pays reconnaissent clairement, sans ambiguïtés ni pièges, l’intégrité territoriale de l’autre et s’engagent à ne pas se présenter de revendications territoriales aujourd’hui ou jamais» sans pour autant reconnaître explicitement la souveraineté territoriale de son voisin azerbaïdjanais sur le «Haut-Karabakh» au long d’un discours pour le moins confus et tout en soulignant : «Depuis la guerre de 44 jours, l’Azerbaïdjan est dans un état d’euphorie et songe à capturer le plus possible, et si possible, à tout capturer. Et cette perception de lui est encore plus alimentée en lien avec la situation internationale».

Le 19 avril, la sous-secrétaire d’État adjointe états-unienne au bureau des affaires européennes et eurasiennes Erika Olson s’est rendu en Azerbaïdjan pour rencontrer le président Ilham Aliev, après son passage en Arménie le 18 avril pour rencontrer le ministre des Affaires étrangères Ararat Mirzoyan, et le Premier ministre Nikol Pachinian. Ce dernier a rencontré également de co-président états-unien du groupe de Minsk Luis Bono le 20 avril. Selon Azerfocus, l’administration présidentielle turque aurait déclaré que «le retard dans la signature d’un accord de paix avec l’Azerbaïdjan [montrait] que les autorités arméniennes [avaient] d’autres intérêts dans la région».

Il est à noter que le 17 avril, le président azerbaïdjanais aurait, selon Trendnews, nommé par décret un nouveau chef du service d’État pour la mobilisation et la conscription, en la personne de Mursal Ibrahimov.

À propos de l'auteur

Photo de Morgan Caillet

Morgan Caillet

Morgan est socio-anthropologue de formation, diplômé de l’IEP d’Aix en Provence en Management interculturel et médiation religieuse et de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques en gestion de projets internationaux. Il mène une recherche indépendante sur la résolution des conflits et la construction de la paix dans la région sud-caucasienne.

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