Processus de résolution du Conflit du Karabakh – Point de situation au 12/05/23

Le Conseil européen a confirmé le 8 mai qu’une prochaine rencontre aurait lieu le 14 mai à Bruxelles entre Le Premier ministre arménien, le président azerbaïdjanais et Charles Michel, et que ces discussions devraient aussi être complétées par des rencontres avec le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz, en marge du prochain sommet de la Communauté politique européenne à Chisinau le 1er juin prochain, proposition que la partie azerbaïdjanaise a accepté «tant qu’elle ne remplacera pas et ne modifiera pas le format de Bruxelles».
Le lendemain Nikol Pachinian s’est rendu à Moscou pour assister aux cérémonies de commémoration de la victoire de la «Grande Guerre Patriotique» en présence du président russe, du président biélorusse et des 5 présidents des États d’Asie centrale, avant de recevoir le 10 mai le représentant spécial du ministre russe des Affaires étrangères pour la normalisation des relations entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, Igor Khovaev.
Selon plusieurs médias locaux (Armenpress, News.am), le secrétaire du Conseil de sécurité arménien Armen Grigoryan a commenté le 9 mai les résultats des pourparlers de paix aux États-Unis la semaine dernière en ces termes : «La partie américaine est celle qui a parlé de progrès, et cette question devrait leur être adressée. Dans son communiqué de presse, la partie arménienne a déclaré qu’il y avait des désaccords et que nous travaillerons pour trouver des solutions à ces désaccords […] L’Arménie et l’Azerbaïdjan n’ont fait aucun progrès sur les questions les plus importantes dans les négociations sur un traité de paix, […] telles que la reconnaissance du territoire souverain de l’Arménie dans un rayon de 29.800 kilomètres carrés, la création d’un mécanisme international Stepanakert-Bakou , ainsi que des garanties internationales». Des propos jugés contradictoires également par Maria Zakharova, porte parole du ministère russe des Affaires étrangères, qui a aussi répondu aux critiques arméniennes de l’OTSC et aux remarques du 4 mai sur la «décision difficile à prendre» concernant le déploiement de l’UE en Arménie, en ces termes : «Nous considérons les critiques exprimées publiquement par les responsables d’Erevan contre l’OTSC comme contre-productives. Pour être franc, les tentatives des dirigeants arméniens de discuter de l’efficacité de l’organisation en dehors de son cadre sont déroutantes. […] Peut-être que certaines attentes excessives de l’UE et de l’OTSC ne tiennent pas compte des réalités existantes ? Nous espérons néanmoins que nos partenaires arméniens prendront des initiatives visant à reprendre un travail de fond sur le déploiement d’une mission de l’OTSC sur le territoire de l’Arménie et d’autres mesures conjointes pour aider notre allié».
À propos de l'auteur
Morgan Caillet
Morgan est socio-anthropologue de formation, diplômé de l’IEP d’Aix en Provence en Management interculturel et médiation religieuse et de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques en gestion de projets internationaux. Il mène une recherche indépendante sur la résolution des conflits et la construction de la paix dans la région sud-caucasienne.



