Processus de résolution du Conflit du Karabakh – Point de situation au 05/05/23

Entre le 1er et le 4 mai, plusieurs entretiens ont eu lieu entre les ministres des Affaires étrangères arménien et azerbaïdjanais, Ararat Mirzoyan et Djeyhoun Bayramov, à Arlington en Virginie – États-Unis, où ils ont rencontrés Antony Blinken, le secrétaire d’État américain.
Le 3 mai, une réunion tripartite a eu lieu à Washington avec le conseiller à la sécurité nationale du président américain, Jake Sullivan, le responsable arménien déclarant que «la politique agressive continue de l’Azerbaïdjan envers le Haut-Karabakh et l’occupation des territoires souverains de la République d’Arménie ne [contribuaient] pas aux efforts visant à établir la stabilité dans la région» et le responsable azerbaïdjanais que «la réintégration des résidents arméniens vivant dans la région du Karabakh en Azerbaïdjan [était] une question interne du pays et que l’ingérence de l’Arménie dans les efforts de réintégration de l’Azerbaïdjan [était] inacceptable» et que «le non-retrait des forces armées arméniennes du territoire de l’Azerbaïdjan, contraire à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de l’Azerbaïdjan, ainsi qu’aux obligations contractées par l’Arménie, [constituait] une menace sérieuse». Malgré tous les signaux assez négatifs sur le terrain, les États-Unis ont poursuivi leur optimiste rhétorique en ces termes : «Tous deux ont fait preuve d’un engagement sincère à normaliser les relations et à mettre fin au conflit de longue date entre leurs deux pays. L’Arménie et l’Azerbaïdjan ont convenu en principe de certaines conditions et ont une meilleure compréhension des positions de l’autre sur les questions en suspens» jugeant qu’ «un accord [était] à portée de main».
Pourtant le 3 mai Ilham Aliev le président azerbaïdjanais déclarait à Choucha à l’occasion de la conférence «Façonner la géopolitique de la Grande Eurasie : du passé au présent et au futur» : «Cela fait plus de 40 jours que nous attendons leurs derniers commentaires, et nous les avons reçus il y a à peine une semaine, avant la réunion de Washington, parce qu’ils se sont rendus compte que la réunion de Washington serait absolument inutile sans cela. […] Mais ce que nous avons vu dans ces commentaires, ce sont encore des revendications territoriales contre l’Azerbaïdjan».
À propos de l'auteur
Morgan Caillet
Morgan est socio-anthropologue de formation, diplômé de l’IEP d’Aix en Provence en Management interculturel et médiation religieuse et de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques en gestion de projets internationaux. Il mène une recherche indépendante sur la résolution des conflits et la construction de la paix dans la région sud-caucasienne.



