Politiques étrangères Pologne/Hongrie et relations avec l’UE – Point de situation au 14/04/23

Le 13 avril s’est exprimé le ministre des Affaires étrangères polonais Zbigniew Rau pour présenter les priorités de la politique étrangère de la Pologne en 2023. Dans un contexte où la prise de parole du président français Emmanuel Macron au sujet de l’autonomie stratégique de l’Europe face à la Chine et aux États-Unis fait débat, la Pologne a d’ores et déjà réaffirmé sa «position claire» (Wiadomosci Gazeta) et sa proximité avec les États-Unis – le Premier ministre Mateusz Morawiecki a d’ailleurs proposé un «partenariat stratégique» avec ces derniers, «au lieu de construire une autonomie stratégique par rapport [à eux]», selon Politico.
TVP World explique que Zbigniew Rau a choisi trois axes pour mener la politique étrangère de son pays : «garantir la paix et la sécurité, garantir la démocratisation des relations internationales en se fondant sur l’égalité souveraine de tous les États et de toutes les nations, et garantir le légalisme, à savoir la conformité au droit international». Le ministre polonais a ainsi précisé la position de la Pologne à l’égard de la Russie, de l’OTAN, de l’UE, des États-Unis, de la France, de l’Allemagne, de l’Ukraine, de la Biélorussie, de la Chine, d’Israël et du Moyen-Orient.
Plusieurs thématiques ont été abordées dans ce discours sur la politique étrangère, qualifiée « d’élargie » rapport le média Wiadomosci Gazeta. La question de la sécurité de la Pologne se dégage clairement dans la déclaration de l’homme politique. Défendant la place de son pays dans l’UE, Zbigniew Rau insiste sur le rôle de médiateur que joue la Pologne dans les négociations d’adhésion de la Suède à l’OTAN, tout en critiquant le gouvernement allemand qu’il accuse d’avoir fait valoir sa coopération avec la Russie plus que la protection de la paix sur le continent. Zbigniew Rau a à nouveau relevé le rôle crucial que joue la Pologne dans la livraison de matériel militaire à l’Ukraine et a affirmé qu’elle ferait le maximum pour que le pays rejoigne «les structures du monde libre – l’UE et l’OTAN». Il compte également sur l’influence de la Chine pour stopper Vladimir Poutine.
Le ministre des Affaires étrangères et du Commerce hongrois, Péter Szijjártó, a rencontré le 11 avril Alexandre Novak, vice Premier ministre russe, et le directeur de Rosatom, Alexei Likhachev, avec comme principal sujet de discussion les accords énergétiques entre les deux pays.
Comme le relève le quotidien Hungary Today, les échanges ont permis d’une part à la Hongrie de pouvoir acheter davantage de gaz que le prévoit le contrat si nécessaire et d’avoir une possibilité de paiement différé. D’autre part, la Russie a assuré avoir le matériel et les compétences nécessaires pour permettre le bon fonctionnement du gazoduc TurkStream malgré les sanctions.
La question de la centrale nucléaire de Paks en Hongrie a elle aussi été évoquée : le contrat reliant les deux pays a été modifié, de telle sorte que les investissements puissent continuer. Notant l’importance de la coopération entre la Russie et la Hongrie en termes d’énergie, Péter Szijjártó a déclaré que «tant que la question de l’approvisionnement en énergie sera une question physique et non politique ou idéologique, qu’on le veuille ou non, la Russie et la coopération avec la Russie resteront cruciales pour la sécurité énergétique de la Hongrie».
Le Monde rajoute que le ministre hongrois n’en est pas à son premier déplacement en Russie depuis le début de l’invasion en Ukraine. Par ailleurs, l’entreprise pétrolière et gazière hongroise MOL a annoncé qu’elle négocierait «directement les frais de transit avec les opérateurs ukrainiens» de l’oléoduc Droujba.
Le projet d’extension de la centrale nucléaire de Paks – en collaboration avec l’entreprise russe Rosatom – serait financé à hauteur de 80% par un prêt russe de 10 milliards d’euros selon Energynews. Les amendements liés au projet devraient être soumis à la Commission européenne, accusée par Péter Szijjártó de «bloquer la coopération nucléaire fructueuse» entre la Russie et la Hongrie.
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Emma Chlebowski
Biographie non renseignée



