Politique sécuritaire européenne – Point de situation au 16/10/2024

Les Fake News, fléau grandissant de nos démocraties, n’épargnent pas l’Union européenne. Régulièrement orchestrées par des cyberattaques russes, les 27 ont décidé de réagir sur une initiative de Josep Borell, responsable de la politique étrangère de l’union. En effet, le conseil de l’Union européenne a présenté le 8 octobre un nouveau cadre de sanctions contre la Russie, axé sur les fakes news, la déstabilisation des élections et la cyberguerre.
Selon le communiqué de presse du conseil, la Russie mènerait une campagne « hybride », qui combinerait les outils conventionnels utilisés sur le sol ukrainien, et numériques déployés jusqu’au sein de l’Union européenne, dans le but de diviser nos sociétés et « déstabiliser et (d ‘) affaiblir l’UE et ses États membres ainsi que notre capacité de résistance ».
Il semblerait donc que la Russie soit notamment active sur divers plans, plus précisément au travers d’une désinformation coordonnée, exercée par plus d’un millier de personnes proche du gouvernement russe.
« Nous avons détecté un nombre croissant d’activités très diverses contre l’UE et ses États membres, notamment des cyberattaques, des campagnes de manipulation d’informations et d’ingérence […] La Russie continue également de perturber les communications par satellite, de violer l’espace aérien européen et de mener des attaques physiques contre des individus sur le territoire de l’UE. »
Cette déclaration du même communiqué de presse fait écho au témoignage du 7 octobre donné par Michael Weiss, expert en espionnage russe, devant la commission d’Helsinki du gouvernement américain. Selon lui, la « Guerre de l’ombre » menée par la Russie sur le territoire de l’OTAN est exercée par des acteurs non-étatiques habitant à distance, recrutés sur des plateformes tels que Telegram, payés en crypto-monnaies pour désinformer massivement la population.
La Russie est notamment accusée d’instrumentaliser les migrants selon la déclaration du conseil, lors de ses diffusions de fake news, incitant ainsi à la peur et à la division. Il a été observé par le centre international de lutte contre le terrorisme, qu’à travers ces campagnes, la Russie « est devenue un des plus gros pourvoyeurs de la désinformation qui alimente certains milieux extrémistes ». Les récentes élections européennes ont également été attaquées, avec entre autres la création de milliers de faux comptes sur les réseaux sociaux, promouvant des informations erronées.
Depuis le 8 octobre, les nouvelles règles approuvées par le conseil de l’Union européenne permettent aux 27 de sanctionner directement les malfaiteurs qui diffuseraient une désinformation coordonnée, notamment au travers d’un gel de leurs avoirs présents dans l’union, mais également d’une interdiction aux citoyens et entreprise de l’UE de mettre des fonds à leur disposition. Par ailleurs, les individus concernés seront soumis à une interdiction de voyage au sein de l’Union européenne, ainsi qu’une interdiction d’y transiter. Il semblerait que plus d’un millier de personnes soient concernées et d’ores et déjà sanctionnées tels que des oligarques, ou proches de Vladimir Poutine.
À propos de l'auteur
Noémie Brunod
Biographie non renseignée



