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Politique sécuritaire européenne – Point de situation au 06/06/2024

Publié le 07/06/2024
3 min de lecture
Par Noémie Brunod
Europe

Alors que les Pays-Bas lançaient le coup d’envoi des élections européennes le 6 juin, les enjeux liés à la construction d’une défense européenne, constituent un point majeur dans cette campagne, et divisent les candidats au niveau national et européen.

Il y a encore quelques mois, dans une interview accordée au groupe de presse quotidienne régionale Ebra le 27 avril, le président de la République française Emmanuel Macron exprimait ses attentes, quant à la création d’un système de défense européen. Il partageait notamment une vision très ambitieuse : ouvrir le débat au potentiel partage de notre arme nucléaire, à l’ensemble de l’Union européenne. «Je suis pour ouvrir ce débat qui doit donc inclure l’arme nucléaire pour ceux qui l’ont. Mettons tout sur la table et regardons ce qui nous protège véritablement de manière crédible».

Aspirant depuis plusieurs années à la création d’une défense commune, la France ferait face à des homologues parfois plus réticents, qui considèrent la protection du Traité Atlantique Nord (OTAN) plus sûr. À cet égard, l’Article 5 de l’OTAN, signé par les 32 membres de l’organisation, prévoirait une assistance mutuelle si l’un d’entre eux était agressé.

Cependant, la guerre frappant aux portes de l’Europe, pourrait convaincre certains sceptiques, comme le mettait en avant le président français. « Si on laisse la Russie gagner et qu’il y a capitulation de l’Ukraine, c’est l’insécurité pour des décennies pour les Roumains, les Moldaves, les Polonais. On joue vraiment notre sécurité, et on joue l’avenir de l’Europe ». S’ajoute à cela, la potentielle réélection de l’ancien président américain Trump en novembre, qui déclarait à l’attention des États membres de l’OTAN, dont les dépenses militaires sont trop faibles « je ne vous protégerai pas. En fait, je les encouragerai à vous faire ce qu’ils veulent. Vous devez payer vos dettes » lors d’un meeting en Caroline du Sud en février, bien que les traités l’interdisent.

C’est pourquoi le gouvernement français, met en exergue la nécessité d’une mise en commun des moyens, à travers le développement d’une industrie dans des domaines tels que l’aviation militaire, les chars, ou encore les missiles, plutôt que de favoriser l’achat américain. « Nous avons une forme de protection, l’OTAN. Comme je l’ai dit à la Sorbonne, il faut maintenant aller plus loin ».

Cependant, ce point de vue divise et ne fait pas consensus entre les différentes listes. En effet, le parti du Rassemblement National dirigé par Jordan Bardella, en tête dans les sondages « défend l’idée de la souveraineté de chaque État sur ce sujet » bien qu’il favoriserait l’acquisition d’armements européens. Tandis que le parti de La France Insoumise mené par Manon Aubry souhaite « maintenir le caractère national de la dissuasion nucléaire ».

La question n’est dès lors pas tranchée au niveau national, et se complexifie au niveau européen.

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