Bélarus
Russie
Ukraine

Politique extérieure du Bélarus, armée russe au Bélarus et Relation Bélarus-Ukraine – Point de situation au 01/07/23

Publié le 02/07/2023
4 min de lecture
Par Vladimir Krsmanovic
Europe

La Biélorussie et la rébellion de Wagner en Russie.

Le samedi 24 juin, des mercenaires du groupe paramilitaire Wagner ont pris la route en direction de Moscou pour menacer directement les hauts responsables militaires russes.

Pour comprendre, depuis le début de la guerre en Ukraine, Wagner est engagé dans la guerre en Ukraine au côté de l’armée russe. Or, pendant plusieurs mois, Evgueni Prigojine, le chef de Wagner, accuse Moscou de laisser ses soldats mourir par manque de soutien logistique. En l’absence de réponse de la part de Moscou, le chef du groupe Wagner a ordonné à ses mercenaires de monter jusqu’à la capitale. Face à cette rébellion au cœur de la Russie, le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, a appelé à la désescalade. Selon Dimitri Peskov, porte-parole du Kremlin, Alexandre Loukachenko connaît le chef de Wagner depuis plus d’une vingtaine d’années. Ainsi, Alexandre Loukachenko a été en mesure de dialoguer avec Evgueni Prigojine pour aider son allié russe. C’est pour cette raison que face à cette situation urgente, il était nécessaire pour Moscou d’établir une médiation de la part de la Biélorussie pour mettre fin à cette rébellion. Alexandre Loukachenko s’est entretenu avec le Président russe, Vladimir Poutine et avec Evgueni Prigojine. En se posant comme intermédiaire entre Moscou et Wagner, Alexandre Loukachenko a pris le rôle de médiateur au sein de ce conflit. Finalement, le chef du groupe Wagner a accepté la proposition du président biélorusse qui était de mettre fin à l’avancée de ses troupes en direction de la capitale russe. En contrepartie, la Russie abandonne toute poursuite judiciaire envers Evgueni Prigojine.

En outre, le chef du groupe Wagner se serait réfugié en Biélorussie, avec l’accord d’Alexandre Loukachenko, afin de se protéger de toute éventuelle représaille de la part de Moscou. Par ailleurs, d’après le média d’opposition biélorusse Radio Liberté, la Biélorussie serait en train de construire des «camps» pour accueillir plus de 8.000 mercenaires du groupe Wagner. Or, Alexandre Loukachenko a démenti cette information, mais il a souligné que la Biélorussie serait prête à héberger les mercenaires si cela est nécessaire. L’accueil de mercenaires et la construction de camps pour les héberger sur le territoire biélorusse sont, sans doute, le fruit d’une négociation entre Alexandre Loukachenko et Evgueni Prigojine. On peut se demander ce que le dirigeant biélorusse attend de Wagner en retour.

Ce que l’on peut dire de cette crise : face à cette situation de crise entre le Kremlin et le groupe Wagner, la Biélorussie connaît désormais une attention particulière dans ses relations extérieures. En effet, la Biélorussie héberge actuellement, pour un temps indéterminé, le chef du groupe Wagner. Ce dernier a été capable de se retourner contre ses propres supérieurs et d’arriver non loin de la capitale de Russie avec des engins militaires lourds. Présentée comme une menace pour la Russie, le Kremlin veille à ne pas fragiliser ses relations avec Minsk afin d’éviter le risque de voir la Biélorussie se servir du groupe Wagner comme moyen de pression.

En revanche, la présence de plusieurs milliers de troupes de mercenaires peut être interprétée comme un inconvénient pour Minsk pour plusieurs raisons. En raison de la guerre en Ukraine, des troupes militaires russes stationnent actuellement dans plusieurs bases biélorusses. Malgré l’accord entre le chef de Wagner et le Kremlin, le risque d’altercation entre des mercenaires de Wagner et des soldats russes sur le territoire biélorusse n’est pas impossible. Si cela devait se produire cela entraînerait des conséquences néfastes pour la sécurité intérieure de la Biélorussie. De plus, la Biélorussie est située à la frontière de plusieurs pays membres de l’OTAN (Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne). Mais depuis l’arrivée du chef de Wagner et des mercenaires en Biélorussie, le voisin biélorusse pose un nouveau défi pour la sécurité pour l’OTAN. Ainsi, le risque d’escalade des tensions entre la Biélorussie et l’OTAN est envisagé.

À propos de l'auteur

Photo de Vladimir Krsmanovic

Vladimir Krsmanovic

Biographie non renseignée

Auteur vérifié

Articles à lire dans cette rubrique

Etats-Unis
G7
+ 2
il y a 5 jours
En savoir plus
Albanie
Balkans
+ 3
il y a un mois
En savoir plus
Energie
Union européenne
il y a 2 mois
En savoir plus
Conflits
Droits humains
+ 4
il y a 2 mois
En savoir plus
Restez informé !

Recevez notre newsletter 4 à 5 fois par mois et restez en connexion avec l'actualité internationale.

  • Analyses mensuelles thématiques exclusives
  • Décryptage des enjeux mondiaux
  • Désabonnement facile à tout moment
Newsletter

Cultivez-vous et montez en compétences !
Recevez en exclusivité nos dernières parutions et nos offres de formation.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir nos emails.
Désabonnement en un clic