Politique étrangère et politique intérieure du Bélarus – Point de situation au 28/01/2025

Le 26 janvier dernier, les résultats des résultats des élections présidentielles du Bélarus ont été annoncés, donnant une très large victoire à Alexandre Loukachenko, avec 86,82 % des voix. Au pouvoir depuis 1994, celui-ci entame un septième mandat, qui s’étendra jusqu’en 2030.
Les élections de 2020 ont été marquées par une violente répression politique. En conséquence, l’Union européenne a décidé de ne pas reconnaître Alexandre Loukachenko comme président. L’État bélarusse fait l’objet de nombreuses accusations : absence de transparence à l’égard du dépouillement des votes, verrouillage des candidatures, répression de toute opposition et interdiction faite à toute organisation européenne de venir observer les étapes du processus électoral.
En réaction, ces dernières élections ont mis en lumière les tentatives du Bélarus de masquer ses défauts en organisant une alternative aux missions d’observations européennes.
Alors que l’organisation des élections présidentielles de 2025 au Bélarus est déjà contestée par l’UE et l’opposition bélarusse, le régime a invité plusieurs organisations internationales à mener des missions d’observations lors du processus électoral. Près de 500 observateurs internationaux, provenant de plus de 50 pays, ont été accrédités pour suivre la campagne électorale au Bélarus. Parmi eux se trouvaient des représentants de la commission électorale centrale du Kazakhstan, du Zimbabwe, de l’Iran, de l’Algérie, des Emirats arabes unis, du Cap-Vert, de l’Afrique du Sud, du Cameroun, et de la Chine.
En outre, on note également la présence d’organisations internationales. Le Bélarus, devenu membre à part entière de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) en juillet 2024, a accueilli son secrétaire général, Nurlan Yermekbayev, pour superviser le bon déroulement des élections. Fortune Charumbira, président du Parlement panafricain – l’assemblée consultative de l’Union africaine regroupant 55 pays africains – a également fait le déplacement. Il a déclaré : “Les représentants de l’Afrique se rendent rarement sur d’autres continents. Je voudrais remercier les dirigeants du Belarus pour cette première fois où nous allons observer des élections sur d’autres continents”. Lors de la conférence de presse finale au Centre de la Commission électorale centrale du Bélarus, Fortune Charumbira a affirmé : “Avant de visiter les bureaux de vote, nous avons étudié divers documents : Constitution, Code électoral. L’environnement des bureaux de vote était conforme à 100 % à toutes les normes internationales”.
Cependant, il est à noter que tous les États représentés parmi les observateurs officiels invités au Bélarus présentent un indice de démocratie compris entre 0 et 4 sur un échelle de 0 à 10.
Si le Bélarus a accordé autant d’importance à l’invitation de représentants de pays et d’organisations internationales, cela s’explique par plusieurs raisons. Premièrement, le président élu cherche à rassurer la population bélarusse et préserver sa confiance en démontrant la crédibilité des élections présidentielles. Deuxièmement, il cherche à réfuter les accusations formulées par les pays et organisations européennes, tout en affirmant une conception différente du “fonctionnement démocratique”. Troisièmement, ces élections ont offert au régime d’Alexandre Loukachenko une occasion de mettre en vitrine son contrôle du sur le Bélarus, tout en renforçant ses relations avec des pays d’Afrique et d’Asie.
En conclusion, ces événements témoignent de l’intérêt croissant des organisations internationales alternatives. Ces dernières contribuent à consolider les relations entre les États qui contestent les normes établies par un ordre international dominé par l’Occident. C’est également pour cette raison qu’Alexandre Loukachenko a refusé la présence de l’OSCE lors de ces élections. Le 9 janvier 2025, Maria Telalian, Directrice du BIDDH a déclaré dans un communiqué de presse : “Je regrette profondément la décision des autorités bélarusses de ne pas inviter les Etats de l’OSCE, par l’intermédiaire du BIDDH, à observer la prochaine élection présidentielle, privant ainsi les citoyens du pays d’une évaluation transparente et complète de l’ensemble du processus”.
À propos de l'auteur
Vladimir Krsmanovic
Biographie non renseignée



