Point humanitaire et sécuritaire au Karabakh et dans le corridor de Latchin – Point de situation au 23/06/23

Le Centre d’Information de l’Artsakh» a fait état le 16 juin du bilan suivant dans l’enclave : 1490 citoyens privés de la possibilité d’une intervention chirurgicale, 492 personnes transférés en Arménie par le CICR depuis le 12 décembre, 11 000 personnes ayant perdu leurs emplois, 860 entreprises ayant suspendu leur activité, une chute du PIB de 41%, plus de 71 923 tonnes de produits de première nécessité non livrés depuis le 12 décembre, 20 000 enfants privés de «conditions stables pour une éducation appropriée», 3900 personnes dont 550 enfants dans l’incapacité de se rendre dans leurs foyers, un blocage total ou partiel de l’approvisionnement en gaz pendant 128 jours, un approvisionnement en électricité interrompu depuis 165 jours.
Les accusations de rupture de cessez-le-feu se sont poursuivies toute la semaine dernière à une fréquence similaire à celle des deux précédentes semaines. Il est à noter des échanges de tirs depuis ces quelques semaines aux frontières avec le Nakhitchevan.
Le 17 juin, le ministère de la Défense azerbaïdjanais a dénoncé des tirs «dans les directions des régions de Gadabay, Kalbajar et Lachin» ainsi que de nouvelles tentatives d’installations de «fortifications à long terme […] en direction de la région d’Aghdam» et d’autres tirs «en direction de la colonie de Bazirkhana de la région de Kalbajar». Le 19 juin, le même ministère a dénoncé des tirs «en direction de la colonie de Heydarabad de la région de Sadarak dans la République autonome du Nakhitchevan».
Le ministère arménien de la Défense a dénoncé, de son côté, des tirs «à proximité de Verin Shorzha» le 17 juin, «contre les positions de combat arméniennes situées dans l’est Verin Shorzha, Sotk et le sud-est Nerqin Hand» le 18 juin, et «contre les positions de combat arméniennes situées dans les directions est – Sotk – et sud-ouest – Yeraskh» le 19 juin, ainsi que de nouveaux tirs «visant l’usine métallurgique de Yeraskh, qui était en construction avec des investissements étrangers». “L’armée de Défense du Haut-Karabakh» a dénoncé également des violations du cessez-le-feu le 19 jun «en direction de Martouni et de Martakert».
Le lendemain, celle-ci dénonçait encore des violations du cessez-le-feu «en direction des régions de Martouni, Chouchi, et Martakert» puis «contre les positions de combat arméniennes près de Nerkin Hand et Srashen» et enfin contre «l’usine métallurgique de Yeraskh». Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a dénoncé le même jour des tirs «en direction de Heydarabad colonie de la région de Sadarak de la République autonome du Nakhitchevan» ainsi que des tirs en direction de Choucha par des «détachements armées arméniens illégaux».
Le 21 juin, l’ «Armée de Défense du Haut-Karabakh» a dénoncé de nouvelles violations du cessez-le-feu «en direction de la région de Martakert». Le 22 juin, le ministère arménien de la Défense a dénoncé des tirs «dans la partie orientale (Haut Shorzha, Sotk)» ainsi que «dans le secteur de Kakhak». Tandis que le ministère azerbaïdjanais de la Défense a dénoncé le 22 juin des tirs «en direction de la colonie d’Ahmadli de la région de Latchin» ainsi que des tirs de détachements armés arméniens illégaux «dans les directions des régions de Khojavand, Choucha et Khojali» et des tentatives de construction de «fortifications à long terme» dans les régions d’Aghdam et de Khodjali. L’ «Armée de Défense du Haut-Karabakh» a, elle, dénoncé des violations du cessez-le-feu le 22 juin «en direction des régions de contact d’Askeran, Martouni et Martakert» ainsi que des tirs «en direction de Martakert» plus tôt dans la journée occasionnant un blessé par balle.
L’agence de presse azerbaïdjanaise APA a informé le 19 juin de la découverte d’une fosse commune près d’Aghdam, contenant les restes de 4 corps et d’un véhicule militaire, datant probablement de la première guerre du Karabakh. Celle-ci serait la 8ème découverte depuis la fin de la «guerre de 44 jours» selon Eldar Samadov, chef adjoint du groupe de travail de la Commission d’État sur les prisonniers et les citoyens disparus et pris en otage, interrogé par le même média.
À propos de l'auteur
Morgan Caillet
Morgan est socio-anthropologue de formation, diplômé de l’IEP d’Aix en Provence en Management interculturel et médiation religieuse et de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques en gestion de projets internationaux. Il mène une recherche indépendante sur la résolution des conflits et la construction de la paix dans la région sud-caucasienne.



