Mongolie et relations Asie Centrale/Asie de l’Est – Point de situation au 14/04/23

Dans la continuité des rencontres entre des représentants mongols et des représentants européens (de Finlande, de Suède, d’Autriche, du Royaume-Uni et de France), évoquées lors du point de situation au 07 avril, les échanges bilatéraux se sont poursuivis cette semaine en Mongolie, et plus particulièrement autour de la coopération économique et commerciale.
Tout d’abord, il est important de noter que le 6 avril, la Chambre de commerce mongole auprès de l’Union Européenne a été inaugurée à Bruxelles, comme rapporté par le média mongol Montsame. Les autorités mongoles espèrent qu’elle servira de «pont» entre la Mongolie et l’Union Européenne, afin de «booster l’investissement […] et accroître le volume et le panel de produits exportés de Mongolie vers l’Union Européenne».
Le même jour, la ministre mongole des Affaires étrangères Batmunkh Battsetseg a reçu l’ambassadeur hongrois, afin d’évoquer les pistes d’expansion de la coopération bilatérale, déjà intense entre les deux pays. Le communiqué de presse du ministère mongol des Affaires étrangères à ce sujet souligne que de nouvelles opportunités seraient notamment envisagées dans le cadre des politiques mongoles «Vision 2050» et «Nouvelle Renaissance» («New Revival Policy»).
Toujours le 6 avril, le secrétaire d’Etat mongol aux Affaires étrangères Nyamdorj Ankhbayar a reçu l’ambassadeur de Roumanie. Le communiqué de presse du ministère mongol des Affaires étrangères rapporte qu’une fois encore, les discussions se sont concentrées sur l’expansion des relations économiques, mais aussi de la coopération dans le secteur de l’éducation.
Le 11 avril, Batmunkh Battsetseg s’est aussi entretenue au téléphone avec le Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères serbe, comme rapporté par Montsame. Les parties ont discuté de «la possibilité d’étendre le commerce et les relations économiques» entre les deux pays.
Si ces derniers jours ont donc été marqués par ces échanges autour de la coopération économique et commerciale. Cependant, la visite d’une délégation française du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, conduite par le ministre Marc Fesneau, a permis d’évoquer plus précisément un enjeu important pour la Mongolie, celui de la sécurité alimentaire. Marc Fesneau a exprimé sa joie d’être «le premier ministre de l’Agriculture français à se rendre en Mongolie» sur Twitter, et le journal Montsame précise que du 7 au 9 avril, le ministre mongol de l’Alimentation, de l’Agriculture et de l’Industrie légère a ainsi pu échanger avec son homologue sur les possibilités de coopération entre les deux ministères (notamment autour de l’information, de la qualité et de l’accès au marché européen) et entre les entreprises privées. De fait, ces dernières jouent un rôle important dans les relations commerciales entre les deux pays : en France, avec l’import de cachemire, mais aussi de produits biologiques et naturels mongols ; en Mongolie, avec l’import de denrées alimentaires et agricoles françaises. A ce titre, la présence du groupe «Carrefour», en partenariat avec une compagnie mongole d’import, permet la distribution de plus de 3 000 produits alimentaires français dans le pays. Si la France s’affirme donc comme un partenaire économique et commercial important – le commerce entre les deux pays a d’ailleurs augmenté de 50% en 2022 -, c’est aussi un modèle pour la Mongolie par rapport au fonctionnement des coopératives. Enfin, les discussions ont été rythmées par les questions de résilience dans le domaine agro-alimentaire. D’ailleurs, des experts français vont commencer à travailler à partir de ce mois-ci avec l’agence Mongole nationale des forêts pour soutenir le programme mongol «Un Milliard d’Arbres» («One Billion Trees»).
Cependant, ces derniers jours ont également été marqués par deux rencontres importantes avec des programmes de l’Organisation des Nations Unies.
Le 10 avril, comme rapporté par Montsame, le président du Grand Khoural (Parlement) de Mongolie a reçu les représentants du Programme de Développement des Nations Unies (PNUD). L’accent a été mis lors de ce forum international sur la volonté mongole de renforcer la démocratie en atteignant les critères définis par les pays démocratiques. Les discussions se sont particulièrement concentrées sur la transparence du soutien et du financement des partis politiques, et sur la parité et la meilleure représentation des origines sociales dans les institutions. Le président du Grand Khoural a d’ailleurs expliqué que des réformes étaient à ce titre en cours depuis 2019. Ce forum, organisé conjointement par le PNUD et par l’Organisation de coopération internationale de la République de Corée (KOICA) a rassemblé 6 experts internationaux, et a réitéré le soutien de l’organisation onusienne au Parlement mongol pour l’amélioration de la participation politique et de la représentation des femmes.
Le lendemain, la ministre mongole des Affaires étrangères Batmunkh Battsetseg a rencontré le Directeur de l’Organisation Internationale pour la Migration (OIM) des Nations Unies. La mise en place de nouveaux programmes a été évoquée, et plus particulièrement en lien avec les contrôles aux frontières et la lutte contre le trafic d’êtres humains, ce qu’a précisé Montsame.
À propos de l'auteur
Julie EIFLER--BOLANDER
Biographie non renseignée



