Le mois de mars 2023 en Asie centrale en bref…

Le mois de mars a été marqué en Asie Centrale par un renforcement des coopérations régionales et internationales, mais aussi par de nombreuses célébrations culturelles. Cependant, certaines atteintes aux Droits de l’Homme continuent d’être observées dans la région.
Tout d’abord, les liens entre le Turkménistan et l’Ouzbékistan se sont renforcés avec la 17ème commission intergouvernementale pour la coopération commerciale, économique, scientifique, technique et culturelle puis des consultations politiques entre leurs deux ministères des Affaires étrangères.
En Mongolie, la volonté de renforcer la politique du «Troisième voisinage» s’est affirmée lors de rencontres avec le Japon, mais aussi avec l’Ouzbékistan et la Turquie. Cependant, la coopération reste également importante avec ses deux voisins, la Chine et la Russie, notamment à travers les sommets organisés sur l’investissement et le commerce.
Toujours sur le plan économique, l’ouverture de nouvelles autoroutes et la modernisation des postes-frontières entre la Chine et la Mongolie, dans le cadre du projet chinois des Nouvelles Routes de la Soie, commencent à avoir des effets importants, avec par exemple l’augmentation de plus de 55% du commerce extérieur mongol en janvier et février par rapport à la même période l’année dernière (notamment grâce au commerce du charbon).
Au Kazakhstan, le mois de mars a également été rythmé par des rencontres et des coopérations liées aux matières premières et à l’énergie, comme la visite en France pour l’agriculture, ou aux Etats-Unis pour l’énergie. De plus, des accords ont été signés avec des pays européens, comme l’Allemagne, pour des livraisons de pétrole kazakh, dans le contexte de guerre en Ukraine et de dépendance allemande forte aux hydrocarbures russes, ou encore le Royaume-Uni, pour de l’hydrogène vert, des terres rares et des métaux stratégiques.
Outre leur compétitivité en termes de ressources rares, les pays d’Asie Centrale se sont également montrés particulièrement investis sur les thématiques de Sécurité et Défense, avec leur présence ce mois-ci à Abou Dhabi, au congrès IDEX («International Defence Exhibition»). L’Ouzbékistan et le Kirghizistan ont ainsi pu mettre en avant leurs entreprises nationales d’armement et d’équipement. En terme de coopération militaire, l’Inde s’affirme également comme un partenaire privilégié de la région, avec l’organisation d’exercices joints avec l’Ouzbékistan et le Kirghizistan (notamment avec «Dustlik» et «Khanjar»).
Certains pays de la zone ont aussi eu l’occasion ce mois-ci de s’affirmer dans le cadre des instances internationales. Ainsi, le vice-ministre des Affaires étrangères kazakh a prononcé un discours à l’attention des membres du forum des pays les moins développés de l’ONU le 7 mars, et le président du Tadjikistan a pu échanger le 25 mars avec la directrice de l’UNICEF. De plus, le Tadjikistan et le Turkménistan étaient présents à la conférence sur l’eau des Nations Unies du 22 au 24 mars.
Au niveau national, le rapport annuel de l’ONG Freedom House a classé le Kirghizistan «pays non libre», aux côtés du Turkménistan, bien qu’il se revendique démocratique. Le gouvernement kirghiz est aussi accusé par la clinique légale Adilet de ne pas respecter le principe de liberté d’expression et des médias.
Sur le plan culturel, le mois de mars a débuté avec l’organisation des fêtes de la Francophonie, au Kirghizistan et au Kazakhstan notamment. Au Tadjikistan, le ministre de la Culture a ouvert les débats sur l’évaluation et la préservation des monuments historiques et des lieux touristiques. Enfin, le 21 mars a commencé la fête de Nowruz, événement majeur de l’année marquant l’arrivée du printemps.
À propos de l'auteur
Julie EIFLER--BOLANDER
Biographie non renseignée



