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Le mois de mars 2023 dans l’Union européenne en bref…

Publié le 12/04/2023
5 min de lecture
Par Etienne Mathieu
Europe

Le mois de mars a été marqué par les efforts déployés par la Suède et la Finlande pour obtenir leur adhésion à l’OTAN. La Finlande a pu obtenir l’accord de la Hongrie et de la Turquie, les deux seuls membres de l’Alliance pour lesquels cette double candidature présentent des difficultés. En revanche, la Suède est toujours bloquée par le veto de ces deux Etats. La Turquie justifie son veto par la tolérance de la Suède envers les blasphèmes contre l’islam, et en particulier son refus de pénaliser l’autodafé du Coran qui a eu lieu en janvier 2023 à Stockholm. Quant à la Hongrie, elle ne donne aucune justification officielle et se contente de remettre indéfiniment sa décision, tout en pointant du doigt les désaccords qui l’opposent à la Suède qui critique depuis des années les manquements aux droits de l’Homme sous le gouvernement de Viktor Orban. La Suède craint que son adhésion à l’OTAN serve de monnaie d’échange dans les démêlés qui opposent Budapest à Bruxelles. Enfin, l’OTAN renforce ses liens avec la Suisse, bien que l’adhésion de celle-ci à l’Alliance ne soit pas à l’ordre du jour. Les relations de la Confédération helvétique avec l’OTAN sont cependant entachées par les restrictions de Berne aux exportations d’armes : la Suisse n’accepte de vendre des armes qu’aux pays qui s’engagent à ne pas les réexporter en Ukraine, neutralité oblige.

La Pologne a poursuivi son soutien militaire et commercial à l’Ukraine et craint les conséquences qu’aurait une défaite du pays dans la région. La Roumanie a demandé la sanction des oligarques moldaves prorusses. Viktor Orbán a rencontré Emmanuel Macron pour discuter État de droit notamment après que la ministre hongroise de la Justice a annoncé défendre sa loi de protection des enfants devant la CJUE. Enfin, la Hongrie a voté l’adhésion de la Finlande à l’OTAN.

Malgré un séisme bancaire mondial avec l’effondrement de la SVB et le vacillement de CS, la BCE a affiché son objectif principal qui est de contenir l’inflation en augmentant les taux d’intérêts directeurs. De plus, l’Union a continué de rechercher la souveraineté et la compétitivité en présentant sa politique concernant les matières premières en début de mois ou en approuvant la proposition française d’un plan de 2 milliards d’euros pour soutenir les entreprises consommatrices d’énergie. 

Le mois de mars s’est avéré être un mois charnière pour l’Union européenne et son volet énergétique, avec, entre autres, la présentation d’un plan de réforme du marché de l’électricité européen. Par ailleurs, les ministres de l’Énergie de l’Union européenne se sont réunis à Bruxelles où la question du nucléaire a, de nouveau, divisé les États membres entre pro et anti-nucléaire. Enfin, la fin du mois s’est ouverte sur les nouvelles discussions relatives à la directive sur l’efficacité énergétique qui vient poser de nouvelles questions pour les États membres.  

L’Union Européenne vote une aide conséquente pour la protection des fonds marins. Le Projet Net Zero Industry a été présenté par le Parlement pour une industrie verte plus compétitive en Europe. Ont également été présentés des mesures de lutte contre le Greenwashing et le crime d’écocide.

Dans le contexte de la guerre russo-ukrainienne et face à un bloc Chine-Russie de plus en plus offensif, Berlin soigne ses relations bilatérales et réassure ses alliés : le chancelier allemand Olaf Scholz, qui au Bundestag avait réaffirmé le soutien déterminé de l’Allemagne à l’Ukraine un an après le discours du Zeitenwende,  s’est rendu au Japon pour renforcer le partenariat stratégique germano-nippon, et la visite du nouveau roi du Royaume-Uni Charles III en Allemagne a illustré la solidité du lien entre les deux pays unis dans leur soutien à Kiev. L’enquête de la Cour fédérale allemande ayant mis en évidence une possible responsabilité ukrainienne dans les explosions ayant touché les gazoducs Nord Stream I et Nord Stream II en septembre 2022 a cependant altéré les relations germano-ukrainiennes. De leur côté, les pays d’Europe du Nord se protègent face à une Russie perçue de manière croissante comme une menace et accentuent leur soutien à l’Ukraine : alors qu’Helsinki, dont l’adhésion prochaine à l’OTAN se précise, a commencé à clôturer sa frontière orientale, Oslo a effectué ses premières livraisons de chars allemands Leopard II à Kiev. 

Du côté des relations entre l’Irlande et le Royaume-Uni, elles sont au beau fixe avec le passage de l’accord pour qu’il n’y ait pas de frontières physiques entre les deux Irlandes. Par conséquent, l’Union Européenne peut aussi en être contente. Toutefois, les relations avec cette dernière sont plus tendues compte tenu des infractions que commet la loi anti-immigration. Ce sujet sera donc source de tension entre le Royaume et l’organisation régionale.

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