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La Géorgie entre influence russe et aspirations occidentales – Point de situation au 27/11/2024

Publié le 28/11/2024
4 min de lecture
Par Alexis de Varax
Asie Centrale et sud-Caucase

Crise post-électorale et contestations nationales

Les élections législatives du 26 octobre continuent de susciter de vives tensions en Géorgie. Trois organisations de surveillance électorale – ISFED, My Vote et GYLA – ont publié un rapport commun affirmant que les résultats ne peuvent être considérés comme libres et équitables. Transparency International Georgia et la Civil Society Foundation ont également soumis un amicus curiae à la Cour constitutionnelle, incluant des preuves d’irrégularités collectées par des observateurs.

Le 25 novembre, le Georgian Dream (GD) a tenu la première session parlementaire malgré les critiques nationales et internationales. Shalva Papuashvili a été reconduit comme président du Parlement, tandis que le Premier ministre Irakli Kobakhidze a annoncé un remaniement gouvernemental avec Maka Botchorishvili comme ministre des Affaires étrangères, soulignant l’objectif d’adhésion à l’UE d’ici 2030. L’opposition, menée notamment par Giorgi Gakharia, a qualifié cette session de « totalement illégitime» et appelé les partenaires occidentaux à ne pas reconnaître le Parlement.

De nombreux citoyens ont rejoint les manifestations contre le Parlement, organisées par l’opposition, avec des rassemblements nocturnes devant le bâtiment. Ces protestations visent à signaler au pouvoir que les élections ne sont pas reconnues comme légitimes par une large partie de la population.

Répression des manifestations et mobilisations sociales

Les protestations contre les résultats électoraux ont été violemment réprimées, notamment lors d’un rassemblement étudiant le 19 novembre. Mate Devidze, un étudiant de 21 ans, risque sept ans de prison pour avoir, selon les autorités, agressé des policiers. La répression a conduit à 16 arrestations, incluant Isako Devidze et Davit Tsotsoria, condamnés respectivement à 8 jours de détention, et Irakli Andghuladze, condamné à une amende de 2 700 GEL.

Des accusations graves d’abus policiers, dont des violences verbales et sexuelles, ont été rapportées par des manifestants comme Natia Dzidziguri. Les organisations locales comme le Social Justice Center ont dénoncé ces actes comme des exemples flagrants d’instrumentalisation politique du système judiciaire et de répression ciblée contre les activistes. L’OSCE/ODIHR a exprimé des préoccupations similaires, appelant les autorités géorgiennes à garantir la liberté de rassemblement et un dialogue sans violence.

En parallèle, la mobilisation sociale ne faiblit pas. Alors que certains manifestants continuent de dénoncer les élections, d’autres soutiennent les activistes emprisonnés. Isako Devidze, hospitalisé après une grève de la faim, nécessite des soins médicaux constants, symbolisant pour beaucoup la lutte pour les droits fondamentaux en Géorgie.

Influence russe et défis de souveraineté

La Russie intensifie son emprise sur les régions occupées de Géorgie. Le 23 novembre, le président russe Vladimir Poutine a signé un accord militaro-technique avec la région de Tskhinvali, officialisant la coopération militaire et le partage d’équipements standardisés. Parallèlement, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a accusé l’Occident de fomenter une «révolution colorée» en Géorgie, une rhétorique qui s’accompagne d’un renforcement de la présence militaire dans la région.

Le conflit en Ukraine continue également de résonner en Géorgie. Deux combattants géorgiens, Levan Lokhishvili et Spartak Lekiashvili, ont récemment été tués, portant le total des pertes géorgiennes à 61. Ces décès témoignent de l’implication de la diaspora géorgienne dans le conflit et renforcent la solidarité entre les luttes ukrainienne et géorgienne contre l’influence russe.

À Tbilissi, le Parlement dominé par le GD poursuit ses projets sans tenir compte des opposants ou des critiques internationales. Lors de la première session, les 150 sièges parlementaires ont été confirmés, tandis que Salomé Zourabichvili a dénoncé cette session comme «inconstitutionnelle» dans une déclaration publique, affirmant que le Parlement «a déchiré la Constitution.» Elle a également appelé à des élections libres et équitables, réitérant sa confiance dans la jeunesse géorgienne pour défendre les valeurs démocratiques.

À propos de l'auteur

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Alexis de Varax

Alexis de Varax est analyste géopolitique. Il est diplômé en géopolitique et philosophie, spécialisé dans les dynamiques politiques du Caucase et de l'Europe de l'Est. Il contribue à la production de veilles géopolitiques hebdomadaires et d'analyses approfondies sur les relations internationales et les enjeux contemporains dans les pays post-soviétiques.

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