Report des élections présidentielles aux Bélarus, pour quelle raison et quelles conséquences ?

Le 23 octobre dernier, la Chambre des représentants, chambre basse du Parlement , a approuvé le report des élections présidentielles, initialement prévues le 20 juillet 2025, au 26 janvier 2025, soit six mois plus tôt. Ce report est justifié par plusieurs raisons selon le Comité électoral central.
Premièrement, le plan quinquennal de développement socio-économique arrive à son terme, et il serait nécessaire d’en évaluer les résultats afin de déterminer les principales orientations de la politique intérieure et étrangère pour le prochain mandat du chef de l’Etat. Deuxièmement, en période hivernale, à la différence de l’été, peu de citoyens partent en vacances loin des bureaux de vote auxquels ils sont rattachés, ce qui rend le vote plus accessible pour la majorité des électeurs.
Cependant, ces justifications ne semblent être qu’un prétexte. Le report de ces élections constitue, en réalité, une stratégie du régime d’A. Loukachenko pour déstabiliser l’opposition bélarusse et maintenir sa domination sur l’État. Organiser des élections en plein hiver, avec des chutes de neige et des températures négatives, vise à décourager les opposants de manifester dans les rues pendant plusieurs jours. Le but est également d’entraver les éventuelles manœuvres de l’opposition en exil, initialement prévues à l’approche des élections de juillet 2025.
Pour rappel, après la réélection d’Alexandre Loukachenko en août 2020, des dizaines de milliers de manifestants avaient contesté les fraudes électorales pendant plusieurs semaines, avant d’être violemment réprimés par la police, provoquant une crise politique dans le pays.
En marge du sommet annuel des BRICS à Kazan, en Russie, le président bélarus, A. Loukachenko a confirmé dans un interview sa volonté de briguer un septième mandat à la tête du pays. Pourtant, à la suite des élections de 2020, il avait signalé qu’il ne se représenterait pas à nouveau. De plus, le référendum sur la révision de la Constitution de février 2022 limite la possibilité d’occuper le poste de président à deux mandats.
En réaction, Svetlana Tikhanovskaya, leader du Cabinet Uni de Transition, a publié une déclaration commune au nom de l’opposition du Bélarus, soulignant la non-reconnaissance des prochaines élections jugées illégitimes et appelant les citoyens à exprimer leur opposition en votant contre le régime. Elle rappelle également que plus de 1 300 personnes sont reconnues comme prisonniers politiques et que plusieurs candidats à la présidentielle de 2020 ont été illégalement emprisonnés ou contraints à l’exil. Par ailleurs, dans l’objectif d’affaiblir l’influence politique de l’opposition, le régime d’A. Loukachenko a interdit le vote dans les ambassades à l’étranger.
Ainsi, après avoir instauré un régime répressif à l’intérieur du pays, bloqué les votes à l’étranger et désormais réduit le temps de préparation aux élections, A. Loukachenko espère se maintenir au pouvoir sans subir une nouvelle période d’instabilité politique dans le pays.
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Vladimir Krsmanovic
Biographie non renseignée



