Diverses politiques extérieures Arménie Azerbaïdjan Géorgie – Point de situation au 05/05/23

Les propos de Mehmet Cavusoglu, le ministre des Affaires étrangères turc, en date du 3 mai sur NTV, sont révélateur d’une réconciliation plutôt compromise avec l’Arménie qui a décidé de l’érection d’un monument en l’honneur de l’opération Nemesis à Erevan le 25 avril dernier.
A cette occasion il a annoncé la fermeture de l’espace aérien turc aux avions arménien se rendant dans des pays tiers n’autorisant que le déplacement exceptionnel du président du Parlement arménien pour le 30 anniversaire de la fondation de l’Assemblée parlementaire de la coopération économique de la mer Noire, après avoir déclaré : «Le monument qu’ils ont érigé a été construit pour glorifier les organisations terroristes qui ont martyrisé nos diplomates, terroristes, et des organisations terroristes qui ont martyrisé nos frères azerbaïdjanais et nos citoyens dans les années 1920. Nous ne pouvons accepter cette provocation monumentale». Il a ajouté : «Après la fin de la guerre patriotique en Azerbaïdjan, la Turquie souhaitait sincèrement la normalisation des relations avec l’Arménie. L’Azerbaïdjan a fait preuve d’initiative de paix […] mais l’Arménie a poursuivi les provocations, notamment en envoyant des armes au Karabakh, ce qui crée des tensions».
Pourtant Nikol Pachinian a répondu en ces termes à cette initiative mémorielle : «si les autorités y avaient opposé des obstacles, elles auraient été accusées de trahison. En fait, la question clé est : qu’est-ce que la véritable trahison nationale et étatique ? Lorsque les routes sont fermées à l’Arménie, c’est plus un problème pour l’Arménie elle-même que pour ceux qui les ferment». Il a également ajouté : «La République d’Arménie doit déclarer qu’elle n’a et n’aura aucune ambition territoriale envers un autre pays. C’est le seul principe qui nous donnera une chance d’avoir un État. Sinon, de toutes parts, nous aurons affaire à des forces qui feront tout pour que nous n’existions pas en tant qu’État. Et ils le font déjà. […] Être un État, c’est avoir des relations normales dans l’environnement régional».
Le 3 mai avait également lieu la 4ème rencontre du dialogue de sécurité UE – Azerbaïdjan coprésidée par Enrique Mora, secrétaire général adjoint pour les affaires politiques du Service européen pour l’Action Extérieure, et Hikmet Hajiyev, conseiller en politique étrangère du président de la République d’Azerbaïdjan, et qui a donné lieu à un communiqué de presse conjoint publié par le SEAE informant que les participants avaient «engagé une discussion constructive sur des questions d’intérêt commun dans le domaine de la politique étrangère et de sécurité, et sur une éventuelle coopération future, entre autres, sur les cybermenaces et les menaces hybrides, la lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme, et sur les activités liées à l’espace» et soulignant «le rôle de l’Azerbaïdjan en tant que partenaire énergétique fiable».
Le 5 mai, plusieurs médias (Report.az, Trendnews, Haqqin) ont informé de la déclaration comme persona non grata de plusieurs citoyens azerbaïdjanais en Iran : 4 employés de l’ambassade à Téhéran et du consulat général de Tabriz, un retour à la décision similaire prise par l’Azerbaïdjan début avril.
À propos de l'auteur
Morgan Caillet
Morgan est socio-anthropologue de formation, diplômé de l’IEP d’Aix en Provence en Management interculturel et médiation religieuse et de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques en gestion de projets internationaux. Il mène une recherche indépendante sur la résolution des conflits et la construction de la paix dans la région sud-caucasienne.



