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Diverses politiques extérieures Arménie Azerbaïdjan Géorgie – Point de situation au 04/04/23 (Maj 07/04)

Publié le 04/04/2023
8 min de lecture
Par Morgan Caillet
Asie Centrale et sud-Caucase

Le 29 mars, le ministre des Affaires étrangères azerbaïdjanais Djeyhoun Bayramov s’est rendu en visite officielle dans l’État d’Israël où il a notamment rencontré le résident Isaac Herzog, Le ministre des Affaires étrangères israélien a informé que l’Azerbaïdjan a ouvert une ambassade le même jour en déclarant : «L’Azerbaïdjan est un pays musulman, et sa situation stratégique confère à la relation entre nous une grande importance et un grand potentiel. Israël et l’Azerbaïdjan partagent la même perception de la menace iranienne. Le régime des ayatollahs iraniensmenace nos deux régions, finance le terrorisme et déstabilise tout le Moyen-Orient. Nous devons agir ensemble pour empêcher l’Iran d’acquérir des capacités nucléaires». Le premier ambassadeur azerbaïdjanais en Israël, Mukhtar Mammadov, a remis sa lettre de créance au président Isaac Herzog. Djeyhoun Bayramov s’est également rendu au complexe commémoratif de Yad Vashem.

Cette visite n’a pas été sans jeter de l’huile sur le feu des relations entre l’Azerbaïdjan et l’Iran. Ainsi le ministère de la Défense azerbaïdjanais a réagi le 30 mars aux propos du commandant des forces terrestres de l’armée de la République islamique d’Iran, Kiomers Heydari faisant allusion à des «forces pro-sionistes en Azerbaïdjan» et à l’utilisation de terroristes de l’Etat islamique de Syrie durant la «guerre de 44 jours». Il a ainsi déclaré : «l’accusation de la partie iranienne sur la présence de forces étrangères sur le territoire de la République d’Azerbaïdjan est sans fondement et totalement inacceptable. En général, il n’y a pas d’éléments étrangers sur le territoire de la République d’Azerbaïdjan» ajoutant «Nous voudrions rappeler à K. Heydari que l’Arménie a occupé les territoires de l’Azerbaïdjan pendant 30 ans. À la suite de cette agression militaire, la section de 132 kilomètres de la frontière d’État entre l’Azerbaïdjan et l’Iran a également été occupée. Cependant, la partie iranienne n’a jamais fait une seule déclaration incriminante concernant l’Arménie. Au contraire, la fraternité irano-arménienne s’est renforcée durant cette période. Aujourd’hui, ce n’est un secret pour personne que l’Arménie a deux principaux alliés dans le monde, l’un d’eux est la France et le second l’Iran». De même, le ministère des Affaires étrangères azerbaïdjanais a également réagi aux propos du ministre des Affaires étrangères iranien en date du 31 mars parlant de «mauvaises intention du régime sioniste de  transformer le territoire de la République d’Azerbaïdjan en une menace contre le pays» et de «complot que le régime sioniste fomente contre elle depuis le territoire de la République d’Azerbaïdjan» en ces termes : «nous considérons cette déclaration du Ministère des affaires étrangères de l’Iran comme une nouvelle étape anti-azerbaïdjanaise. Nous déclarons que l’Azerbaïdjan n’a jamais autorisé l’utilisation de son territoire contre des pays tiers. Au contraire, récemment, des menaces ont été proférées et des provocations ont été menées contre l’Azerbaïdjan depuis le territoire de l’Iran […] Aujourd’hui, la fraternité entre l’Iran et l’Arménie reste une menace pour toute la région».


Aucune information n’a semblé sortir concernant l’éventuel achat d’armements supplémentaires de l’Azerbaïdjan à Israël.

Les médias locaux (Haqqin, Turan, Azerfocus) ont relayé un attentat terroriste à Bakou contre le député azerbaïdjanais Fazil Mustafa le 28 mars et pour lequel les services de sécurité de l’Etat azerbaïdjanais ont informé de l’ouverture d’une enquête pénale. Par ailleurs, selon le porte parole du MAE azerbaïdjanais, une note verbale aurait été envoyé par l’ambassade d’Iran au ministère des Affaires étrangères azerbaïdjanais «pour qu’il prenne les mesures appropriées pour empêcher les émissions anti-iraniennes et articles dans les médias azerbaïdjanais» qui aurait convoqué, lui, l’ambassadeur iranien, Seyyed Abbas Mousavi, lui déclarant que «les malentendus qui surgissent dans [leurs] relations [étaient] constamment causés par le comportement unilatéral et les démarches de la partie iranienne, ainsi que par la réciprocité inadéquate de l’Iran aux démarches cohérentes et bien intentionnées de la partie azerbaïdjanaise». Une vague d’arrestation a eu lieu cette semaine en Azerbaïdjan relayée par une déclaration conjointe des services de sécurité de l’État, du ministère de l’Intérieur et du Procureur général, Meydan TV faisant état d’environ 400 personnes arrêtées pour «trafic de drogues».

A l’occasion de sa visite le MAE azerbaïdjanais également rencontré son homologue palestinien Riyad al-Maliki auprès duquel il s’est engagé à la construction d’une école dans la région de Naplouse, selon APA. Ce dernier aurait déclaré selon Azertac, «Nous apprécions hautement le soutien de l’Azerbaïdjan à la Palestine dans ses efforts de libération» et l’aurait remercié d’ouvrir un bureau de représentation à Ramallah. Le MAE azerbaïdjanais aurait, selon le même média, soutenu la solution à deux États. Il a également rencontré le Premier ministre de l’Etat de Palestine, Mohammad Shtayyeh.

– Selon TASS, relayant le ministère des Affaires étrangères russe, l’Arménie aurait été averti des conséquences «extrêmement négatives» qu’aurait l’adhésion de ce pays au Statut de Rome de la Cour pénale internationale. En effet, le 24 mars, la Cour constitutionnelle d’Arménie a publié une décision selon laquelle les obligations de la République, énoncées dans le Statut de Rome étaient conformes à la loi fondamentale du pays, alors que le 17 mars la CPI a délivré un mandat d’arrêt à l’encontre du président russe Vladimir Poutine pour «expulsion illégale» d’enfants ukrainiens. Nikol Pachinian a participé à l’ouverture officielle du Sommet pour la démocratie 2023 organisé à l’initiative du président américain Joe Biden entre le 28 et le 30 mars, avant de s’associer à la déclaration adoptée tout en émettant une réserve sur le paragraphe condamnant l’invasion russe en Ukraine et demandant le retrait immédiat, complet et inconditionnel de ses forces militaires au motif que celui-ci «ne reflète pas tous les conflits et crises de manière globale et de manière inclusive et ne tient pas compte du fait des actes d’agression de l’Azerbaïdjan contre le territoire souverain de la République d’Arménie et de l’occupation de certaines parties du territoire souverain de l’Arménie». Le 28 mars a également eu lieu la 16e session ordinaire de la commission intergouvernementale arméno-russe sur la coopération militaro-technique au ministère de la Défense arménien. La Russie a interdit l’importation de produits laitiers en provenance d’Arménie à partir du 5 avril.

Le 29 mars, les ministres des Affaires étrangères russe et iranien se sont rencontrés à Moscou et ont donné une conférence de presse commune au cours de laquelle Sergueï Lavrov a déclaré : «Il a été décidé de continuer à promouvoir activement le processus de négociation en vue de conclure un accord de libre-échange à part entière entre l’Iran et l’UEE […] Nous avons réaffirmé notre rejet de la ligne destructrice de «l’Occident collectif», visant à remplacer le droit international, l’architecture centrée sur l’ONU par «l’ordre basé sur des règles» américain. […] Nous avons examiné en détail la situation autour du Plan d’action global conjoint sur le programme nucléaire iranien. Nous sommes unanimes à comprendre qu’il n’y a pas d’alternative à cet accord international, qui est inscrit dans la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée à l’unanimité.  […] Nous nous sommes félicités de l’amélioration de la situation dans la région du Moyen-Orient, notamment à la lumière du rétablissement récemment annoncé des relations diplomatiques entre l’Iran et l’Arabie saoudite. […] Nous avons réaffirmé notre soutien à l’achèvement rapide du processus d’officialisation de l’adhésion à part entière de l’Iran à l’OCS. […] Nous espérons que les tensions actuelles dans les relations entre Bakou et Téhéran sont temporaires et seront surmontées dès que possible. Cela contribuera également à la promotion de la coopération trilatérale avec la participation de la Russie, de l’Iran et de l’Azerbaïdjan».

À propos de l'auteur

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Morgan Caillet

Morgan est socio-anthropologue de formation, diplômé de l’IEP d’Aix en Provence en Management interculturel et médiation religieuse et de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques en gestion de projets internationaux. Il mène une recherche indépendante sur la résolution des conflits et la construction de la paix dans la région sud-caucasienne.

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