Diplomatie énergétique et des ressources naturelles en Asie centrale – Point de situation au 15/12/2024

Un potentiel gazoduc Russie-Kazakhstan-Chine
La Russie envisage de construire un gazoduc reliant la Chine en passant par le Kazakhstan, suscitant des discussions dans ce pays. Le porte-parole de QazaqGaz, Mukhit Ykylyas, a annoncé le 25 novembre que ce projet est en cours de développement avec la compagnie russe Gazprom. Les volumes de consommation de gaz des régions septentrionales et orientales du Kazakhstan sont à l’étude, ainsi que le prix et le transport vers la Chine.
Cependant, le ministre kazakh de l’Énergie, Almassadam Satkaliyev, n’a pas confirmé ces négociations même s’il a exprimé l’intérêt du Kazakhstan pour le transit du gaz russe vers la Chine. Il a précisé que le soutien du Kazakhstan dépendrait de l’obtention d’une part du gaz à un prix convenu pour son marché intérieur.
La Chine renforce sa position d’importateur de gaz auprès de l’Ouzbékistan en 2024
Les livraisons de gaz ont augmenté entre l’Ouzbékistan et la Chine en 2024. Selon les données de Tachkent, les livraisons de gaz à la Chine ont représenté 540,4 millions de dollars en 2024, soit une augmentation de 17,9% en comparaison avec l’année précédente (selon les données de Pékin, l’augmentation aurait été de 25% par rapport à 2023).
Le Turkménistan se rapproche de son voisin ouzbèk
L’Ouzbékistan a convenu d’augmenter ses importations de gaz naturel en provenance du Turkménistan. Cette décision s’inscrit dans un contexte où la production nationale de gaz de l’Ouzbékistan diminue, passant de 51,7 milliards de m³ en 2022 à 46,7 milliards de m³ en 2023. L’accord vient compenser une partie des besoins croissants en énergie du pays, qui importe déjà du gaz de Russie et de Chine.
Le Turkménistan, riche en ressources gazières, voit dans cet accord une opportunité de diversifier ses exportations après la fin d’un contrat avec la Russie, son ancien deuxième plus grand client. Le gaz turkmène, vendu historiquement à des prix compétitifs, pourrait également être avantageux pour l’Ouzbékistan par rapport au gaz russe.
Les discussions entre les deux pays ont également porté sur l’accès à l’eau, crucial pour le Turkménistan, pays situé en aval des grands fleuves de la région comme l’Amou-Daria, alors que le changement climatique et des projets en Afghanistan aggravent la pression sur les ressources hydriques.
Cet accord pourrait marquer le début d’une coopération plus étroite entre ces voisins, renforçant leur interdépendance économique et énergétique.
Le Kirghizistan interdit temporairement les exportations de charbon
Le 22 novembre, le Kirghizistan a prolongé de six mois l’interdiction d’exportation de charbon hors de l’UEE pour stabiliser les prix et prévenir les tensions sociales.
Face à une forte demande hivernale, le gouvernement ouvre des points de vente publics et contrôle les abus commerciaux en appliquant des amendes. Des plafonds de prix sont fixés selon les régions, les plus élevés à Karakol.
Bien que plus cher, le charbon kazakh reste prisé pour son efficacité, mais le gouvernement veut le remplacer par des ressources locales à Bichkek. Sur les 2,6 millions de tonnes nécessaires cet hiver, les préparatifs sont jugés suffisants pour éviter les coupures.
Découverte de gisements de métaux rares au Tadjikistan
Des recherches géologiques au Tadjikistan ont révélé 15 zones de pegmatites riches en métaux rares, notamment en lithium, essentiel pour les batteries et les technologies vertes. Ces zones, principalement situées dans l’est du pays, qui est peu exploré, témoignent du potentiel minéral considérable du pays.
Selon le chef du département de géologie, Moukhtar Fozilzoda, le Tadjikistan compte plus de 70 éléments identifiés sur 118 de la table de Mendeleïev, avec 30 actuellement exploités. Parmi les ressources majeures figurent l’argent, le bore, l’antimoine, le mercure, ainsi que de nombreux métaux stratégiques comme le vanadium, le niobium et les terres rares.
Le pays recense plus de 600 gisements, dont une centaine en exploitation, couvrant une cinquantaine de types de ressources minérales. L’extraction est menée par 37 entreprises, soutenues par des investissements locaux et étrangers.
À propos de l'auteur
Thomas Vignes
Diplômé d'un Master en science politique spécialisé sur l'espace post-soviétique de la Higher School of Economics de Saint-Pétersbourg, Thomas s'intéresse aux problématiques sécuritaires et énergétiques dans cet espace. Thomas a notamment travaillé avec le Russian International Affairs Council à Moscou et le Caucasus Institute à Erevan. Il réalise désormais des recherches pour EurasiaPeace sur le thème de l'énergie et des ressources naturelles en Asie Centrale.



