Cybersécurité et luttes informationnelles : enjeux du cyberespace européen – Point de situation au 09/01/2025

Depuis février 2022, les incidents récurrents affectant les infrastructures sous-marines dans la mer Baltique illustrent les tensions croissantes entre la Russie et l’Union européenne, dans le cadre de la « guerre hybride ». Le 25 décembre, le câble EastLink2 liant l’Estonie et la Finlande a été endommagé sur une longueur de 170 kilomètres.
Les câbles sous-marins : un enjeu stratégique majeur dans le contexte de la guerre hybride avec la Russie.
Ces câbles, qui transportent plus de 95% des communications mondiales, sont essentiels aux échanges informationnels, économiques et énergétiques. Cependant, leur emplacement sous-marin en fait des cibles de premier plan dans les conflits hybrides.
Suite à la rupture de EastLink2, le président estonien Alar Karis, a déclaré sur X : « Les dommages répétés causés aux infrastructures de la mer Baltique sont le signe d’une menace systémique et non de simples accidents.»
L’enquête ne confirme cependant pas le sabotage russe.
L’ancre du navire Eagle S est soupçonnée d’être à l’origine de l’incident. Le navire est accusé d’appartenir à la « flotte fantôme » russe. Il transporterait du pétrole, contournant ainsi, les sanctions économiques imposées à la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine. Toujours en cours à ce jour, l’enquête n’a cependant pas prouvé le sabotage russe.
Les réactions sont vives et immédiates.
Les acteurs européens et internationaux ont rapidement régi, témoignant de leur inquiétude quant à la sécurité des infrastructures sous-marines.
Dans un communiqué commun publié le 26 décembre, la haute représentante de l’Union européenne, Kaja Kallas, et la présidente de la Commission, Ursula Von der Leyen ont déclaré : « Le navire suspect fait partie de la flotte fantôme de la Russie, qui menace la sécurité et l’environnement, tout en finançant le budget de guerre de la Russie. Nous proposerons d’autres mesures, y compris des sanctions, pour cibler cette flotte ». Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, a également déclaré sur X : « Nous suivons les enquêtes menées par l’Estonie et la Finlande et nous sommes prêts à fournir une assistance ».
De fait, l’incident souligne la nécessité pour l’Europe de renforcer la protection de ses infrastructures stratégiques dans un contexte géopolitique marqué par une intensification des stratégies hybrides.
À propos de l'auteur
Elyse Béasse
Suite à une classe préparatoire littéraire spécialité histoire-géographie, Elyse a validé une licence d’histoire à Sorbonne Université. Européenne. Elle poursuit désormais ses études en Master Affaires européennes à Sorbonne Université avec pour objectif de se spécialiser dans les questions liées à la défense de l’Europe. Elle s’intéresse particulièrement au domaine de la cyberdéfense.



