Conflit Abkhazie et Ossétie du sud / Géorgie – Point de situation au 27/03/23

Ce 21 mars, à l’occasion du 14ème congrès du parti politique nationaliste abkhaze «Amtsakhara», le «président de la République autoproclamée d’Abkhazie», Aslan Bzhania, a affirmé que «la situation ajourd’hui [était] plus compliquée qu’en 2008» puisque l’ouverture d’un deuxième front était un objectif du parti politique du «Rêve géorgien». De ce constat, Aslan Bzhania a regretté la réalisation partielle du «Traité d’alliance et de partenariat stratégique» signé en 2014 entre «la République d’Abkhazie» et la Fédération de Russie qui doit «renforcer les capacités de défense de l’Abkhazie et de créer un espace commun de défense et de sécurité». Enfin, le dirigeant abkhaze a démontré sa volonté de «renforcer la coopération avec la Fédération de Russie et ses régions» tout en accroissant «la mobilisation et la préparation au combat des «Forces armées de la République d’Abkhazie»». C’est dans cet objectif que Sergey Shamba, le «secrétaire du Conseil de sécurité de la République d’Abkhazie» accompagné de Alkhas Barzania, «ministre conseiller de l’ambassade d’Abkhazie» en Russie, ont rencontré le premier secrétaire adjoint du Conseil de sécurité de la Russie, Rashid Nurgaliyev, le 21 mars, avant de rencontrer le 23 mars le Secrétaire du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, Nikolay Patrushev à Moscou, selon un communiqué sur le site internet du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie. Cette rencontre leur a permis de «signer un plan de coopération entre les appareils des conseils de sécurité pour 2023-2024, prévoyant des mesures visant à renforcer l’intéraction entre les services répressifs».
Également, dans une volonté de maintenir les cadres de coopération permettant la stabilité régionale, le «ministère des Affaires étrangères d’Abkhazie» s’est entretenu le 22 mars avec les coprésidents des Discussions internationales de Genève sur la stabilité et la sécurité en Transcaucasie en vue du 57ème cycle qui devrait avoir lieu du 4 au 5 avril prochain. Cette réunion de travail a été l’occasion de discuter de questions comme «la reprise des travaux du Mécanisme de prévention et de réponse aux incidents, des problèmes liés à la liberté de circulation». Les coprésidents des Discussions de Genève, Cihan Sultanoglu, représentant des Nations Unies, Toivo Klaar, le représentant spécial de l’Union Européenne pour le Caucase du Sud et Viorel Moshanu, représentant spécial du président de l’Organisation de sécurité et de coopération en Europe pour le Caucase du Sud, ont également eu des consultations avec, Mikhaïl Galouzine, vice-ministre russe des Affaires étrangères, le 22 mars, et la partie sud-ossète. Le ministère russe dans un communiqué a réaffirmé que «la tâche principale des discussions de Genève [était] d’assurer la stabilité dans la région» qui ne serait maintenue que si la Géorgie donnerait «des garanties de non-recours à la force contre les républiques autoproclamées reconnues par Moscou», avant d’avoir explicité «le caractère inacceptable de nombreux mois d’indisponibilité de ce format de négociation unique en raison d’annulations et de reports non motivés par les coprésidents, contrairement à l’opinion de la majorité des Etats participants». Toivo Klaar et une délégation de diplomates européens ont également rencontré le «président du Parlement abkhaze», Lasha Ahuba le 17 mars afin d’échanger sur des questions d’actualité liée à la sécurité régionale. Toivo Klaar a affirmé avoir également rencontré Sergueï Chouba, «le secrétaire du Conseil de Sécurité», tout en reconnaissant «qu’à l’heure actuelle, ni Soukhoumi ni Tbilissi n’étaient prêts ou capables de mener des négociations officielles» malgré ces efforts pour «promouvoir des contacts plus informels mais directs entre les parties dans l’espoir que cela sera acceptable».
De son côté, «la république autoproclamée d’Ossétie du Sud» a annoncé le 23 mars via «le président de la commission pour la délimitation et la démarcation de la frontière de la république d’Ossétie du Sud et de la Géorgie», Harry Muldarov, que «la commission crée au Parlement de la république autoproclamée d’Ossétie du Sud pour déterminer la frontière de facto avec Géorgie avait achevé ses travaux» de manière unilatérale et à l’aide du «décret n ° 2 du Comité exécutif central pangéorgien des conseils et du Conseil des commissaires du peuple de la République socialiste soviétique de Géorgie « Sur la formation de la région autonome d’Ossétie du Sud» du 20 avril 1922. Sur la base de documents d’archives relatifs à la mise en œuvre du décret n ° 2, le rapport final du groupe de travail a été compilé et le projet « Carte – Plan » de la frontière de l’Ossétie du Sud avec la Géorgie a été élaboré».
Au niveau diplomatique, des délégations du «ministère des Affaires étrangères d’Abkhazie» ont effectué des voyages de travail au Liban et en Afghanistan entre le 20 et le 24 mars. Les objectifs étaient divers comme la «création de conditions propices au développement des liens commerciaux et économiques entre l’Abkhazie et le Liban, l’Abkhazie et l’Afghanistan, l’établissement de maisons de commerce, renforcer les contacts humanitaires avec les pays du Moyen-Orient». Dans ce contexte, le «ministre des Affaires étrangères d’Abkhazie», Inal Ardzinba avait déclaré le 7 mars que «l’une des priorités de la politique étrangère de l’Abkhazie [était] le Moyen-Orient». Le Liban et l’Afghanistan ne reconnaissent cependant pas l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud.
De plus, dans ce cadre diplomatique abkhaze, Aslan Bzhania, le «président de la république d’Abkhazie» a rencontré le 20 mars l’ambassadeur de la Fédération de Russie en Abkhazie, Mikhaïl Shurgalin accompagné du ministre-conseiller de l’ambassade de la Fédération de Russie, Maxim Litvinov, afin d’échanger sur «l’agenda international de la coopération en matière de politique étrangère entre les deux pays». Toujours dans cette volonté de renforcer les liens diplomatiques entre Abkhazes et Russes, le Premier ministre abkhaze, Alexander Ankvab, a tenu «une réunion de travail avec les départements responsables de la mise en œuvre du bloc des questions prévu par le Programme pour la formation d’un espace social et économique commun entre la République d’Abkhazie et la Fédération de Russie sur la base de l’harmonisation de la législation» le 20 mars.
À propos de l'auteur
Constant Henrio
Biographie non renseignée



