Conflit Abkhazie et Ossétie du sud / Géorgie – Point de situation au 08/04/2023

L’Abkhazie a tenu à renforcer ses relations et coopérations internationales, régionales et bilatérales. Ainsi, la faculté d’agro-ingénierie d’Abkhazie a accueilli, le 5 avril, une conférence pour les étudiants organisé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), sur le thème «système de gestion de la sécurité alimentaire» dans le cadre du projet «Soutien aux femmes dans la production de produits laitiers faits maison»», mis en œuvre conjointement avec la Direction du développement et de la coopération.
De plus, dans une volonté de renforcer la coopération régionale, le «représentant commercial de la République d’Abkhazie» en Fédération de Russie, Oleg Bartsyts, a participé, le 5 avril, «aux travaux du Conseil inter-États des pays de la Communauté des États Indépendants sur les activités de congrès et d’expositions», lors d’une réunion à Moscou, et a déclaré que «malgré le fait que l’Abkhazie n’est pas un membre de jure de la CEI, elle fait sans aucun doute partie intégrante de l’espace eurasien post-soviétique», avant de mettre en avant l’importance du pavillon culturel, d’exposition et commercial abkhaze à Moscou dans la réalisation de l’objectif de «promouvoir les produits nationaux abkhazes sur les marchés des pays de la CEI et populariser la culture abkhaze originale». Ensuite, une délégation du «ministère de l’Intérieur de l’Abkhazie» dirigée par le «ministre de l’Intérieur», Walter Butba, est arrivée à Sotchi pour participer à la réunion interdépartementale du Comité bilatéral des organes des affaires Intérieures des régions frontalières, qui s’est tenue le 6 avril, «dans le cadre de l’accord entre le «ministère de l’Intérieur de la République d’Abkhazie» et le ministère de l’Intérieur de la Fédération de Russie sur la coopération des organes des affaires Intérieures des régions frontalières daté du 24 décembre 2010». Les discussions se sont focalisées sur «la lutte contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes, à la prévention des crimes et délits dans les zones frontalières, ainsi qu’à l’organisation d’activités conjointes pour prévenir l’extrémisme chez les jeunes», et ont eu lieu entre les représentants de la Direction principale du ministère de l’Intérieur russe pour le territoire de Krasnodar, pour le district fédéral du Caucase du Nord, du ministère de l’Intérieur de la République de Karatchaïevo-Tcherkessie, du département du ministère de l’Intérieur de la Russie pour le territoire fédéral «Sirius» et du «ministère de l’Intérieur de la République d’Abkhazie». Cette volonté de renforcer les coopérations transfrontalières a trouvé une application dès le 5 avril, par la participation des «employés du Comité national des douanes de la République d’Abkhazie» à un séminaire à Sotchi pour se familiariser avec «les informations et les outils logiciels du système automatisé unifié des autorités douanières russes», qui a été organisé dans le cadre du Programme pour la formation d’un espace social et économique commun entre la République abkhaze et la Fédération de Russie.
Enfin, l’Abkhazie a renforcé ces relations diplomatiques bilatérales de deux partenaires principaux. Tout d’abord, avec la Fédération de Russie, puisque le nouvel «ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République d’Abkhazie en Fédération de Russie», Alkhas Kvitsinia, a présenté ses lettres de créance au Président Vladimir Poutine. Vladimir Poutine a déclaré pour l’occasion que «la République d’Abkhazie [était leur] allié stratégique et [leur] voisin le plus proche» et il a ajouté :«Cette année, nous célébrons des dates importantes, le 15e anniversaire de la reconnaissance par la Russie de l’indépendance de l’Abkhazie, l’établissement de relations diplomatiques et la signature du Traité d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle. La Russie continuera à remplir ses obligations sur le développement socio-économique global de l’Abkhazie». Puis, avec l’Ossétie du Sud, dans le cadre des journées culturelles de l’Abkhazie en Ossétie du Sud, qui se sont ouverts le 5 avril pour se clôturer le 7 avril. C’est dans ce cadre que le «président» sud-ossète, Alan Gagloev, a reçu le «ministre de la Culture» de l’Abkhazie, Daur Kove, pour une réunion de travail, à laquelle ont participé, «l’ambassadeur» d’Abkhazie en Ossétie du Sud, Alan Elbakiev et la «ministre de la Culture» de l’Ossétie du Sud, Radmila Dzagoeva. Durant cette réunion, Alan Gagloev a souligné que «les représentants des peuples ossète et abkhaze, ainsi que le peuple multinational russe, défendent tous les mêmes valeurs et la même histoire». Lors de la cérémonie de clôture, Radmila Dzagoeva a déclaré que «le 31 mai, l’Ossétie du Sud effectuerait une visite de retour en Abkhazie».
Le 57ème cycle des Discussions internationales de Genève (GID) sur la sécurité et la stabilité en Transcaucasie s’est tenu à Genève le 4 et 5 avril avec la participation de représentants de l’Abkhazie, de l’Ossétie du Sud, de la Géorgie, de la Russie et des États-Unis, sous la coprésidence des Nations Unies, de l’Union Européenne et de l’Organisation de sécurité et de coopération en Europe, d’après un communiqué de presse des Coprésidents des Discussions internationales de Genève. Au programme de ces réunions, une revue des «développements sécuritaires et humanitaires depuis le précédent cycle GID tenu en octobre 2022», une réitération des participants quant à «leur engagement envers le processus et leur intérêt à assurer la continuité du GID en tant que seule plate-forme où les conséquences du conflit sont traitées» tout en soulignant «le rôle clé joué par le GID en tant que plate-forme de prévisibilité et de dialogue, au profit de la sécurité et de la stabilité, ainsi que du bien-être des populations touchées par les conflits». Toutefois, le communiqué de presse a signalé que «le non-recours à la force et les arrangements internationaux en matière de sécurité» n’avait pas fait l’objet d’accord entre les participants, ainsi qu’une discussion simplement partielle concernant la question des réfugiés à cause «du débrayage de certains participants». De leur côté, les autorités officielles de la Fédération de Russie, via son ministère des Affaires étrangères, a publié un message aux médias concernant les «consultations sur la sécurité et la stabilité en Transcaucasie», regrettant «les annulations et les reports non motivés» des cycles de GID, affirmant que «les pauses prolongées dans le processus de négociation se [traduisaient] par une augmentation de la tension dans la région, dont la responsabilité [incomberait] entièrement aux initiateurs du blocage du dialogue politique» mais ont mis en avant le maintien d’un dialogue par des négociations en lignes directes et dans le cadre du Mécanisme de prévention et d’intervention en cas d’incident à la frontière entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud dans le village d’Ergneti. De plus, les autorités russes ont affirmé avoir «souligné le caractère inacceptable des tentatives incessantes de «l’Occident collectif» de transférer la logique de confrontation de l’Ukraine à la Transcaucasie, qui s’exprime par des appels provocateurs à Tbilissi pour ouvrir un «deuxième front» contre la Russie en Abkhazie et en Ossétie du Sud». Enfin, les autorités russes ont assuré leur volonté conjointe avec l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud de conclure «un accord juridiquement contraignant sur le non-recours à la force par la Géorgie à l’égard de l’Abkhazie et entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud» mais également la mise en place «du processus de délimitation des frontières entre la Géorgie et l’Abkhazie et entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud et leur démarcation ultérieure» pour permettre l’instauration de la stabilité et de la sécurité en Transcaucasie. Le prochain cycle GID devrait se tenir à la mi-juillet 2023.
À propos de l'auteur
Constant Henrio
Biographie non renseignée



