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Conflit Abkhazie et Ossétie du sud / Géorgie  – Point de situation au 05/01/24

Publié le 05/01/2024
3 min de lecture
Par Morgan Caillet
Asie Centrale et sud-Caucase

Le « Parlement de la République d’Abkhazie » a adopté le 27 décembre dernier [par 26 voix pour sur les 28 députés présents à la séance extraordinaire] la loi sur la ratification de l’accord entre l’Abkhazie et la Russie sur le transfert de la propriété de la datcha Pitsunda à la Russie pour un bail de 49 ans. Un accord qui a, comme un geste à l’égard de l’opposition, fait l’objet de deux amendements  [concernant les coordonnées géographiques exactes et l’ajout d’une clause de « non cession des terrains à des tiers »] mais qui a été fermement condamné par la présidente Salomé Zourabishvili, le ministère géorgien des Affaires étrangères, le département d’État états-unien, le MEAE français, et la délégation de l’UE en Géorgie. Ce transfert d’un site de 4km2 fait débat au sein de la société abkhaze depuis juillet 2022, date de la découverte par la population abkhaze de la signature d’un accord datant de janvier 2022 entre les autorités et la Russie.

Du côté sud-ossète, le « président » Alan Gagloev, a déclaré le 28 décembre à Tskhinvali que « la question de l’organisation d’un référendum sur l’adhésion de l’Ossétie du Sud à la Russie [n’avait] en aucun cas été convenue avec [leurs] collègues russes » et que l’Ossétie du sud, comme vu avec son partenaire russe, n’y était pas encore prête. Il a également annoncé que la construction en collaboration avec la Russie de drones à usage militaire et civil était en projet. Le lendemain, son « ministère des Affaires étrangères » a fait part en ces termes de son analyse des relations avec la Géorgie dans un rapport consacré aux résultat de la politique étrangère de 2023 : « les dirigeants actuels de la Géorgie sont la cible de très fortes pressions, tant de la part de l’opposition radicale interne que de l’extérieur, de la part des soi-disant « amis de la Géorgie », en relation avec les demandes d’adhésion à la coalition anti-russe de pays, notamment l’imposition de sanctions et même, dans certaines circonstances, l’ouverture d’un « second front ». Jusqu’à présent, les dirigeants géorgiens actuels ont réussi à mener une politique équilibrée et à résister à de tels appels au suicide ».

Le 30 décembre, Bidzina Ivanishvili, l’ancien président géorgien fondateur du parti au pouvoir « Rêve Géorgien » et milliardaire qui avait décidé de quitter officiellement la vie politique en 2021 a annoncé son retour à une position plus pro-active en endossant la fonction de président d’honneur du parti en question, avec l’objectif affiché de « protéger l’équipe de la tentation humaine » et de devenir son nouveau « centre de gravité ».

Il a souligné les dérives possibles du parti au pouvoir du fait de l’incapacité actuelle de l’opposition à « exercer un contrôle efficace sur le gouvernement » et soutenu que les objectifs de la Géorgie étaient protection de l’identité nationale, rétablissement de la souveraineté du pays et intégration de la Géorgie à l’UE.

À propos de l'auteur

Photo de Morgan Caillet

Morgan Caillet

Morgan est socio-anthropologue de formation, diplômé de l’IEP d’Aix en Provence en Management interculturel et médiation religieuse et de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques en gestion de projets internationaux. Il mène une recherche indépendante sur la résolution des conflits et la construction de la paix dans la région sud-caucasienne.

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