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Guide d’entretien Nathalie Clayer – Questions identitaires, religieuses et nationalisme en Albanie

Publié le 01/06/2024
15 min de lecture
Par Eurasia Peace
Entretien

Nathalie Clayer, chercheuse au CNRS, est spécialiste des questions religieuses, mais aussi nationalistes et identitaires, en Albanie, dans les Balkans et en Turquie. Elle a justement travaillé à l’Institut Français d’Etudes Anatoliennes, à Istanbul, et s’est intéressée par le passé à la place de l’Islam dans les sociétés de la région.

Entretien à retrouver dans le dossier Balkans, la prochaine ligne de front ?

Madame Nathalie Clayer, pourriez-vous présenter un peu plus en détail votre parcours en tant que chercheuse ? Qu’est-ce qui vous a amené à vous spécialiser sur les questions identitaires et religieuses en Albanie, et dans une moindre mesure en Turquie ?

Au départ, j’ai été amenée un peu par hasard, à partir de la fin des années 80, à travailler sur la question des confréries mystiques musulmanes, les soufis, dans les Balkans, et plus particulièrement en Albanie. C’est sur ce sujet que j’ai travaillé, avant même que l’Albanie ne s’ouvre avec la chute du régime communiste. J’ai donc fait ma thèse sur l’histoire d’une confrérie mystique musulmane, celle des Halveti (ou Khalwatiyya), dans les Balkans. J’étais d’ailleurs basée à l’Institut Français d’Etudes Anatoliennes, à Istanbul. Puis, suite à l’ouverture politique, je suis allée faire du travail de terrain en Albanie. J’ai accédé à des archives qui étaient auparavant fermées ; c’est à ce moment-là que j’ai commencé à travailler davantage sur la période de l’entre-deux guerres, mais aussi sur le nationalisme et la construction étatique. L’étude du nationalisme a donné lieu à mon livre, «Aux origines du nationalisme Albanais» (2006, édition Karthala), qui revient sur ces évolutions sous l’Empire ottoman, dans le cadre du long 19ème siècle. J’ai ensuite travaillé sur différents sujets qui ont nourri une réflexion sur le long terme. Cette dernière a mené à l’écriture de mon livre, paru il y a deux ans, «Une histoire en travelling de l’Albanie (1920-1939)» (2022, édition Kathala). Cet ouvrage aborde la question de la formation de l’Etat albanais, dans les années 20 et 30 ; mais c’est une formation vue d’en bas, à la fois au-delà et en-deçà de l’Etat. Maintenant, je travaille sur des sujets assez différents. J’étudie la société ottomane, à travers un intellectuel de la fin du 19ème et du 20ème siècle d’origine albanaise. Enfin, je travaille sur l’histoire d’une mine de bitume, qui se trouve aujourd’hui dans le sud de l’Albanie. Cela permet d’aborder des questions sur les rapports entre l’économie, la société et l’environnement. Je prépare également avec des collègues un livre sur les Balkans.

L’Albanie a une histoire assez particulière, avec des influences culturelles et religieuses diverses ; l’Italie et les Etats slaves d’un côté, l’Empire ottoman et l’islam de l’autre. Selon vous, à quelle époque le sentiment national albanais naît-il ?

Comme je l’avais expliqué dans le premier livre que j’ai mentionné, le nationalisme albanais se développe au 19ème siècle, dans la même mouvance que les autres nationalismes. En revanche, pour des raisons sociales et politiques, il reste cantonné à des élites jusqu’à assez tardivement. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il existe des dynamiques à différents niveaux : il y a tout d’abord la dynamique européenne, liée à la fois à la circulation de l’idée nationaliste, mais aussi aux politiques des grandes puissances d’alors. Les impérialismes européens ont évidemment une influence. A cela s’ajoute le niveau balkanique, puisque les interactions avec d’autres mouvements ou la création d’États-nations dans la région (la Grèce, la Serbie, le Monténégro, etc…) entraînent des transformations régionales. Enfin, deux espaces jouent un rôle très important. En premier, l’espace ottoman ; il est impossible de comprendre le développement du nationalisme albanais sans le replacer dans les évolutions même de cet Empire. Ensuite, l’espace adriatique : l’enjeu du contrôle de la mer Adriatique, que se partagent notamment l’Italie d’un côté, l’Autriche-Hongrie de l’autre, est crucial. Ce sont les croisements entre ces différents espaces culturels et politiques qui, selon moi, sont importants pour la création de l’idée de l’existence d’une nation albanaise. Ensuite, celle-ci s’est construite, comme dans le cas des autres nationalismes, sur une histoire et une langue communes. La religion est d’ailleurs un aspect à part, puisque le pays est caractérisé par sa pluriconfessionnalité (ce qui est aussi le cas pour d’autres nations). Dans le discours dominant, la religion est soit écartée, soit on en minimise l’importance ; mais il n’y a jamais un seul discours, une seule façon d’exprimer l’identité nationale. D’autres narratifs lient donc davantage l’identité nationale naissante à la religion, qu’elle soit catholique, chrétienne orthodoxe ou musulmane.

Les Balkans traversent, depuis quelques années, un renouveau des discours nationalistes. La Serbie en est un bon exemple. De tels mouvements gagnent-ils de l’importance en Albanie ?

Le nationalisme est très présent en général, dans les Balkans. Dans chaque pays, il faut toujours se définir par rapport à cette dimension. C’est aussi le cas en Albanie. Mais ce qui me paraît important à analyser, sur la scène politique, ce sont aussi des évolutions idéologiques plus générales, comme l’autoritarisme ; il faut aussi prendre en compte les dynamiques qui dépassent le cadre national. Par exemple, en Europe, que ce soit dans les Balkans ou sur le reste du continent, il y a un certain renforcement des mouvements de droite, voire d’extrême-droite ; l’illébéralisme prend aussi de l’ampleur ici et là. Dans les Balkans, bien qu’il y ait des dynamiques locales et régionales, l’influence des courants européens, voire mondiaux, est à prendre en considération.

Tirana est candidate à l’adhésion européenne depuis une décennie ; or, il est connu que les Etats-membres doivent accepter de se soumettre aux normes de l’UE, dans le cas où la candidature est finalisée. Que pense l’opinion publique des instances européennes ?

Au départ, elle était extrêmement favorable. Cependant, j’ai l’impression que comme dans d’autres pays candidats, il y a une certaine lassitude qui s’installe. Etant donné que la situation économique est assez difficile, preuves en sont les vagues de migration assez conséquentes (surtout des jeunes), la patience des Albanais (je parle d’une partie de l’opinion publique) est mise à rude épreuve. L’Europe semble l’avoir compris, dans un contexte qui est en outre marqué par la guerre en Ukraine, et essaie justement de relancer les processus d’adhésion.

Parmi les représentations que l’on peut avoir de l’Albanie depuis l’étranger figurent en bonne place la loi du Kanun et la pratique de la vengeance comme mode de résolution des conflits, ou la pratique de l’Islam soufi du Bektachisme. Quelle est exactement la réalité de ces pratiques en Albanie actuellement ? Font-elles partie de stéréotypes à déconstruire concernant l’Albanie ou ces pratiques sont encore loin d’être folkloriques, et sont socialement très ancrées dans le pays ?

Ce sont effectivement des stéréotypes, bien que, comme tout stéréotype, ’ils comprennent une part de réalité. Le Kanun, à savoir la loi coutumière, peut exister mais sous des formes qui ont évolué. La question des vengeances est d’ailleurs souvent utilisée comme motif pour des demandes d’asile. Néanmoins, tout comme le Bektachisme (qui concerne seulement 2,5% de la population albanaise selon les recensements), il s’agit de phénomènes très minoritaires qui ne sauraient représenter la grande majorité de la société. L’Albanie est un pays qui n’est, par ailleurs, pas aussi méconnu qu’il n’y paraît. Si le régime communiste a causé un isolement relatif, beaucoup de choses s’écrivent sur ce pays. Le tourisme s’y développe également, et la société albanaise est beaucoup plus complexe que les stéréotypes présentés.

Le régime communiste en Albanie, qui s’est disloqué en 1991, promouvait un réel éloignement de toutes les religions, musulmane comme chrétienne. Cette politique d’athéisme forcé portait-elle ses fruits ? De plus, la liberté de croire a été réinstaurée et bien que l’Etat demeure laïque, les religions ont repris une certaine importance dans le pays. Pensez-vous qu’aujourd’hui, la foi a un poids politique en Albanie ?

A l’époque communiste, sur le modèle stalinien, il y a effectivement eu une lutte contre la religion. Cette dernière fut interdite en 1967, interdiction suivie de l’instauration d’un athéisme d’Etat en 1976. Une partie de la population a adhéré à cette lutte, tandis qu’une autre l’a subi, mais il y avait déjà un phénomène de sécularisation albanaise avant cela. Ces phénomènes ne sont, cependant, pas linéaires. Depuis 1991, la religion a de nouveau le droit de s’organiser. Les cultes, et les croyances anciennes ou nouvelles, ont repris en importance ; aujourd’hui, la majorité de la population se déclare croyante, mais pas forcément pratiquante. Il existe aussi des variations selon la confession. Par exemple, les catholiques sont un peu plus pratiquants, alors que les chrétiens orthodoxes et les musulmans le sont moins. Il ne faut pas oublier les nouvelles religiosités qui apparaissent aussi, et peuvent se combiner aux anciennes. Les croyances New Age, ou le nouveau protestantisme, se sont implantées en Albanie ces dernières années, le signe d’un paysage religieux en constant changement.

Après l’effondrement du bloc de l’Est, la Turquie a essayé de se rapprocher des nouveaux États d’Asie Centrale en jouant sur l’aspect économique, mais aussi religieux. Ce rapprochement s’est d’ailleurs appuyé sur des mouvements confrériques. En a-t-il été de même avec les peuples musulmans des Balkans ? Et si oui, comment cette politique a-t-elle évolué ?

La Turquie est une puissance régionale. Les territoires balkaniques représentent un débouché potentiel pour Ankara, qu’il y ait une présence de musulmans dans les différents pays ou non. Après la chute des régimes communistes, la politique turque s’est redéployée peu à peu dans les Balkans. Certains gouvernements, ou acteurs privés turcs (tels que les entrepreneurs privés, ou les réseaux religieux différents et concurrents), se sont déployés dans les Balkans à partir des années 90. Pour ce qui est des acteurs religieux, ils n’étaient d’ailleurs pas les seuls. Beaucoup d’acteurs arabes, ou venant de diasporas implantées en Occident, ont aussi contribué à ce mouvement avant 2001. Après les attentats du 11 septembre, certains groupes radicaux ont néanmoins été chassés. Pour revenir à la Turquie, les acteurs ne dépendent pas forcément du gouvernement turc. Nous pouvons citer le réseau de Fethullah Gülen, assez présent dans l’ensemble des Balkans, et ce jusqu’en 2016 et au coup d’Etat en Turquie. Cet évènement a marqué la rupture entre le gouvernement d’Erdogan et le mouvement Gülen, mais aussi la fermeture de beaucoup des écoles du réseau dans les Balkans ou ailleurs. Aujourd’hui, les acteurs turcs tentent effectivement de se développer dans l’ancien espace ottoman, sans être forcément motivé par la question religieuse ; les entrepreneurs privés peuvent justement être originaires des Balkans, et utiliser leurs liens afin de favoriser la présence turque, et surtout leurs affaires. Les investisseurs ont souvent tendance à financer des écoles ou à développer du commerce avec leurs régions d’origine.

Si l’Islam sunnite demeure la religion majoritaire, les communautés catholiques et chrétiennes orthodoxes disposent d’un nombre conséquent de fidèles. Y a-t-il des heurts entre les différentes congrégations religieuses ?

A vrai dire, la rhétorique sur la tolérance albanaise est un stéréotype. Il ne faut pas tomber dans une vision manichéenne, il peut arriver qu’à certaines occasions, des conflits symboliques se développent. Par exemple, la figure de Skanderbeg est parfois relue à l’aune de l’une ou de l’autre des confessions albanaises. Cela peut justement faire réagir d’autres groupes, mais ces rivalités demeurent majoritairement symboliques. Ces incidents sont ponctuels (les actes de violence interreligieux sont extrêmement rares), mais la tolérance n’y est ainsi pas plus développée qu’ailleurs en Europe. La question du Kosovo et des voisins albanais

Le Kosovo, qui a proclamé son indépendance en 2008, est majoritairement peuplé par l’ethnie albanaise. Certains groupes politiques, dont le parti kosovar Lëvizja Vetëvendosje, souhaiteraient voir ce territoire rattaché à l’Albanie. Que pensent les Albanais et les Kosovars de cette perspective ?

Effectivement, il y a un courant soutenant la création d’une «Grande Albanie», qui reste tout de même très minoritaire. J’avais écrit un article sur la question, indiquant qu’il y avait plusieurs niveaux derrière cette question ; tout d’abord, il y a le domaine de l’idéal, un projet théorique où les Albanais seraient tous réunis dans un seul État. Cela dit, partager un idéal ne signifie pas que l’on milite pour la création de la Grande Albanie. Politiquement, ce courant est très minoritaire. Certaines personnes, en revanche, pensent que l’adhésion à l’Europe de tous les Balkans permettrait de réunir d’une certaine façon l’ensemble de la population albanaise.

De manière générale, il existe des communautés albanaises dans plusieurs Etats limitrophes, notamment en Macédoine du Nord ou en Grèce. Une diaspora albanaise est aussi assez présente en Turquie, ou en Italie. Quel est le rapport entre ces minorités et Tirana ? Ont-elles un sentiment national assez prononcé ? Y a-t-il des partis ou des factions politiques qui militent pour la création d’une «Grande Albanie», incorporant tous les territoires où les Albanais sont majoritaires ?

On ne peut appeler diaspora des communautés albanaises qui se sont développées durant la période ottomane, et qui vivent aujourd’hui dans les pays limitrophes (Macédoine du Nord, Kosovo, Monténégro). Il y a par ailleurs des diasporas plus anciennes que d’autres. La diaspora albanaise dans le sud de l’Italie s’est, par exemple, formée dès le 14ème siècle. En Grèce, il y avait aussi des populations albanophones au début de l’époque moderne. Les diasporas plus récentes ont commencé à se développer à partir de la fin du 19ème siècle, dans le reste des Balkans (Roumanie, Bulgarie) ou aux Etats-Unis. A l’heure actuelle, la diaspora albanaise est présente dans de très nombreux autres pays, comme en Europe du Nord, en Allemagne ou en Suisse. En définitive, la création de ces communautés albanophones à l’étranger s’est construite de manière feuilletée, avec plusieurs couches se superposant les unes aux autres. De ce fait, ces communautés ont joué et continuent de jouer un rôle important dans la mobilisation nationale, bien que des processus d’assimilation s’effectuent au fur et à mesure des générations. Forcément, l’expression de l’identité nationale évolue dans sa forme et son contenu. Pour prendre un exemple, une femme d’origine albanaise, née en Italie, de la deuxième génération d’immigrés, va exprimer son identité albanaise en fonction d’un contexte social différent de celui d’un Albanais installé aux Etats-Unis depuis 15 ans.

En juillet 2022, la minorité ethnique albanaise, en Macédoine du Nord, a organisé des manifestations autour de l’adhésion des Balkans Occidentaux à l’UE. Selon vous, quel pourrait être l’avenir de l’Albanie et de sa diaspora dans cette région de l’Europe ?

Ce que ces manifestations révèlent, c’est que l’adhésion à l’Union Européenne pourrait être une solution aux difficultés économiques que rencontre la région, ou une possibilité pour améliorer leurs droits ; les manifestants y voient peut-être la possibilité de réunir sous une même entité tous les Albanais, ou d’avoir des contacts plus aisés entre ces communautés, je l’ai dit. Mais, comme souvent, nous en revenons à la question économique et sociale ; tant que cette dernière ne s’améliorera pas pour l’Albanie et les Balkans, les tensions et les manifestations continueront à se développer.

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