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VEILLE CHINE – Du 31 décembre 2022 au 6 janvier 2023

Publié le 07/01/2023
8 min de lecture
Par Anna Balawender
Asie de l'est

Equipe de rédacteurs : Vadim Leduc Argenta, Anna Balawender (coordinatrice)

03/01/2023 : Le gouvernement taïwanais demande à rejoindre la consultation de l’OMC sur le contentieux Chine – Etats-Unis  -Anna Balawender-

Le 3 janvier, le gouvernement taïwanais a officiellement envoyé une requête à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) afin d’avoir le statut d’observateur dans le contentieux ouvert par la Chine à l’encontre des Etats-Unis, rapporte le média Bloomberg.

La plainte chinoise a été introduite au Tribunal de l’OMC le 12 décembre 2022, et concerne l’interdiction à l’exportation imposée par les Etats-Unis sur les marchandises contenant des composants produits sur son sol, ou créées à l’aide de la technologie ou de logiciels étatsuniens. La Chine avance dans sa requête 615-1 que le Ministère du Commerce américain, en imposant des restrictions à l’exportation de 2 800 produits, outrepasse la liste officielle établie par les différents traités multilatéraux. Néanmoins, ces traités et la résolution du Conseil de Sécurité cités, s’ils recouvrent bien 1 800 biens dont les échanges doivent être encadrés voire interdits, concernent majoritairement des armes (nucléaires, biologiques, conventionnelles). Dans l’article 7 de sa plainte, la Chine accuse les Etats-Unis de faire un «usage abusif» de ses régulations à l’export afin «d’affaiblir le développement scientifique et technologique des autres membres de l’OMC et de préserver sa prééminence dans le secteur de la technologie».

Le média Insidetrade note que la décision de Taipei place le pays aux côtés de la Russie, qui a également demandé le statut d’observation. Toutefois, les autorités taïwanaises ont immédiatement refusé toute assimilation en affirmant qu’il ne s’agissait pas de soutenir la plainte chinoise, mais de pouvoir se tenir au courant de l’avancement du contentieux, en ce que l’industrie du semi-conducteur est vitale pour son économie.

Dans sa communication du 3 janvier adressée aux délégations étatsunienne et chinoise, la délégation taïwanaise assure que «les Etats-Unis sont un partenaire commercial majeur de [Taïwan]. Nous fournissons une part importante du marché global de semi-conducteurs et sommes fortement intéressés par le suivi de ce contentieux. […] [Le gouvernement taiwanais] a donc un intérêt commercial clair et substantiel dans cette affaire, et demande à pouvoir se joindre à la consultation.»

04/01/2023 : Les autorités chinoises lèvent progressivement l’embargo sur le charbon australien  -Anna Balawender-

Le journal Reuters a révélé le 4 janvier que quatre entreprises chinoises du secteur de l’énergie, (China Datang Corp, China Huaneng Group, China Energy Investment Corp et China Baowu Steel Group) ont été convoquées par la Commission national pour la Réforme et le Développement afin de discuter de la reprise de l’importation de charbon australien. Le même média rapporte ensuite que l’entreprise China Energy Investment Corp a passé une première commande le 6 janvier.

Un embargo chinois sur le charbon et le vin australiens non officiel était en place depuis 2020. Il signait l’apogée d’une série d’événements tendant les relations entre Pékin et Canberra : la limitation de dons financiers aux partis politiques australiens, la controverse autour des instituts Confucius, et surtout, la demande australienne d’une enquête sur les origines du Covid en mai 2020, qui avait achevé le divorce entre les deux gouvernements, bénéficiant pourtant de relations cordiales et d’échanges commerciaux florissants durant décennies précédentes.

L’embargo a néanmoins aussi durement touché l’économie australienne que chinoise : la première assurait près de 30% de l’importation de charbon en Chine, qui possède ses propres réserves de charbon, mais d’une qualité nettement moindre, et donc beaucoup plus polluant. Mais la crise du Covid a imprimé un ralentissement significatif de l’économie chinoise, et les difficultés d’approvisionnement auxquelles la Chine fait face la pousse à revoir sa stratégie vis-à-vis de son ancien partenaire.

Pékin a fait un premier geste en direction du gouvernement australien en félicitant Anthony Albanese pour son élection au printemps dernier. Depuis, malgré les tensions attisées par la visite du Premier ministre d’alors Li Keqiang dans les îles Salomon, historiquement proches de l’Australie, le «dégel» des relations entre les deux gouvernements a semblé réel. Les chefs d’Etat chinois et australien ont eu l’occasion d’échanger au G20 en novembre dernier, puis lors de la visite d’Albanese à Pékin en décembre, déclarant leur volonté de relancer les échanges et la coopération.

05/01/2023 : Pékin et Manille annoncent vouloir résoudre «pacifiquement» leurs différends  -Anna Balawender-

Le 5 janvier, les chefs d’Etat chinois Xi Jinping et philippin Marcos Junior ont annoncé la mise en place d’un canal de communication direct entre leurs ministères des Affaires étrangères afin de pouvoir résoudre «pacifiquement» leurs différends dans la Mer de Chine du Sud.

L’annonce clôt une visite en Chine du président philippin de trois jours (du 3 au 5 janvier 2023), en amont de laquelle il avait déclaré vouloir faire passer les relations sino-philippines «à la vitesse supérieure», selon le South China Morning Post. Fin décembre, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois Wang Wenbin avait lui exprimé le souhait de voir ces relations entrer dans un «âge d’or». Reuters révèle qu’à l’issue de ces entretiens, 14 accords portant sur la sécurité et la coopération économique ont été signés, évoquant notamment l’exploitation de gaz et de pétrole, ainsi que la coopération dans des domaines tels que l’énergie solaire et éolienne, les véhicules électriques et l’énergie nucléaire.

Se rendant en Chine pour la première fois depuis son élection en juin 2022, le président Marcos a déclaré : «Nous sommes d’accord sur le fait que les contentieux maritimes ne recouvrent pas l’entièreté de nos relations», ajoutant que la rivalité maritime demeurait une «préoccupation significative et une priorité» pour les Philippines, rapporte Euronews.

Pour rappel, les tensions entre Pékin et Manille portent sur la délimitation de leurs frontières maritimes communes, et sur la présence grandissante des navires et bases militaires chinoises dans les eaux entourant les Philippines. Les échanges étaient froids depuis que le gouvernement philippin avait saisi le Tribunal international du Droit de la Mer (TDIM) et gagné un contentieux contre la Chine en 2016.

Par ailleurs, comme plusieurs Etats de la région, les Philippines sont au cœur d’une lutte d’influence entre la Chine et les Etats-Unis. A l’occasion de sa visite à Manille et Palawan les 21 et 22 novembre dernier, la vice-présidente américaine Kamala Harris avait réitéré son soutien aux autorités philippines, affirmant qu’«une attaque contre les forces armées philippines en mer de Chine du Sud mettrait en action les accords de défense» signés entre Manille et Washington, selon le journal Voice of America.

06/01/2023 : Renforcement des relations entre la Chine et le Turkménistan au sujet de l’énergie – Vadim Leduc Argenta –

Alors en visite à Pékin ce vendredi 6 janvier, le président turkmène Serdar Berdimuhamedov a rencontré son homologue chinois Xi Jinping au sujet de nouveaux partenariats quant à la sécurité énergétique des deux nations.

Le dirigeant turkmène a affirmé que l’élargissement de la coopération sino-turkmène autour de la question énergétique était conforme aux intérêts stratégiques des deux Etats.  En effet, la Chine dépend fortement de ses importations en pétrole et en gaz, la sécurisation et l’assurance de cet approvisionnement est donc une priorité pour le gouvernement de Xi Jinping.

Xi Jinping déclarait ainsi à Serdar Berdimuhamedov que «la Chine et le Turkménistan devraient s’unir et travailler ensemble […] pour mettre en jeu nos avantages complémentaires, explorer le potentiel de coopération et parvenir à un développement commun».

Ainsi, cette coopération s’étend non seulement dans le commerce, mais aussi dans le cadre d’une sécurité politique.

Par ailleurs, SCMP assure que cette visite est particulièrement importante pour la Chine sachant que les principales économies européennes -et plus particulièrement les économies d’Europe centrale- sont en proie à des pénuries d’énergie causées par l’invasion Russe en Ukraine.

La nécessité pour la Chine d’assurer son alimentation en énergie s’est donc renforcée par la même occasion.

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