VEILLE CHINE – Du 21 janvier au 27 janvier 2023

Equipe de rédacteurs : Protasius Isyudanto, Thomas Taochy et Anna Balawender (coordinatrice)
24/01/2023 : Intervention de Xi Jinping au septième sommet de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes -Protasius Isyudanto-
Le 24 janvier, le septième sommet de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) s’est tenu à Buenos Aires, la capitale de l’Argentine. À l’invitation du président argentin Alberto Fernández, président tournant de la CELAC, le président chinois Xi Jinping a prononcé un discours en visio lors du sommet. «Nous attachons une grande importance à nos relations avec la CELAC, que nous considérons comme notre partenaire clé pour renforcer la solidarité entre les pays en développement et promouvoir la coopération Sud-Sud. C’est pourquoi la Chine a travaillé avec les pays de l’Amérique latine et des Caraïbes (ALC) pour renforcer constamment le Forum Chine-CELAC et faire entrer les relations Chine-ALC dans une nouvelle ère caractérisée par l’égalité, les avantages mutuels, l’innovation, l’ouverture et les bénéfices pour les populations», a déclaré le président Xi. Il a également mentionné l’engagement des pays de l’ALC dans les projets de «Belt and Road» et l’effort de construction d’une communauté Chine-ALC.
Outre les États d’Amérique latine et des Caraïbes, huit organisations régionales, telles que le Système économique latino-américain et caribéen (SELA) et l’Association des États de la Caraïbe (AEC), ont également participé au sommet. Le produit final du sommet, la «Déclaration de Buenos Aires» en 111 points, décrit comment les effets du COVID-19, du changement climatique et de la guerre en Ukraine se sont répercutés sur la région. Le document appelle également à un financement international accru pour s’attaquer à ces problèmes.
L’intervention de la Chine au sommet marque le réchauffement des relations entre les pays d’Amérique latine et cette dernière, qui est le résultat de l’engagement chinois dans la région. Les échanges commerciaux entre la Chine et l’Amérique latine ont été multipliés par 26 entre 2000 et 2020 (passant de 12 à 315 milliards de dollars) et devraient plus que doubler d’ici 2035, pour atteindre plus de 700 milliards de dollars. Les entreprises publiques chinoises ont dépassé les États-Unis en tant que partenaire commercial de l’Amérique du Sud dans divers secteurs, notamment l’énergie, les infrastructures et l’industrie spatiale. Certains analystes considèrent que la Chine tente de se positionner comme une alternative à la présence occidentale dans la région par le biais de la diplomatie du «soft power».
26/01/2023 : La Chine réagit fermement aux propos du consul américain au sujet de la loi sur la sécurité nationale de Hong Kong -Thomas Taochy-
Pékin s’en est pris au consul général américain Gregory May le 26 janvier suite à ces commentaires sur une décision permettant au chef de l’exécutif de la ville de décider si un accusé dans le cadre d’un procès sur la sécurité nationale peut avoir recours à un avocat étranger.
Ce dernier a déclaré que l’interprétation par la Chine de la loi sur la sécurité nationale (imposée à Hong Kong par le gouvernement de Xi Jinping en 2020) «pourrait compromettre davantage l’indépendance du système judiciaire de Hong Kong». Il ajoute : «les entreprises doivent être conscientes que les risques auxquels elles sont confrontées en Chine continentale sont désormais de plus en plus présents ici, à Hong Kong» selon le SCMP.
Le site du Ministère des Affaires étrangères de Hong-Kong accuse le consul américain d’avoir «malicieusement abusé de la loi sur la sécurité nationale de Hong Kong». Il développe «La loi sur la sécurité nationale s’attaque à la question non défendue de la sécurité nationale à Hong Kong pour réprimer la petite minorité et protéger la grande majorité des citoyens».
On peut le voir : dans cet échange, une référence au jugement en cours du magnat des médias Jimmy Laï qui s’était vu autorisé par la cour suprême hongkongaise d’avoir recours à un avocat britannique.
26/01/2023 : Les Etats-Unis autorisent la prolongation du visa exceptionnel pour les Hongkongais -Anna Balawender-
Le gouvernement américain a annoncé le 26 janvier la prolongation du permis de résidence temporaire pour les Hongkongais ayant subi un «départ forcé». Le statut de «bénéficiaire de refuge» («safe haven status»), qui devait initialement expirer le 2 février 2023, sera valable deux années supplémentaires. Le média Hong Kong Free Press explique que ce programme permet aux détenteurs de la nationalité hongkongaise (distincte de la nationalité chinoise sur leur passeport) à résider aux Etats-Unis même après expiration de leur visa. Asia Financial rapporte les mots du Président Joe Biden à l’occasion de cette annonce : «[les Etats-Unis] offrent un refuge aux résidents hongkongais qui se sont vus privés de leurs libertés fondamentales chez eux».
Cette citation fait référence à la répression des manifestants hongkongais depuis 2019, et la mise en place d’une chappe de plomb virtuelle depuis l’adoption de la loi sur la sécurité nationale en 2020. Cette loi a mené à la réduction de la liberté d’expression par l’emprisonnement des activistes (on compte à ce jour 1200 personnalités enfermées sur la base de cette loi), la fermeture progressive des organismes de presse indépendant et la censure croissante sur le net. Les places au Conseil législatif hongkongais (équivalent d’un parlement), enfin, sont désormais occupées par des politiques désignés par Pékin.
L’exécutif chinois n’est pas resté sans réaction après cette annonce de prorogation : dans un communiqué publié quelques heures plus tard, le gouvernement de Hong Kong a dénoncé les «intentions sinistres» des Etats-Unis et leur entreprise d’«intimidation hégémonique». La «diffamation» par Washington de la loi de sécurité nationale adoptée en 2020 est «sans fondement», selon l’autorité exécutive hongkongaise.
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Anna Balawender
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