Veille géopolitique Chine – Du 11 mars au 17 mars 2023

Relations Chine – Russie et Asie centrale – Emilien Kauffmann
– Le 1er mars 2023 se sont entretenus les présidents biélorusse, Alexander Loukachenko et chinois, Xi Jinping. Face à une situation internationale instable, la Chine a affirmé se tenir prête à coopérer avec la Biélorussie pour promouvoir le développement des relations bilatérales collaboratives. La Biélorussie et la Chine travaillent ensemble dans le cadre de la BRI («Belt and Road Initiative») ou Nouvelles routes de la soie, notamment à travers la récente construction d’une ligne de train de fret reliant la Chine à l’Europe. Les deux pays souhaitent également approfondir leurs échanges en matière de coopération médicale et sanitaire, ainsi que de renforcer les échanges culturels entre les deux peuples.
Le président russe Vladimir Poutine a récemment félicité son homologue Xi Jinping pour son élection à la présidence chinoise, qui a eu lieu le 10 mars 2023. Il a affirmé que les stratégies sur le développement économique et social ainsi que pour sauvegarder les intérêts de la Chine sur la scène internationale ont su gagner la confiance du peuple. Le président russe a exprimé sa satisfaction quant à la contribution de la Chine dans son partenariat avec la Russie. Il a également affirmé le maintien d’une communication et d’une collaboration étroite sur les questions régionales et internationales.
– Du 10 au 12 mars s’est tenu la 18ème réunion des magistrats des Cours suprêmes des États membres de l’OCS (Organisation de Coopération de Shanghai). Étaient présents les représentants des Cours suprêmes du Kazakhstan, de l’Inde, de la Russie, de la Biélorussie, de l’Iran, de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan, du Kirghizistan, de la Chine et du Pakistan. Les haut-magistrats y ont discuté de la coopération en matière judiciaire, des efforts conjoints à mettre en place pour protéger les citoyens et renforcer la justice. La numérisation de la justice a également été abordée lors de la réunion, à savoir des tribunaux «intelligents» et de l’avenir du milieu judiciaire. À l’image de l’Europe, de nombreux pays d’Asie forment des coopérations multilatérales dans le but de se renforcer mutuellement, à bonne distance des instances occidentales.
– Situation taïwanaise et activités militaires chinoises – Anna Balawender
– Le 15 mars, le Honduras a annoncé vouloir nouer des relations diplomatiques avec la RPC (République Populaire de Chine). L’Etat du Honduras était jusqu’à ce jour l’un des 14 Etats reconnaissant Taiwan, ou la République de Chine, comme représentant le gouvernement chinois légitime. Or, Pékin n’accepte de lier des relations diplomatiques avec un Etat que s’il renonce à ses relations officielles avec Taipei.
Les raisons motivants ce changement d’allégeance sont d’abord économiques, car le Honduras fait face à une dette qui devient difficilement soutenable. «Nous avons besoin d’investissement, nous avons besoin de coopération», a déclamé le ministre des Affaires étrangères Eduardo Enrique Reina. Le ministre hondurien a également insisté sur le fait cette décision se fondait «sur le pragmatisme, pas sur l’idéologie».
Le même jour, le gouvernement américain a réagi en avertissant le Honduras : «le gouvernement du Honduras devrait être conscient que la République Populaire de Chine fait beaucoup de promesses qui ne sont pas tenues», selon un porte-parole du Département d’Etat américain.
– Le 15 mars également a débuté un exercice naval conjoint de 4 jours impliquant la Russie, l’Iran et la Chine. Cet exercice mené dans le détroit d’Oman, baptisé «Marine Security Belt», a été initié en 2019, et rituellement organisé en 2021 et en 2022. Commentant ces exercices, le ministère de la Défense chinois a déclaré qu’ils «approfondiront la coopération pratique entre les marines des Etats participant».
– Relations Chine – Asie du Sud-Est et Océanie – Protasius Isyudanto et Anna Balawender
– Du 8 au 10 mars, les pays membres de l’ASEAN et la Chine se sont réunis pour poursuivre les négociations autour de la mise en œuvre de la «Déclaration sur les conduites des Parties en mer de Chine méridionale». Interrogé par GMA News le 14 mars, l’ambassadeur indonésien aux Philippines Agus Widjojo s’est réjoui de l’avancée des négociations sur le «Code de conduite» (en anglais COC, pour «Code of Conduct») qui a vocation à lier l’ASEAN (Association des Etats d’Asie du Sud-Est) et la Chine.
Ce Code de conduite est le fruit de discussions longues de plusieurs années, et pourrait représenter, s’il débouche sur un accord contraignant, une véritable avancée dans la régulation des contentieux en mer de Chine méridionale. Un premier document de ce type a déjà été signé par les pays de l’ASEAN et la Chine en 2002, mais sans portée contraignante. Or selon Agus Widjojo, l’Indonésie, qui assume cette année la présidence de l’ASEAN, compte peser en faveur d’une portée obligatoire de l’accord.
«Nous attendons du COC qu’il offre un ensemble de règles encadrant les conduites en mer de Chine méridionale. Les principaux éléments pratiques sur lesquels l’Indonésie insiste toujours sont la prévention des incidents, la gestion des incidents s’ils ont lieu et la création de mesures favorisant la confiance», a déclaré l’ambassadeur.
Ce nouveau Code de conduite vise à réguler les différentes prétentions territoriales qui parfois se recoupent. En effet, la Chine clame sa souveraineté sur une large partie de la mer de Chine méridionale – la «ligne en neuf traits» -, s’étendant sur les eaux qui selon le droit international appartiennent aux Philippines, Indonésie, Malaisie, Vietnam, Taiwan ou encore Brunei. La délimitation précise des zones de souveraineté maritime est d’autant plus cruciale que des réserves de pétrole pourraient être localisées dans cette région.
Or, des incidents fréquents ont lieu dans cette zone sensible : l’activité des navires de pêche chinois s’est largement intensifiée ces dernières années, et l’adoption récente d’une loi autorisant les garde-côtes chinois à faire feu s’ils se considèrent agressés a fortement inquiété les pays riverains. Le dernier incident en date concerne les militaires philippins, temporairement aveuglés par un laser en provenance d’un navire chinois. Le gouvernement chinois a nié toute illégalité de l’action, affirmant qu’il s’agissait d’un laser «inoffensif» utilisé pour estimer la distance séparant le bateau philippin du bateau chinois. Les officiels chinois ont dénoncé, par ailleurs, le fait que les marins philippins s’étaient aventurés dans la zone de souveraineté maritime chinoise.
– Engagement chinois avec et au sein des grandes organisations internationales – Protasius Isyudanto
– UE et TikTok. Les restrictions de TikTok continuent de s’appliquer dans les institutions gouvernementales occidentales. Après les interdictions imposées par les gouvernements des États-Unis et de l’Union européenne, ainsi que par le ministère de la Défense du Danemark, la Belgique a décidé de restreindre l’utilisation de l’application dans ses institutions gouvernementales le 10 mars. Bruxelles a invoqué des inquiétudes concernant la cybersécurité, la protection de la vie privée et la désinformation comme principales raisons de cette décision.
Rishi Sunak, le Premier ministre britannique, a également laissé entendre que l’application pourrait être interdite. Le 13 mars, lors d’une visite à San Diego, M. Sunak a déclaré : «Nous n’avons pas l’habitude de commenter ce genre de choses. Mais ce que je dirais, c’est que nous prenons bien sûr la sécurité des appareils au sérieux. Nous examinons également ce que font nos alliés et nous sommes en train de faire tout cela». Cette décision fait suite à la publication d’informations selon lesquelles des experts du Centre national de cybersécurité du GCHQ auraient évalué l’application et identifié des risques pour des informations sensibles.
– AUKUS. La Chine a dénoncé l’accord sur les sous-marins nucléaires conclu par l’Australie avec les États-Unis et le Royaume-Uni lors d’une réunion diplomatique qui s’est tenue à Canberra le 15 mars. Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, a déclaré que le bloc AUKUS n’avait pas tenu compte des préoccupations des communautés internationales en lançant cet accord. La Chine a également affirmé que l’accord violait le traité de non-prolifération nucléaire.
La ministre australienne des Affaires étrangères a déclaré que son pays envisageait une coopération avec la Chine, à la suite des récentes querelles diplomatiques entre les deux pays. Néanmoins, le porte-parole de l’opposition pour la défense, Andrew Hastie, a répliqué à la Chine en déclarant que «la Chine connaît, après tout, la plus grande expansion militaire en temps de paix depuis la Seconde Guerre mondiale, et il est donc un peu ironique qu’elle nous fasse la leçon au sujet d’une modeste augmentation de notre puissance militaire par rapport à cette expansion».
L’accord sur les sous-marins, remis sous les projecteurs grâce à un nouveau briefing diplomatique, a fait l’objet de critiques de la part de plusieurs parties. La Malaisie et l’Indonésie, toutes deux membres de l’ASEAN, ont exprimé leurs inquiétudes quant à l’acquisition de sous-marins nucléaires. En revanche, le Japon et les Fidji ont accueilli favorablement l’accord, les premiers ministres Fumio Kishida et Sitiveni Rabuka déclarant tous deux que l’accord contribuerait à la paix et à la stabilité de la région.
– UE et terres rares. L’Union européenne a publié un projet de loi sur son approvisionnement en terres rares, élément critique des technologies du futur – telles que les technologies vertes, semi-conducteurs, ainsi que l’industrie militaire et cyber. Cette loi, outre la volonté de produire 10% de l’approvisionnement en terres rares sur le sol européen d’ici 2030, dispose la création d’un plafond d’achats de ces composants auprès d’un tiers à 65%. Cette clause, même si elle ne la nomme pas, concerne implicitement la Chine, car c’est auprès de cette dernière que l’UE acquiert 98% de son stock de terres rares annuel.
– Relations Chine – Afrique, Actualité des Nouvelles routes de la Soie en Afrique – Marie Corcelle
La Chine et l’Afrique du Sud se sont entretenues autour d’un dialogue en ligne le 15 mars auquel étaient conviés d’autres pays, a annoncé RFI.
A cette occasion, e président Cyril Ramaphosa a souligné que son pays était prêt à approfondir renforcer sa relation avec la Chine, et a également salué Pékin pour sa politique étrangère de non-ingérence, rapporte China Daily. Pretoria et Pékin se sont en effet rapprochés ces derniers temps. Dernier évènement en date, l’exercice naval Mosi II mené conjointement avec la Russie au large de Durban. Sans oublier que le pays devrait accueillir le prochain sommet des BRICS cet été. Quelques semaines plus tôt, c’était la Vice-première ministre Sun Chunlan qui rencontrait Cyril Ramaphosa dans la ville du Cap, rappelle le journal sud-africain IOL News.
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Anna Balawender
Biographie non renseignée



