Stratégie et tendances économiques chinoises – Point de situation au 02/12/2024

Amitié sino-brésilienne :
L’année 2024 signe le cinquantenaire de l’établissement des relations diplomatiques entre le Brésil et la Chine. Le président chinois Xi Jinping s’est rendu au Brésil pour une visite d’État dans le but de renforcer les relations bilatérales le 20 novembre dernier. Lors de leur rencontre, les présidents Xi Jinping et Luiz Inacio Lula da Silva se sont accordés pour fonder une « communauté d’avenir partagé pour un monde plus juste et une planète plus durable », rapporte Xinhua.
La visite d’État fait suite à celle de 2023, durant laquelle une vingtaine d’accords avaient été signés. Symbole de bonnes relations économiques entre les deux pays, le commerce bilatéral entre les deux pays est passé d’environ 150 milliards de dollars en 2022 à 181 milliards de dollars en 2023, soit une augmentation de 20% en un an.
La visite a permis la signature de 37 accords bilatéraux, ce que le président brésilien Lula a qualifié de « succès extraordinaire ». Concernant entre autres la science et la technologie, les communications, le développement durable, les deux pays renforcent leurs liens économiques et Pékin assure son statut de premier partenaire commercial avec Rio.
L’amitié sino-brésilienne sort renforcée de cette visite d’État et Pékin compte encore l’approfondir. Par l’établissement de nouveaux liens commerciaux permis par l’implantation des Routes de la soie au Brésil, la Chine pourrait étendre son projet en Amérique du sud après avoir séduit des pays comme le Pérou.
En souhaitant « un monde plus juste et une planète plus durable », le Brésil et la Chine posent les fondements d’un projet qu’ils comptent mettre en place pour les cinq prochaines décennies. De fait, ils comptent renforcer leurs relations bilatérales en coopérant davantage dans les secteurs comme l’intelligence artificielle, la transition énergétique, la santé ou encore l’aérospatiale, laissant planer la possibilité d’intégrer « les routes de la soie chinoise » comme futur projet du développement économique brésilien.
Des tensions toujours croissantes entre l’Union européenne et la Chine sur le marché du véhicule électrique
Dans l’optique d’atténuer les tensions commerciales entre la Chine et l’Union européenne (UE), les autorités des deux parties sont dans l’impasse pour la constitution d’un accord. Mais la rencontre entre représentants chinois et européens la semaine du 18 novembre s’est soldée par une impasse.
De fait, bien que Bernd Lange, président de la commission du Commerce du Parlement européen, déclarait le 22 novembre s’approcher d’une solution pour remplacer les droits de douane européens imposés sur les importations chinoises, d’autres fonctionnaires ont mentionné la difficulté de parvenir à quelconque accord.
L’enlisement récent caractérisé par les représailles économiques chinoises sur les exportations européennes a formulé l’idée de remplacer les taxes à l’importation par
la mise en place d’un prix plancher pour les véhicules électriques chinois. Ainsi, les véhicules chinois accusés de dumping seraient forcés d’augmenter leur prix, les rendant plus équitables sur le marché européen.
Suite à la mise en place de l’augmentation des droits de douane sur les véhicules électriques chinois fin octobre 2024 par l’UE – s’élevant parfois à plus de 40% – , la Chine avait porté plainte auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) déclarant le « manque de fondement factuel et juridique » de cette décision et des « abus des mesures de recours commercial » des institutions européennes à son égard.
Au niveau bilatéral, le gouvernement chinois avait répliqué par la mise en place d’une obligation de dépôt de caution en douane pour toute importation de brandy en provenance de l’Europe.
De plus, l’UE a récemment statué sur l’arrêt d’un programme de subventions pour les constructeurs automobiles chinois qui décident de ne pas partager pas leurs technologies.
Pékin a donc l’obligation de « céder la propriété intellectuelle » et « investir dans des usines européennes » afin de bénéficier de ces subventions s’élevant à un milliard d’euros.
Ainsi, au vu de la réticence chinoise pour toute contrainte nécessitant un partage de propriété intellectuelle, cette dernière limitation de l’Europe ne devrait pas être un gage de pacification immédiate.
À propos de l'auteur
Raphael Yussourou
Biographie non renseignée



