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Situation taïwanaise – Point de situation au 20/04/2023

Publié le 20/04/2023
3 min de lecture
Par Anna Balawender
Asie de l'est

Dans un contexte de crise de la crédibilité du soutien occidental à Taïwan, plusieurs acteurs de la zone indopacifique ont pris des initiatives pour réaffirmer leur volonté de maintien du statu quo dans le détroit.

Défendant une ligne au fondement de sa politique étrangère, le président français Emmanuel Macron a réitéré le 8 avril son soutien au projet d’autonomie stratégique européenne, affirmant que les Etats européens ne devaient pas se plier à un «rythme américain et à une surréaction chinoise». Mais ces propos du président français, sous-entendent également que les affaires taïwanaises n’intéressent pas l’Europe, ont irrité les partenaires européens et américain de la France, et inquiété ses collaborateurs en Indopacifique. Les autorités de ces Etats ont chacune réagi à leur manière pour réaffirmer leur soutien à Taïwan.

– Le 14 avril, la ministre des Affaires étrangères allemande Annalena Baerbock a soutenu qu’au contraire, la montée des tensions dans le détroit de Taïwan aurait des répercussions sensibles sur l’Europe. «Une escalade militaire dans le détroit de Taïwan serait un scénario d’horreur pour le monde entier», a-t-elle affirmé.

– Le 15 avril, la ministre des Affaires étrangères française Catherine Colonna, en déplacement en Corée du Sud en amont du G7, a tenté de clarifier la ligne politique française : «la politique de la France reste inchangée […]. Nous sommes opposés à tout changement unilatéral du statu quo, et à tout usage de la force dans le détroit [de Taïwan]. C’est également la position de nos alliés européens, ainsi que des Etats-Unis

– Le 17 avril, la Marine américaine a envoyé le destroyer USS Miller mouiller dans le détroit de Taïwan. La manœuvre, consistant en la traversée complète du détroit et décrite comme une activité «de routine», visait à réaffirmer «la liberté de navigation et de vol au-dessus de la haute-mer en accord avec le droit international».

Elle fait directement suite aux exercices militaires et simulations de blocus par la marine chinoise dans le détroit une semaine plus tôt.

– Le 18 avril, le média Bloomberg a révélé que le président français prévoyait de mandater le cabinet diplomatique de l’Elysée, afin que les diplomates français travaillent sur un plan de médiation Russie – Ukraine, et ce avec la Chine.

Le porte-parole du président ukrainien, Mikhail Podolyak, a vivement protesté contre l’initiative du président français en affirmant “[qu’]il ne s’agira pas d’un plan de paix : c’est la voie vers la capitulation de l’Ukraine.”

Le même jour, le président du Guatemala a annoncé qu’il se rendra à Taïwan le 22 avril. Cela fait suite à la rupture des relations diplomatiques entre le Honduras et Taiwan au profit de la Chine le 26 mars dernier. Aux côtés du Paraguay et de Bélize, le Guatemala fait partie des trois derniers pays d’Amérique latine et centrale à reconnaître la légitimité politique du gouvernement taïwanais.

– Le 19 avril, ce fut au tour des sénateurs français d’exprimer leur soutien à la population taïwanaise. Le site Public Sénat rapporte qu’une délégation de sénateurs se rendra sur l’île le 23 avril.

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