Situation taïwanaise – Point de situation au 11/04/2023

Du 8 au 10 avril, l’Armée Populaire de Libération (APL) chinoise a mené une série d’exercices militaires autour de l’île de Taïwan. Ces démonstrations ont été organisées en réaction à la visite aux Etats-Unis de la présidente taïwanaise, Tsai Ing-wen, et notamment suite à sa rencontre avec le président de la Chambre des représentants américain, Kevin McCarthy.
Les manœuvres ont impliqué 70 avions, dont des bombardiers, ainsi qu’une flotte de 11 navires ; les autorités taïwanaises ont quant à elles déployé une dizaine de navire de guerre. Des missiles ont été tirés dans les eaux entourant Taïwan, faisant écho aux exercices menés dans la foulée de la visite de la porte-parole de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, en août dernier. Ces démonstrations servent le double objectif d’intimider la population taïwanaise, et d’entrainer concrètement les forces chinoises à un scénario d’attaque de l’île.
Simultanément aux manœuvres militaires, des simulations d’attaques explicites, impliquant des missiles tirés depuis le sol, l’air et la mer et touchant le territoire taïwanais, ont également été produites et diffusées sur Wechat par le Commandement du théâtre oriental de l’armée chinoise.
Bien que la rencontre entre Tsai Ing-wen et Kevin McCarthy ait eu lieu le mercredi 5 avril, les exercices de grande ampleur n’ont débuté que le samedi 8 avril, en raison de la présence à Pékin du président français Emmanuel Macron et de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, du 4 au 7 avril. Le gouvernement chinois n’est néanmoins pas resté sans réagir, car au lendemain de la rencontre entre Tsai et McCarthy, trois navires de guerre et un hélicoptère anti sous-marin ont été déployés par l’armée chinoise dans le détroit de Taïwan.
– En addition, l’autorité de sûreté maritime du Fujian, la province chinoise la plus proche de Taiwan, a annoncé le jour du déploiement entamer trois jours de patrouille extraordinaire pour inspecter les bateaux traversant le Nord et le centre du détroit. Réagissant à cette annonce, le Conseil des affaires continentales de Taïwan (MAC) a accusé Pékin d’«entraver» le commerce dans le détroit, et a affirmé «[qu’]il s’agit d’une violation flagrante de l’accord de transport maritime entre les deux rives du détroit et des pratiques maritimes, qui aura un impact négatif important sur le trafic normal entre les deux rives.»
Le ministère taïwanais du transport maritime et des ports a également fortement protesté contre la mesure, et demandé aux opérateurs du transport maritime de ne pas se plier aux demandes des autorités chinoises concernant l’inspection extraordinaire, s’ils venaient à en recevoir.
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Anna Balawender
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