Les tendances économiques chinoises – Point de situation au 12/03/2024

Commerce Chine-UE. Enquête européenne antisubventions sur les véhicules électriques chinois
En septembre 2023, suite au discours sur l’état de l’Union européenne par la présidente de la Commission Européenne Ursula von der Leyen, la Commission a déclenché une enquête antisubventions sur les véhicules électriques chinois importés en Europe. Elle concerne les voitures électriques à batterie (VEB) qui bénéficieraient de subventions de l’État chinois.
La présidente de la Commission Ursula von der Leyen ainsi que le vice-président exécutif et commissaire au commerce, Valdis Dombrovskis, dénoncent une concurrence déloyale permettant aux constructeurs chinois de vendre à des prix moins importants leurs véhicules sur le sol européen. Valdis Dombrovskis a affirmé sur X (ex Twitter) que la concurrence doit être «loyale» et que les importations doivent être «soumises aux mêmes règles de concurrence que celles qui régissent notre propre industrie».
Les commissaires européens craignent que ces pratiques défavorisent les constructeurs automobiles électriques européens au profit de la Chine. Les voitures électriques chinoises détiennent 8% du marché régional européen. D’ici 2025, certaines estimations envisagent une augmentation de cette proportion qui pourrait atteindre 15%.
Afin de poursuivre son enquête, la Commission envisage d’envoyer des experts en Chine et d’inspecter certaines entreprises. Celles-ci sont prévenues d’avance via un formulaire envoyé en amont par la Commission. Les visites visent seulement les entreprises chinoises et non les entreprises originaires d’autres pays, telles que Tesla ou Renault.
Dans un contexte de tensions entre l’UE et la Chine, l’économie chinoise pourrait être souffrir de ce nouveau frein à ses exportations, tout autant que le commerce extérieur de l’UE puisque la Chine est son premier partenaire commercial. Si dans les treize mois d’enquêtes les experts de l’UE trouvent des évidences de subventions illégales octroyées par l’État chinois, alors nous pourrions peut-être assister à un remaniement des partenariats, renforçant le clivage entre le monde émergent et le monde occidental existant.
Le Nouvel an lunaire, l’espoir d’une consommation intérieure retrouvée ?
Après les années de strictes restrictions en lien avec la crise du Covid-19, la réouverture des frontières de la Chine a profité à son économie qui a connu une hausse du tourisme pendant le Nouvel an chinois.
De fait, cette recrudescence du tourisme et de la consommation intérieure constitue un signal positif pour une économie en difficulté. Sur la base des 474 millions de déplacements pendant les huit jours de congés, le ministère chinois de la Culture a enregistré une hausse de 19% par rapport à 2019, soit les chiffres connus avant le début de la pandémie de Covid-19.
Comme si la frustration des chinois s’était manifestée lors de la fête du Printemps, la consommation a elle aussi enregistré des niveaux records. Selon le même ministère, les dépenses liées aux au tourisme ont atteint 632,7 milliards de yuans (81,5 milliards d’euros), soit 7,7 % de plus qu’en 2019.
Symbole de l’engouement fleurissant lors du Nouvel an lunaire en Chine et de la reprise d’une vie sans barrière, près de 16 300 spectacles ont été organisés dans le pays, débouchant sur un produit de 778 millions de yuans. Ces chiffres ont respectivement connu une hausse de 52,1% et de 80,09% en base annuelle. Par ailleurs, ces divers spectacles organisés à travers le pays ont attiré plus de 6,57 millions de personnes, soit environ 77,71%, de plus par rapport à l’année précédent rapporte le ministère.
Le clonage des animaux de compagnie ou la prophétie d’Aldous Huxley
Depuis le premier clonage réalisé par le Roslin Institute d’Édimbourg en 1996 qui mit au monde le premier être cloné au monde – la brebis Dolly – pour éviter tout problème éthique l’ONU a interdit le clonage humain le 8 mars 2005. De son côté, la Chine a développé un nouveau marché de clonage pour animaux domestiques.
En effet, le clonage est bel et bien autorisé en Chine et permet à la population – après avoir payé des dizaines de milliers d’euros- de retrouver leur animal défunt. Après avoir déboursé près de 13.000 euros pour revoir son chat, une femme chinoise s’exclame «C’est un miracle le clonage !». Grâce à l’entreprise chinoise Nanjing xingji Zhizao medical technology de multiples recherches ont été menées afin de pouvoir cloner l’ADN des animaux domestiques. Son cofondateur, M. Ji nous informe que grâce à l’ADN enregistré de l’animal l’entreprise pourra à terme le cloner «à l’infini».
Par ailleurs, d’autres établissements comme la Nankai University de Tianjin se sont lancés dans le clonage et ont réussi à cloner 25 porcs depuis 2022, une prouesse. La Chine pourrait ainsi se libérer de sa dépendance liée à l’importation de porcs et devenir autosuffisante. Le chercheur Zhao Xin de l’université de Nankai rapporte également que les robots sont plus efficaces que les humains pour la transplantation d’ovule car ils sont «plus précis et savent adapter leur force». Couplé à la robotisation, un nouveau marché du clonage s’est installé en Chine et est devenu un secteur en pleine effervescence.
Malgré les problèmes éthiques que le clonage engendre, les entreprises – et le gouvernement lui-même – mettent en avant ces pratiques. Les deux acteurs cherchent à promouvoir notamment la préservation d’espèces animales en danger d’extinction – comme le loup arctique.
Une vraie industrie du clonage s’est donc mise en place en Chine, qu’elle soit à usage domestique ou commerciale.
À propos de l'auteur
Raphael Yussourou
Biographie non renseignée



