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Japon

«Indo-pacifique libre et ouvert » : Face à la Chine, focus sur les acteurs régionaux japonais et américain – Point de situation au 7/11/23

Publié le 08/11/2023
4 min de lecture
Par Anouk Aveline
Asie de l'est

Le Japon, aux côtés d’alliés régionaux œuvre pour établir un équilibre militaire face à la montée en puissance de la Chine, qui suscite des inquiétudes. Les préoccupations s’étendent également aux menaces posées par les programmes nucléaires et de missiles de la Corée du Nord, l’annexion de l’Ukraine par la Russie. Tokyo a récemment redéfini sa politique de défense, cherchant à renforcer et moderniser son industrie de défense tout en promouvant la coopération en matière d’équipement et de technologie. Cette nouvelle stratégie de défense met l’accent sur la dissuasion, les capacités de contre-attaque et une posture plus offensive.

Avec l’engagement de l’armée américaine au Moyen-Orient depuis l’attaque terroriste menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre, un nouveau front s’est ouvert pour les Etats-Unis, en plus de ceux de l’Ukraine et de l’Asie de l’Est. Un mois après l’attaque du Hamas sur Israël, les discussions du G7 cette semaine à Tokyo ont de fortes chances de tourner autour du conflit israëlo-palestinien. Toutefois, les Etats-Unis cherchent à confirmer l’importance du théâtre asiatique, comme en témoigne la nomination de Kurt Campbell, architecte de la politique de fermeté de Joe Biden envers la Chine, comme futur numéro deux de la diplomatie américaine. Cette nomination souligne l’importance de la rivalité avec la Chine dans la politique étrangère de l’administration Biden. Kurt Campbell est connu pour promouvoir une concurrence acharnée avec la Chine tout en évitant un conflit ouvert. Sa politique a mené au renforcement des alliances américaines en Asie, notamment avec le Japon, la Corée du Sud, les Philippines, le Vietnam, l’Indonésie et l’Inde.

1/ Sur le rejet des eaux traitées de la centrale de Fukushima

Le 4 novembre, lors de la réunion annuelle tripartite des ministres de l’environnement chinois, japonais et sud-coréen, le ministre japonais de l’Environnement, Shintaro Ito a rassuré une énième fois la bonne conformité aux normes internationales du traitement des eaux de Fukushima. Initialement, non seulement la Chine mais aussi plusieurs autres pays voisins, dont la Corée du Sud, Taïwan et certaines îles du Pacifique, s’opposaient à ce rejet. Mais à la suite d’une mission de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) en juillet 2023 suivie par une équipe d’experts sud-coréens, ayant réaffirmé la conformité des eaux traitées, l’opposition s’est atténuée.

2/Renforcement des coopérations

Face aux actions chinoises dans les eaux de mers de Chine méridionale et mer de Chine de l’Est, telles que la construction d’îles artificielles dotées d’infrastructures militaires, les affirmations fausses des autorités chinoises de la bonne administration de territoires revendiquées et l’envoi de garde-côtes autour de ces territoires, entre autres manifestations de force, une coopération plus approfondie Japon-Philippines et Japon-Malaisie envoie un signal clair à la Chine.

Fumio Kishida a fait un voyage de trois jours aux Philippines et en Malaisie début novembre afin de renforcer la coopération avec ces pays. Le premier ministre japonais et son homologue philippin ont convenu d’entamer des négociations en vue de conclure un accord d’accès réciproque, créant les bases légales permettant aux deux pays d’envoyer du personnel militaire sur leurs territoires respectifs. Le Japon a conclu des accords similaires avec la Grande-Bretagne et l’Australie, et les Philippines avec l’Australie et les États-Unis. Simultanément, la coopération des garde-côtes philippins, japonais et américains s’approfondit avec leur premier exercice trilatéral mené en juin en mer de Chine méridionale. Par ailleurs, le Japon a fourni une douzaine de navires de patrouilles ces dernières années.

Le jour suivant, Fumio Kishida et son homologue malaisien Anwar Ibrahim ont confirmé l’approfondissement de la coopération bilatérale en matière de défense et de sécurité maritime. Les discussions entre les deux dirigeants ont notamment porté sur :

  • Le nouveau cadre de soutien en matière d’équipements de défense, dans les 13 millions de dollars d’OSA («aides publiques à la sécurité») accordées par le Japon pour l’exercice 2024, dont bénéficient des pays «affinitaires» (Bangladesh, les Fidji, la Malaisie et les Philippines).
  • La formation conjointe entre les FAD (forces d’auto-défense) japonaises et l’armée malaisienne ainsi que leurs agences garde-côtières.
  • L’approvisionnement stable en GNL de la part de la Malaisie. Le Japon, pauvre en ressources, cherche à diversifier ses importations de matières premières dans le contexte de la crise énergétique consécutive à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
  • La coopération économique et scientifique.

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