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Diplomatie russe en Afrique et en Asie – Point de situation au 26/04/24

Publié le 27/04/2024
4 min de lecture
Par Enzo PADOVAN
Russie

Le 22 avril, Boumédiène Guennad, ambassadeur d’Algérie à Moscou, a rencontré Mikhaïl Bogdanov, le représentant spécial des Affaires étrangères russes pour le Moyen-Orient et l’Afrique. Ce dernier s’était déjà rendu, la semaine précédente, en Algérie afin d’y évoquer la coopération militaire et politique entre les deux pays. Cet échange visait cette fois à aborder la situation au Sahel, qui reste tendue au vu des conflits s’y déroulant.

En effet, si à la surface, les relations entre Alger et Moscou sont très bonnes, le Sahel demeure un point de contentieux très important. L’Algérie veut à tout prix éviter que le conflit opposant le Mali à la communauté Touarègue ne déborde sur son propre territoire, menant à une crise diplomatique avec Bamako en début 2024. D’après le North African Post, Mikhaïl Bogdanov avait déjà relayé, au cours de sa visite en Algérie, un message des Etats du Sahel demandant à Alger de cesser son ingérence dans la région, au risque de «subir un sort similaire à celui de la France». Le Sahel continue donc à être le point faible de la relation russo-algérienne.

Le même jour, Mikhaïl Bogdanov s’est entretenu avec Ahmed Mufaddal, le chef du renseignement soudanais. Alors que la guerre civile soudanaise dure depuis plus d’un an, et que des troupes ukrainiennes participent activement au conflit, la Russie continue à démentir l’implication des mercenaires de Wagner sur le terrain. Ainsi, si le communiqué de presse russe à ce propos reste assez évasif, il est probable que cette rencontre a abordé l’implication des Russes comme des Ukrainiens dans la guerre civile.

Du 22 au 23 avril, la Russie a présidé le meeting des sherpas des BRICS (des représentants étatiques censés déterminer la voie à suivre pour l’organisation), en préparation du sommet des Ministres des Affaires étrangères des BRICS, en juin 2024. L’objectif de la rencontre de cette semaine était donc de préparer l’application des mesures-phares du programme russe pour l’organisation, notamment de proposer une alternative au dollar pour l’économie mondiale. La Russie présentera sûrement davantage de mesures en juin.

Egalement le 23 avril, une rencontre a eu lieu entre la diplomatie russe et le régime taliban en Afghanistan. Le régime taliban n’est pour l’instant reconnu par aucun autre Etat à l’international, mais la Russie aimerait se rapprocher de Kaboul ; l’Afghanistan occupe une place de choix stratégique pour les échanges commerciaux eurasiatiques, et représente un enjeu sécuritaire majeur dans la région.

Ainsi, le Kremlin demande aux Etats-Unis et à ses alliés de dégeler les actifs afghans à l’étranger, afin de prouver sa bonne foi aux Talibans. En échange, elle espère recevoir des garanties en matière de sécurité et de droits humains. De fait, la relation entre la Russie et le régime afghan continue de s’améliorer ; quelques jours plus tard, le Ministère des Affaires étrangères russe rapportait que 33 tonnes de produits alimentaires avaient été livrés à l’Afghanistan, depuis la Russie.

Le 24 avril, Sergueï Lavrov a préparé un message vidéo pour les participants du forum russo-africain pour la jeunesse. Dans ce message, le Ministre des Affaires étrangères a valorisé l’intérêt stratégique du continent africain pour la Russie, et a confirmé que son pays se tiendrait prêt à aider l’Afrique dans la protection de sa souveraineté.

L’Afrique est le continent le plus jeune ; 70% de sa population aurait moins de 30 ans, selon les Nations Unies. Dès lors, la Russie a tout intérêt à séduire cette jeunesse, politiquement active et qui incarne les futurs dirigeants du continent. Aux yeux de la Russie, la nouvelle génération représente une véritable opportunité afin d’accroître son influence, et de se présenter comme une réelle alternative à l’influence européenne.

Le lendemain, Sergueï Lavrov a reçu Lindiwe Sisulu, ancienne Ministre des Affaires étrangères sud-africaine, et membre influente du Congrès national africain, le parti majoritaire en Afrique du Sud. L’échange a porté sur la coopération entre les deux pays, à la fois du point de vue économique, humanitaire mais surtout diplomatique. L’Afrique du Sud demeure donc un des alliés les plus proches de la Russie en Afrique australe, du moins du point de vue diplomatique. 

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