Diplomatie russe en Afrique et en Asie – Point de situation au 22/09/23

Le 18 septembre, le Ministre des Affaires étrangères chinois, Wang Yi, a rencontré Sergueï Lavrov à Moscou. Au cours de leurs échanges, les deux diplomates se sont félicités de la coopération entre leurs nations, notamment dans le cadre du récent sommet du G20, ou au sein de l’Organisation de coopération de Shangai.
Wang Yi et Sergueï Lavrov se sont également retrouvés le 20 septembre, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, pour une rencontre des ministres des Affaires Etrangères des BRICS. Les 5 représentants ont réaffirmé leur désir de voir les nations émergentes s’impliquer davantage dans les échanges multilatéraux, et prévoient d’ailleurs des agrandissements : d’ici le 1er janvier 2024, divers Etats africains et asiatiques, dont l’Ethiopie, l’Arabie Saoudite ou encore l’Iran, devraient être invités à participer aux futures réunions des BRICS.
La coopération russo-iranienne fut d’ailleurs d’actualité cette semaine. Toujours le 20 septembre, Reuters rapportait que Sergueï Choïgou, ministre de la Défense russe, s’était rendu en Iran afin de visiter des usines de production d’armements et de drones. L’Iran étant un important soutien militaire des opérations russes en Ukraine, les deux pays comptent bien entretenir leur collaboration : «La pression des sanctions sur la Russie et l’Iran montre sa futilité», déclarait Sergueï Choïgou, «alors que l’interaction Russo-iranienne atteint un nouveau niveau». Le Brigadier-Général Mohamed-Reza Gharaei Ashtiani, son homologue, allait même plus loin dans ses déclarations : «de nombreux pays ont enfin commencé à envisager la création d’un monde multipolaire, […] et je voudrais remarquer avec plaisir que des pays européens en font partie».
La semaine fut aussi marquée par diverses prises de position russe, en faveur d’une médiation dans certains conflits. Le 20 septembre, Moscou a demandé un arrêt immédiat des hostilités au Haut-Karabagh, où le Kremlin entretient une présence constante. Selon le Ministère des Affaires étrangères, les pacificateurs russes tentent d’évacuer les civils, et de rouvrir le dialogue entre arméniens et azerbaïdjanais. Le lendemain, un échange entre les délégations russe et jordanienne aux Nations Unies a évoqué les tensions israélo-palestiniennes, et la guerre civile syrienne. Malgré la poursuite des opérations militaires en Ukraine, le Kremlin désire donc continuer à affirmer son statut d’intermédiaire dans le Caucase et le Moyen-Orient.
En définitive, la préservation de l’influence diplomatique russe demeure une véritable priorité. Le 21 septembre, Bak Barnaba Chol, ministre des finances sud-soudanais, affirmait que son pays désirait rejoindre les BRICS. Interrogé sur la coopération avec Moscou par un correspondant du journal russe TASS, Bak Barnaba Chol saluait les actions du Kremlin en Afrique, et se déclarait intéressé par des liens plus étroits avec la Russie. Cette dernière, si elle a donc perdu ses liens avec l’Occident, continue de se tourner vers de nouveaux acteurs sur la scène internationale.
À propos de l'auteur
Enzo PADOVAN
Biographie non renseignée



