Diplomatie russe en Afrique et en Asie – Point de situation au 22/06/23

Le 17 juin, une mission diplomatique africaine est arrivée à Saint-Pétersbourg ; dirigée par Cyril Ramaphosa, le président sud-africain, cette délégation africaine a pour but de trouver une issue pacifique au conflit ukrainien. Le média Deutsche Welle rapporte que les représentants de ces États ont proposé un plan de paix en plusieurs points aux deux parties du conflit.
Volodymyr Zelensky, qui recevait cette même délégation à Kiev le 16 juin, a cependant refusé ce plan, exigeant des Russes qu’ils retirent leurs troupes d’Ukraine avant d’accepter des négociations.
En revanche, les propositions africaines ont été reçues avec beaucoup d’intérêt, en Russie. Vladimir Poutine a salué la position «équilibrée» de Cyril Ramaphosa, et le ministère des Affaires étrangères russe a montré sa satisfaction sur ces points. «La principale conclusion de notre conversation d’aujourd’hui, est que nos partenaires de l’Union africaine ont montré une bonne connaissance des origines de la crise, qui a été créée par les efforts de l’Occident», a indiqué le ministère sur son site. Néanmoins, le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, a fait preuve de nuance, en considérant que si le plan était intéressant, il demeurait difficile à mettre en œuvre.
Quelques jours plus tard, le 20 juin, les représentants des Etats-membres de l’OTSC (Organisation du traité de sécurité collective) se sont réunis à Minsk. La Russie représente le membre le plus influent de cette organisation, qui compte aussi parmi ses membres la Biélorussie, l’Arménie, le Tadjikistan et le Kazakhstan. Au cours de cette réunion, une déclaration portant sur la situation en Afghanistan fut publiée. Les Etats-membres y dénoncent les activités des groupes terroristes (dont l’Etat Islamique), le trafic de drogue qui ronge le pays, ainsi que les atteintes aux droits humains (surtout pour les femmes) qui y sont monnaie courante. Si l’OTSC refuse l’intervention militaire en Afghanistan, elle souhaiterait voir l’établissement d’une «ceinture de sécurité» autour du pays, notamment avec l’aide du Turkménistan et de l’Ouzbékistan.
Enfin, le 21 juin, à Astana, les représentants russes ont rencontré leurs homologues iraniens et turcs sur la question syrienne. La Russie et ses deux partenaires ont travaillé ensemble sur l’élaboration d’une feuille de route afin d’améliorer les relations turco-syriennes ; de plus, la question de la désescalade de la violence dans le nord-est du pays fut abordée. Enfin, les trois Etats ont fermement condamné la présence militaire israélienne en Syrie, appelant Tel-Aviv à retirer toutes ses troupes du Golan, en vertu du droit international.
Le prochain sommet réunissant les trois Etats aura lieu en Russie, dans la seconde moitié de l’année 2023.
À propos de l'auteur
Enzo PADOVAN
Biographie non renseignée



