Diplomatie russe en Afrique et en Asie – Point de situation au 22/05/23

Le 18 mai, le ministre ougandais des Affaires étrangères, Aboubakar Jeje Odongo, s’est rendu à Moscou afin de s’entretenir avec son homologue russe, Sergueï Lavrov. Les deux ministres ont abordé divers sujets, notamment des questions sécuritaires dans les «points chauds» en Afrique.
Rappelons notamment que l’Ouganda, situé dans la région des Grands Lacs, affronte depuis plusieurs décennies de nombreux groupes armés (Armée de libération du Seigneur, Forces démocratiques alliées) et participe activement à la lutte contre les milices de l’est de la RDC.
En outre, selon le Ministère des Affaires étrangères russes, les deux Etats ont signé une déclaration commune interdisant l’utilisation d’armes dans l’espace, et ont commencé les préparatifs pour le sommet russo-africain, qui aura lieu au mois de juillet. Kampala et Moscou entretiennent une relation assez privilégiée, l’Ouganda faisant partie des Etats africains s’étant abstenus lors des votes des Nations Unies relatifs au conflit Ukrainien. L’Ouganda apparaît donc comme un partenaire important aux yeux de la Russie, étant donné son influence grandissante en Afrique Centrale.
De plus, depuis quelques jours, des accusations sont portées à l’encontre de l’Afrique du Sud, à propos de potentielles ventes d’armes à la Russie. L’ambassadeur américain à Pretoria, Reuben Brigety, a déclaré le 11 mai qu’un navire russe avait été aperçu dans la base navale de Simon’s Town (au sud-est du Cap). CNN rapporte qu’entre le 6 et le 8 décembre 2022, des armes et des munitions sud-africaines auraient été chargées sur le navire en question, malgré les sanctions imposées sur Moscou. Selon Reuters, l’Afrique du Sud a démenti ces accusations, et a convoqué l’ambassadeur américain à Pretoria.
Enfin, le 15 mai, Moscou a réagi très favorablement à une annonce du gouvernement syrien, qui déclarait qu’elle maintiendrait jusqu’en août deux corridors de passage sur sa frontière avec la Turquie. Ces corridors, destinés aux agences humanitaires de l’ONU, devront appuyer les efforts d’aide aux victimes du séisme ayant eu lieu en février. Le Kremlin félicite cette décision, mais en a profité pour publier une déclaration condamnant «les double-standards des pays occidentaux», les accusant de faire tout leur possible pour éviter d’aider les régions contrôlées par Damas. Ainsi, le gouvernement de Vladimir Poutine a insisté pour que les efforts humanitaires aient lieu, «dans le respect de la souveraineté, l’indépendance, l’unité et l’intégrité territoriale de la Syrie».
À propos de l'auteur
Enzo PADOVAN
Biographie non renseignée



